|
L’abbaye de Neuwiller était depuis son
établissement au début du VIIIe siècle possession des
évêques de Metz qui y exerçaient leur droit de
suzeraineté. Or, étant donné l’éloignement des
possessions alsaciennes, il était d’usage de choisir un
protecteur local, « un avoué » qui était de
fait vassal pour le fief en question. Les Lichtenberg
héritèrent des Hunebourg la charge d’avoués de l’abbaye
de Neuwiller. Or, comme les Hunebourg s’éteignirent à la
fin du XIIe siècle, les Lichtenberg durent hériter de
cette charge au tout début du XIIIe siècle. Les
Hunebourg avaient eux-même hérité cette charge des
comtes de Metz-Dabo vers 1170. D’après l’historien Frédéric Eyer « il
est presque certain qu’au moment ou Lichtenberg accédait
à la vouerie de Neuwiller il avait reçu en même temps
les fiefs messins comprenant le triangle
Neuwiller-Bouxwiller- Ingwiller. Il s’y ajoutait
quelques possessions allodiales ainsi que des fiefs
impériaux. » d’ailleurs la qualification de Domini
laisse supposer que les sires de Lichtenberg s’étaient
déjà construit un château et qu’ils exerçaient les
droits de seigneur. En 1249, les Lichtenberg deviennent
aussi avoué de l’évêché de Strasbourg. [Genèse et constitution du comté de
Hanau-Lichtenberg en Basse-Alsace in Pays d’Alsace, le
comté de Hanau-Lichtenberg] Au fils des ans, l’avouerie locale se
transforme peu à peu en seigneurie véritable par le
regroupement des possessions monastiques, le symbole de
cette prise de possession étant l’élévation d’un
château. Pour les Sires de Lichtenberg, l’enjeu
principal en ce XIIIe siècle, était du bousculer la
suzeraineté de l’abbaye de Neuwiller et à travers
celle-ci de l’évêché de Metz sur les territoires qu’ils
convoitaient. La dîme de l’église de Atzenheim,
propriété de l’abbaye de Neuwiller faisait partie de ces
biens que convoitaient les Lichtenberg. [G2713 ] 1251, le lendemain de la Ste Gertrude. Henri chevalier de Fleckenstein échange du
consentement de ses enfants et parents ses bien situés
dans les bans de Truchtersheim et Atzenheim contre des
biens sis au ban de Beinheim et appartenant au fief de
Conrad de Wolfach, archidiacre de l’église de Strasbourg
(consentement de l’évêque de Strasbourg).
1251 :
Conrad de Souabe ayant causé beaucoup de dommages à
l’abbaye de Neuwiller dans différentes de ses
propriétés, Innocent IV confère à ce monastère, à titre
de compensation, les revenus des églises de
Hochatzenheim, Bouxwiller. Hochfelden, Ollwisheim,
Truchtersheim et Schnersheim pour la durée d’une année. [ABR G5339/6 et
5395 in In « Les Regestes de l’Abbaye de
Neuwiller » in « Bulletin de la Societe pour la
conservation des monuments historiques d'Alsace »] 1260 : L’évêque Jacques de Lorraine étant
mort, Henri de Lichtenberg qui depuis longtemps
convoitait Neuwiller, s’en empare et en rase les
murailles. Avec ces pierres il se construit un
château-fort sur la montagne qui appartenait à l’évêché
de Metz. L’évêque Philippe de Florenges, qui succède à
Jacques en 1261, entre dans les terres du seigneur de
Lichtenberg en 1262 et l’oblige en 1263 à rétablir
Neuwiller et à détruire le castel qu’il venait d’élever. [Richer. Chronique de Senones, t. V, chap. XI,
p12. In Les Regestes de l’Abbaye de Neuwiller in «
Bulletin de la Societe pour la conservation des
monuments historiques d'Alsace »] Pendant que Henri de Lichtenberg tentait son
coup de force contre Neuwiller, son frère cadet Conrad,
Prévôt de l’abbaye de Surbourg (et futur évêque de
Strasbourg en 1273), tenta de s’emparer de la dîme de
Atzenheim avec l’aide de l’évêque de Strasbourg. [G761 – corrigé : G5393] 1- XIIIe siècle : Spécification des biens
et des revenus du couvent de Neuwiller à Hohatzenheim,
Mittelhausen, Wingersheim, Waltenheim et Durningen. [G761 – corrigé : G5393] 1bis - 1261 : Philippe évêque de Metz, en
sa qualité de seigneur temporel du couvent de Neuwiller
écrit à son procureur en cour de Rome ; il s’engage
à solliciter une citation sub bulla par laquelle le
prévôt de Surbourg [Conrad de Lichtenberg] puisse être
traduit en cour de Rome, au sujet de la collation de
l’église d’Atzenheim. L’évêque de Strasbourg avait
conféré à Cunon [Conrad] frère des sires de Lichtenberg
et prévôt de Surbourg, la dite église, et ce au
préjudice de l’abbaye de Neuwiller et de l’évêque de
Metz ; car la rétention de cette église avec ses
droits et appartenances avait été concédée à l’abbaye de
Neuwiller à l’usage de la table du couvent (bulle
d’Alexandre IV) 2. [1261 ?] : Henri, évêque de
Strasbourg permet à l’abbaye de Neuwiller de nommer le
Recteur de la cure d’Atzenheim à quelque bénéfice
équivalent à la dite cure. 3. 1261, samedi après St-Pierre et
St-Paul : L’abbé de St-Symphorien de Metz envoie un
mandement à Conrad de Lichtenberg, Prévôt de Surbourg,
en vertu de sa qualité d’exécuteur et procureur du légat
du St Siège, il défend au dit prévôt de nommer à
l’avenir le vicaire perpétuel de la cure d’Atzenheim
sous peine d’excommunication. 4. 1261, 2 des nones de Septembre : L’abbaye de
Neuwiller et le prévôt de Surbourg en contestation au
sujet de l’église d’Atzenheim promettent de s’en tenir à
sentence de l’évêque de Strasbourg. 5. 1261, 8 des ides de Septembre : L’évêque de
Strasbourg prononce entre l’abbaye de Neuwiller et le
prévôt de Surbourg, au sujet de l’église d’Atzenheim.
Conformément à l’incorporation de l’église d’Atzenheim à
la manse de l’abbaye de Neuwiller, incorporation faite
par Henri, évêque de Strasbourg, prédécesseur de
Gauthier [Walter de Geroldseck], l’évêque actuel,
l’abbaye de Neuwiller est maintenue dans ses droits.
Conrad de Lichtenberg, prévôt de Surbourg est réduit au
silence. 6. 1261, 3 des Ides de Septembre :
Gauthier, évêque de Strasbourg, permet à l’abbaye de
Neuwiller de nommer un vicaire perpétuel à
Atzenheim ; il soutiendra l’abbaye contre quiconque
empêcherait cette nomination et soumettrait les rebelles
à la censure ecclésiastique. 7. 1262, nones de Mars : Conrad de
Lichtenberg renonce à tous les droits qu’il pouvait
avoir sur la cure d’Atzenheim. 8. 1262, 8 des Calendes de Juin : Les
juges du siège épiscopal de Mayence confirment la
permission établie et accordée par l’évêque de
Strasbourg relativement à la cure d’Atzenheim dont la
nomination doit appartenir à l’abbaye de Neuwiller. La
permission de Henri évêque de Strasbourg, est relatée
textuellement dans la charte. 9. 1262 : Une confirmation émise par les
mêmes juges que la précédente, et à la même date. Les
juges de Mayence confirment ici expressément
l’investiture donnée à Conrad de Lichtenberg par
l’abbaye de Neuwiller. L’investiture est textuellement
insérée et la compétence du vicaire relatée (10 sacs de
blé, 10 sacs de seigle, 2 voitures de vin, 2 de paille,
les offrandes). Le vicaire donnera à l’abbé de Neuwiller
trois saumons ; 1 à Noël, 1 à Pâques et 1 à la
Pentecôte. 10. 1262 : Mandement émané des mêmes
juges à la même date et adressé à l’abbé de Wissembourg
(de Alba), diocèse de Spire avec défense faite à l’abbé
de troubler l’abbaye de Neuwiller dans procession du
vicariat de Atzenheim. 11. 1262, 4 des Ides de Juin ; L’abbé de
St-Symphorien de Metz écrit à l’abbé de Neubourg, pour
lui faire savoir que le vicariat d’Atzenheim est
incorporé à l’abbaye de Neuwiller et lui enjoindre de ne
rien faire qui soit contraire à cette incorporation. 12. 1264 : Henri de Geroldseck, évêque de
Strasbourg, prononce au sujet de la cure d’Atzenheim,
entre l’abbé de Neuwiller et I. de Frankenstein,
archidiacre de Strasbourg, qui avait formé des
prétentions sur la dite cure. I. de Frankenstein est
débouté ; l’incorporation antérieurement faite est
confirmée. 13 : 1265 : Henri et Louis , frères
de Lichtenberg, avoués de Strasbourg à l’abbaye de
Neuwiller s’engagent à soutenir l’abbaye dans la
jouissance de l’église d’Atzenheim, sans exiger aucune
rétribution pour ce service. Les Lichtenberg tentèrent ce coup de force
appuyés par l’évêque de Strasbourg. Par ce biais ils
essayèrent de faire vaciller la main mise de l’évêché de
Metz sur Neuwiller. L’échec de ce coup de force, fut
également causé par la lutte que menait l’évêque de
Strasbourg avec les Strasbourgeois, qui l’affaiblirent
considérablement. Après cet échec, les Lichtenberg
apprirent à être patients et à construire leur comté pas
à pas par une lente mais ambitieuse politique de
rassemblements. Ce fut l’enjeu du XIVe siècle. 1269 : Louis [frère de Henri] et Conrad
de Lichtenberg [fils de Henri] reconnaissant que leur
père, Henri de Lichtenberg [+ 1269], en réparation des
dommages très considérable, par lui causés au couvent de
Neuwiller, lui a légué par testament une propriété qu’il
possède à Scheffellingesheim, rapportan 40 résaux de
forment, lesquels doivent à l’avenir revenir à l’abbaye
ainsi qu’à l’hôpital de Neuwiller. Parmi les témoins de
cet acte figurent frère Gozewin, franciscain et
confesseur du défunt, ainsi qu’andré, recteur de
Hagenbach, etc.. [Arch dep. G5344] [Les Regestes de l’Abbaye de Neuwiller in «
Bulletin de la Societe pour la conservation des
monuments historiques d'Alsace »] |
![]() Gisant de l’évêque Conrad de Lichtenberg dans la cathédrale de Strasbourg |