La Famille Diebolt de Hohatzenheim au XVIIe siecle


Patronyme Diebolt

 

 


Arbre reconstitué de la famille Diebolt

 


Arbre Genealogique des Diebold

 La famille Diebolt de Hohatzenheim est une famille importante du village au XVIIe siècle de par ses nombreuses ramifications et donc une famille à étudier pour ceux qui s’intéressent à la généalogie locale. Malheureusement son étude est délicate pour les raisons suivantes :

 - beaucoup de prénoms son les mêmes comme Andrès, Maria, etc…. Il y a donc un grand nombre d’Andrès Diebolt par exemple

 - Les patronymes s’inversent et changent facilement d’une génération à l’autre.

 - Socialement ils sont plutôt au bas de l’échelle et laissent donc moins de traces que les familles plus opulentes.

 - Catholique à partir de 1687, on perd à partir de cette date la source des registres paroissiaux, manquant pour Hohatzenheim.

 

Il convient donc d’analyser les informations disponibles avec le plus grand soin. Après une longue étude, il me semble que je suis parvenu à dégager les grandes lignes de la famille au 17e siècle ainsi que ces ramifications au 18e siècle. De cette étude il ressort qu’il y avait deux branches principales au 17e siècle, une branche aînée et une branche cadette, probablement communes avant la guerre de 30 ans.

 

Branche aînée

 

Le patronyme transmis de cette branche est clairement Diebolt mais ceux qui portent le prénom Andrès, sont toujours appelés Diebolts Andrès (patronyme inversé).

 

Entre 1651 et 1663, Diebolts Andrès et Catharina ont 5 enfants : Hans, Andrès, Peter, Jacob et Barbara. Ils se sont donc sans doute mariés vers 1650 et sont arrivés (ou rentrés) au village juste après. Comme on se mariait en général vers 25 ans, Diebolt Andrès est né vers 1625. On sait d’après le terrier de 1657 qu’il habitait dans la ferme disparue à l’emplacement 6-8 rue Laugel, entre s’Baylers et s’Ruxers (cf article ferme Diebold-Barthel). On sait aussi d’après l’inventaire après décès de 1705, que cette ferme est passée après sa mort à son fils Diebolts Andrès le jeune (1653-1705) marié lui-même à Eva Mathis en première noce puis à Anna Isch. A la génération suivante, la ferme passa à Jacob Diebolt, fils de Diebolt Andrès le jeune, puis après lui à la famille Barthel par mariage. Une autre fille de Jacob Diebolt s’installa dans la ferme disparue rue du Renard (en amont de s’Lotte).

 

Un autre fils de Diebolt Andrès le jeune, Laurent Diebolt, fit souche au village. Il habitait une maison sur la partie nord de la propriété s’Burgritter (Famille Hatt à l’époque). Le fils de Laurent, Antoine Diebold ira s’installer dans la ferme s’Schleiers ou ses descendants habiteront jusqu’au milieu du XIXe siècle. Laurent Diebolt eut aussi un autre fils (Laurent le jeune) qui habitera aussi au village à plusieurs emplacements.

 

Origine de la branche aînée

 

Une certaine Margaretha, fille de Claus Diebolts est marraine à Hohatzenheim en 1650 et 1651 ; elle est notamment marraine de Hans, le 1er fils de Diebolts Andrès le vieux. Quand la marraine est citée à travers son père plutôt que son mari c’est qu’elle n’est pas mariée. Dans ce cas elle a souvent 20-25 ans. Ce qui donne une date approximative de naissance pour Margaretha vers 1625-1630. En fait elle est restée célibataire toute sa vie. A sa mort en 1665 il est dit : « Margaretha, Clausen Diebolts, burger zu ATZ tochter… 51 jahr alt. » L’âge donné au décès pour cette époque est souvent très approximatif mais on peut quand même en déduire qu’elle était probablement un peu plus vieille que 20-25 ans en 1650 et donc un âge de naissance vers 1620-1625 est sans doute plus probable, c'est-à-dire proche de l’âge de Diebolts Andrès le vieux. Tous ces éléments réunis suggèrent que Diebolt Andrès le vieux était le frère de Margartha et le fils de Claus Diebolts. Claus Diebolts serait alors né vers 1595-1600 et aurait été le premier propriétaire de la ferme Diebolt-Barthel.

 

 

La branche cadette

 

En 1662, Andres Diebolt der Marckschoffe marie son fils Andresen Diebolt avec Barbara Beyer. Les mariés auront 6 enfants entre 1663 et 1681. On en déduit que cet Andrès Diebolt le jeune est né vers 1633-35 et que son père le Marckschoffe est né vers 1605. A la mort du Markschoffe en 1676 il est dit avoir 77ans, d’où une naissance approximative en 1600 (l’âge à la mort est souvent exagéré ce qui est donc consistent avec la date de 1605). Andres Diebolt der Marckschoffe pourrait donc être un frère cadet de Claus Diebolt. Andres Diebolt der Marckschoffe est le plus souvent désigné sous la forme « Andres diebolt der Marckschoffe » mais quelquefois le patronyme est inversé : « Diebolt Andres der Marckschoffe. » Son fils par contre est toujours désigné sous la forme : « Andrès Diebolt ».

 

Le terrier de 1657 indique que cette famille habitait la maison s’Schares (à cette époque sans étable et sans grange). Ils étaient donc artisans et non pas agriculteurs. En 1665, Andres Diebolt der Marckschoffe marie un autre de ses fils, Andrès Veltin, avec Eva Wagner. Pour ce second fils, le patronyme transmis n’est pas Diebolt mais Andrès. Ce Andrès Veltin transmettra quant à lui le patronyme Veltin (Felden) à ses enfants. Nous savons d’après le terrier de 1657 que ce Andrès Veltin habitait la ferme s’Blase anciennement (avant la guerre ?) la résidence du pasteur du village. Andrès Veltin est sans doute né vers 1640 et serait donc un frère cadet de Andres Diebolt. Or, il apparait dans les registres de Reitwiller que : « le 4 avril 1638 Diebold Andres Dinidrer ( Schneider?) von hohatzenheim se marie avec Barbara Schmidt, Jacob Flich wittib von Mittelhausen ». Cette Barbara Schmidt est donc sans doute la mère de Andrès Veltin mais pas celle du frère aîné, Andrès Diebolt le jeune, probablement né d’un premier mariage. C’est donc sans doute grâce à sa mère que Andrès Veltin a pu hériter de la ferme s’Blase et sans doute également de ce fait qu’il a choisi un autre patronyme (Andrès plutôt que Diebolt).

 

Quant à la maison Schares, elle est rachetée après la mort de Andrès Diebolt le jeune (1685) par le chirurgien-barbier Nicolas Holzman qui lui donnera son patronyme (Schar = ciseaux). A la mort de celui-ci, en 1698, le voisin Hans Lottmann (s’Lotte) se marie avec Maria Diebolt, fille de Andrès Diebolt le jeune, et rachète l’ancienne maison de son beau-père.

 

 

Origine de la branche cadette

 

Sur le terrier de 1657 plusieurs terrains sont la propriété de « Andres Diebolt et Andrès Veltin » ; les deux frères donc. Ces terrains leur viennent probablement de leur père, le marckschoffe, en héritage. Parmi ces terrains il y a le Baumgarten sur l’emplacement nord-ouest de l’actuel lotissement à côté de Schlieffers. Un jardin adjaçant est d’ailleurs cité comme la propriété du « vieux Andrès Diebolts » (probablement le marckschoffe qui ne semble avoir occupé cette fonction qu’à partir de 1662). Or, à propos de l’un de ces terrains, sur la Leichgasel, juste derrière s’Baylers il est dit qu’il y avait là dans le temps une ferme. Cette ferme aura donc été détruite pendant la guerre de 30 ans. La branche cadette habitait donc peut-être là avant la guerre. Lorsque Andrès Diebolt le marckshoffe est revenu au village vers 1650, sa maison étant détruite il se sera installé dans une maison vide sur la rue du renard (dans cette rue 2 des 4 maisons sont encore vides en 1657).

 

Dans les années 1620-1630, la famille Diebolt occupait donc peut-être deux fermes sur la leichgasel : Claus en bas, à côté de Baylers et Andrès en haut, derrière Baylers. Si leurs parents étaient communs, ils occupaient alors peut-être eux-mêmes l’une de ces deux fermes vers 1600.


Emplacement fermes Diebolt

En jaune l’emplacement présumé de la ferme originale de la branche cadette (avant la guerre de Trente ans), en rouge l’emplacement de la ferme de la branche aînée.