Ferme
Diebold-Barthel
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Origine
Marié
vers 1650 avec Catharina. Enfants
: Hans (1651) Andres (1653) Peter
(1655-1665) Jacob (1660+) Barbara (1663)
Diebold
Andres s’est probablement marié juste avant d’arriver
(ou de revenir) à
Hohatzenheim vers 1650. Il est au village lors du
baptême de son fils Hans le
26 janvier 1651. Le 28 mai 1651, sa maison apparait
sur la liste des propriétés
réévaluées du fait de dommages de guerres : « Dieboldts Andreß last ihm
Hauß Hoff Scheür und
gartten umb 70 R hamib schätzen. Soll
Jahreß 3, 3 lbs erstatten.» «
Diebolts Andreß a fait évaluer sa maison, ferme,
grange et jardin pour 70R.
Doit rembourser 3R dans 3 ans. » Comme
cette liste recense « les terrains brûlés et biens
taxables en ruine à
Hohatzenheim » les 3R sont probablement un impôt
réduit dont bénéficie le
propriétaire du fait de la perte de valeur de son
bien. Toujours est-il que son
nom sur la liste semble indiquer que cette maison
était bien la sienne (ou
celle de sa famille) avant la guerre. D’autre part la
valeur de la maison
endommagée la classe parmi les petites fermes du
village. On
retrouve une description de la ferme sur le terrier de
1657 : « Diebolts Andres Item eine behaußung, scheuer, Stall und Garten in das Ruwelsgaßen, i.s. neben Niclaus Isch, anderseit dem leichlgasel, stost vornen uf daß allmendt hinden uf St Thomas garten. »
Malgré
l’inversion inhabituelle de son nom et prénom
(peut-être pour le distinguer de
Andres diebold de s’Schares), le patronyme qu’il
transmet à ses enfants est
bien Diebold. Andres Diebold ne parait pas avoir
occupé de fonction communale
ni son père supposé Claus Diebold. Décès : On ne trouve
pas d’acte de décès dans les
registres de la commune. Il est peut-être décédé vers
1674-75 durant la période
ou la plupart des villageois s’étaient exilés à
Strasbourg. Deuxième
génération
– Diebold Andres le jeune (1653-1705) 1er
mariage avec Eva Mathis (ca1675) Enfants
: Hans (1676) ;
1705 : Königl Miliz Michel
(ca1681); 1705: Königl Miliz Andres (ca1681); 1705: burger Kinheim bisturmichler Herrschaft Eva et
Catharina (1681) ; jumelles Jacob (1682) Eva (1684) Anna (ca1685) Barbara (ca1685) Marta (ca1690) Lorentz
(ca1691-av1750) Margaretha (ca1693) Ottilia (ca1695)
2e mariage avec Anna Isch (ca1700)
Enfants
: Diebold (1704) Son
inventaire après décès donne une nouvelle description
de la ferme : « Item ein Haüssel und Scheuer sambt Stall eind hoffreitung gartten an ein ander gelegen im Dorff Atzenheim, einseit des bruchgässel 2s. Lorentz Jacob, oben zum theil uff Hannßen MATHIS und zum theil Lienhard SCHMIDT, hunten uff ein Allmend solches Zinnß et dem Stiff zu St Thomas in Strasburg 3ß 4δ wie auch dem Stiff zum Jungen St Peter alda 4ß sambt den dazu gehörige 2 gulth gärthen und der besterung ein hooff zusamen angeschlagen per : 250 R Dabey auch ein Stuckh Trott holtz und ein Trott schraub begriffen. (y compris un
morceau de bois de pressoir
et une vis à pressoir.) » On
apprend donc que la ferme s’est bien appréciée depuis
un demi-siècle (3.5x sa
valeur) ce qui semble être la moyenne après les
dévastations de la guerre. Avec
250R de valeur, elle reste une petite exploitation
dans le village ce qui est
aussi confirmé par le terme « Haüssel » (maisonnette).
La mention des « morceau
de bois de pressoir et vis à pressoir» semble indiquer
que la ferme faisait du
vin mais que le pressoir était à cette date
probablement hors d’usage. C’est
son fils Jacob qui reprend la ferme à la mort du père. L’inventaire
après décès nous apprend aussi que Diebolt Andrès
avait deux fils dans la
milice. Ceci est la conséquence d’une longue série de
défaites de l’armée
française durant la guerre de succession d’Espagne
dont la défaite de Blenheim
(août 1704) est le coup de grâce. Louis XIV est donc
contraint de recruter un
grand nombre de paysans dans la milice pour seconder
une armée de métier en
sous-effectif. Troisième
génération
– Jacob Diebolt (1682 – 1742) Né à
Hohatzenheim 12 août 1682 et marié en 1724 avec Maria
Weinling (17/4/1701 –
av15/2/1742) de Bilwisheim. Enfants
: Hans (ca1725) Anna-Maria
(ca1726) ; mariée à Michel Diebold. Catharina
(ca1727) On ne
peut être sûr que les générations précédentes aient
vécu uniquement de la
production de leur ferme. En tout cas les actes du 17e
siècle ne font jamais
mention d’un métier d’artisan pour Diebold Andres
(père et fils)et on peut donc
le supposer. Pour Jacob par contre, l’inventaire après
décès de sa femme
indique qu’il était cordonnier. Les diebolt sont donc
devenus artisans ce qui
est assez typique pour les petites fermes de la rue
Laugel. La ferme n’apporte
alors qu’un appoint. L’inventaire date du 15 février
1742: “Item eine alte behaußung sambt einem dabey befind graß und baum garten in dorff alhier zu Hohatzenheim einseit neben dem Liches gaßel anderseit Hanß Freund, vornen auf die allmend zimmer gaß und hinten auf St Thoman. 200R” Cette
description montre que la ferme subissait en fait une
longue période de
déchéance en ce XVIIIe siècle car il n’est plus
question de grange et d’étable
qui ont disparu. Il ne reste qu’une vieille
habitation. Déjà, on l’a vu, le
pressoir était ruiné en 1705. De fait, alors que les
autres fermes du village
prennent de la valeur au cours du siècle, la ferme des
Diebolt en perd et n’est
plus valorisé qu’à 200R, grâce notamment au jardin
contigu comprenant un pré et
un verger. Comme il n’y a plus de grange, on peut
douter que Jacob ait conservé
des champs à exploiter. Il était probablement
exclusivement artisan. Jacob
était présent à l’inventaire de sa femme en février
mais il meurt peu après.
Son inventaire après décès est daté du 26 avril 1742.
On y apprend que son fils
Hans Diebold est soldat en Allemagne. (C’est la guerre
de succession d’Autriche
: le maréchal de Saxe s'empare de Prague le 26
novembre 1741 mais les
Autrichiens contre-attaquent et les forces
franco-bavaroise doivent se replier
sur le Rhin.) Les deux autres héritiers sont sont
Anna-Maria, la femme de
Michel Diebold et Catharina (15ans). On retrouve la
même description de la
propriété : “Item
eine alte behaußung sambt einem dabey befind graß und
baum garten in dorff
alhier zu Hohatzenheim einseit neben dem Liches gaßel
anderseit Hanß Freund,
vornen auf die allmend zimmer gaß und hinten auf St
Thoman. 200R”
4e
génération – Laurent Barthel (1720 – 1796) Né à
Mittelschaeffolsheim le 17 juillet 1720. Marié le 21
mai 1742 à Rumersheim avec
Catharina Diebolt l’héritière de la propriété. Enfants
: Jacob (av1750- Sophie
(ca1755- Pierre (ca1758
– 28/9/1832) Laurent
(3/3/1760-1840) ; carrière militaire. Du fait
du décès de ses parents, Catharina se marie donc juste
après leurs funérailles
pour reprendre avec son mari la propriété familiale.
Elle a 15 ans. Son mari
reprendra le métier de cordonnier de son beau-père. En
1744, le village subit
le passage des mercenaires du colonel autrichien
Trenck qui occasionnent
quelques dégâts. En
janvier 1769, Jacob Barthel, le fils aîné se marie à
Hohatzenheim avec Barbara
Rohr. Jacob, est cordonnier comme son père et en bonne
voie pour prendre la
succession paternelle. Jacob et sa femme s’installent
donc à Hohatzenheim. Ce
mariage envenima-t-il les relations familiales ?
Difficile à dire, toujours
est-il que quelques mois après ce mariage, le 21 juin
1769, Catherine Diebolt
et Laurent Barthel père, passent devant le notaire qui
prononce leur séparation
de biens. Sous l’ancien régime, cette mesure était
toujours prise à
l’initiative de l’épouse qui souhaitait ainsi protéger
sa dot, ou ce qu’il en
restait d’un mari dépensier. L’inventaire de
séparation donne une nouvelle
description de la propriété : « …im dorff dahier, einseit neben dem leichgaßel anderseit neben Hannß Ruxer, vornen auf die allmend zimergaß und hinten auf St Thomas … » Valeur: 300R La valeur de
la propriété s’est donc appréciée
quelque peu. Peut-être la maison a-t-elle été
reconstruite par Laurent Barthel.
En tout cas, cette mésentente familiale dut être
difficile à accepter pour les
enfants. Catherine Diebolt quittera le village car
contrairement à son mari,
son décès n’est pas enregistré à Hohatzenheim. Laurent
Barthel restera
probablement dans la maison familiale qui passera à
son fils aîné Jacob et
décèdera le 26/4/1796. A noter
: Laurent le jeune, suivra une carrière militaire.
Enrôlé dans l’armée du roi
en 1782, il deviendra officier sous la révolution et
finira sous l’empire comme
capitaine avec la légion d’honneur. Un
article séparé lui est dédié. Son autre
frère Pierre restera dans la maison familiale,
célibataire. Par contre Sophie
se mariera en 1779 avec un jeune homme de Bilwisheim
ou elle ira s’installer. 5e
génération – Jacob Barthel (av1750- Marié en
janvier 1769 avec Barbara Rohr fille de Jacob et
Elisabeth Weber de
Wintershouse. Enfants
: Lorentz
(ca1771) Barbara
(ca1773) Jacob
Barthel exercera le métier de cordonnier comme son
père. Entre 1770 et 1773
Jacob, le fils aîné aura trois enfants dont un périra
en bas âge. Finalement
son mariage ne fut pas plus heureux que celui de ses
parents puisqu’en 1774, à
peine 5 ans après son mariage, sa femme Barbara Rohr
demande à son tour la
séparation de biens. Barbara Rohr meurt 3 mois après
cette séparation laissant
deux enfants à charge à son mari. Jacob quitta sans
doute le village puisqu’il
n’y pas d’acte de décès à son nom. Il reste donc dans
la maison familiale
Laurent le vieux, son fils Pierre et les deux enfants
de Jacob : Laurent et
Barbara. 6e
génération : Pierre Barthel (ca1758-1832) Le
destin de Jacob Barthel n’est pas éclairci. Toujours
est-il que durant la
terreur de 1793, son frère pierre s’enfuira et sera
déclaré émigré. Il
reviendra au village par la suite. Toutefois après la
mort de Laurent Barthel
le vieux en 1796, il ne restera dans la maison
familiale que Pierre Barthel et
sa nièce Barbara célibataire et héritière de la
propriété. Son frère Laurent
(3e du nom) s’est probablement marié et installé
ailleurs. L’état de section de
1828 indique que Barbara est bien la propriétaire. Le
plan de 1826 ne montre à
cet endroit qu’une maisonnette. Pierre décède le 28
septembre 1832 : « Pierre
Barthel non marié, journalier, de feu Laurent Barthel
décédé à l’âge de quatre
vingt ans, cordonnier né à Mittelschaeffolsheim et de
Catherine Diebold. Sur la
déclaration de Pierre Hoenen, sellier,
son voisin. » Après le
décès de Pierre, Barbara quittera la maison et ira
habiter chez son voisin
Pierre Hoenen (s’Ruxers). Le recensement de 1836
indique que plus personne
n’habite dans la propriété. La maison tombée en ruine
sera finalement détruite
et il n’y aura plus que le verger. Le plan de 1914 ne
montre plus de
construction à cet endroit. Barbara Barthel décède
finalement le 23 septembre
1846 : «
Barbara Barthel Non mariée
âgée de soixante treize ans,
fileuse de lin. Fille de feu Barthel Jacques
cordonnier et de feu Rohr Barbe,
journalière et née à Rottelsheim. Sur la
déclaration de Hoenen Pierre
propriétaire de la maison mortuaire. » |
![]() Site de l’ancienne ferme Diebold-Barthel entre s’Baylers et s’Ruxers sur la Leichtgässel. Aujourd’hui occupé par deux parcelles différentes avec maisons modernes. ![]() L'enrolement des paysans dans la milice en 1705 Hans et Michel Diebolt subirent ce sort ![]() 1742 - "Hans Diebold Soldat in Deutschland" Il y participa à la guerre de succession d’Autriche sous les ordres du Maréchal de Saxe ![]() Laurent Barthel né dans la ferme en 1760 participa aux guerres de la révolution notamment Fleurus. Il deviendra capitaine sous l'empire. ![]() Propriété de Barbara Barthel en 1826 Il ne reste que la maison ![]() En 1914 le terrain est vide, composé de deux vergers |