s’Schultze



Maires de village


 

On pense que le village de Hohatzenheim tire son origine d’un ancien camp militaire romain du fait de son tracé en carré, et cette ferme placée en plein centre du village fut peut-être l’endroit où résidait l’officier romain en charge de la garnison locale. Plus tard c’est peut-être aussi là que résidait les aristocrates francs qui reprirent le domaine de Hohaztenheim à leur compte comme par exemple le noble Engilbert qui signa en 786 d’Atzenheim un acte de donation au profit de l’abbaye de Wissenbourg. A la fin de la guerre de trente ans, cette ferme est l’une des plus grandes du village avec s’Baelers et s’Valdes. s’Schultze est donc restée de tous temps l’une des plus belles du village et aujourd’hui encore sa maison d’habitation est la plus ancienne du village. Comme le maire du village était souvent issu de cette ferme, elle reçut le hofname s’Schultze, nom qui passa aussi à sa rue.

 

 

1ère génération : Georg MATHIS le vieux (ca1590-

 

Il n’existe à ce jour qu’une mention de Georg Mathis le vieux, celle du mariage de son fils Georg à Strasbourg le 19 janvier 1646. Georg le jeune est dit fils de Georg Mathis de Hohatzenheim. On en déduit que Georg le vieux gérait déjà la ferme familiale qui était d’ailleurs l’une des plus importantes du village.

 

Enfants :

Georg

 

 

2e génération : Georg MATHIS le jeune (ca1620-

 

Marié le 19 janvier 1646 à Strasbourg (St Pierre le jeune) avec Barbara Hartnagel de Jacob de Pfettisheim.

La mariée était probablement catholique.

 

Enfants :

- Jacob (né le 15 juillet 1647 à Strasbourg ; marraine : Margaretha de Nicolas Bunthels de Hohatzenheim.) Décédé le 10 mai 1656.

- Odilia (ca 1650 ; marraine en 1671)

- Hans (ca 1655 ; mariage en 1680 avec Eva Goetz)

- Jacob (né 17 juillet 1655 à Hohatzenheim)

- Nicolas (né le 26-2-57 ; décédé deux jours plus tard)

- Brigitta (9-3-58)

- Andreas (1660-1682)

- Peter (1663)

- Eva (1667)

 

Le couple est à Hohatzenheim dès 1650.

En 1658 Georg est qualifié d’aubergiste. (« Georg das Wurth »)

En 1663 Georg Mathis est Heimburger, c’est à dire trésorier de la commune.

 

Ferme:

En 1651 est dressé une liste des dommages de guerre à Hohatzenheim :

“Den 28 May an. 1651 beschreibe ich die Verbrandte [verbrannte] lundt zerfallene gebür [Gebühr] zur Hohen Atzenheim auf.

Gurgl Hatt hirbauer [erbauer] 24 burg gehept [heben, gehegt] ufs uber mehr nicht alß 8.Zedendt [assignor, cedant]”

 

« En ce 28 mai 1651, je note les terrains brûlés et biens taxables en ruine à Hohatzenheim

Gurgl Hatt constructeur en bâtiment, a entretenu 24 châteaux mais pas plus de 8 comme cédant. »

 

 

Sur cette liste, il est noté que Georg Mathis a fait évaluer sa ferme pour 160R, la plus haute évaluation du village :

« Georgen Mathiss last ihm Hauß, hoff und Garten umb 160R abschätzen lassen. Kombt von Phobussen Georgl hatt.

NB is nach 20lbs frünsl schuldig. Erlegt 6R. »

 

Sur le terrier de 1657 nous retrouvons la description de la ferme, 8e propriété décrite rue Hetzel:

« 8. Georgen Mathiß

Item eine behaußung, scheuer, stall und Garthen einseit neben der Hetzel gaßen, n.s. Mathis Hatten, oben uf des Almend, unden uf Hanssen Clausen. »

 

 

le 14/3/1667 Mathis achètent un terrain du « bescheidene RIPP Michel Lux et Anna son épouse deWingersheim » [Base Gille-Huss]. Vers la fin de sa vie, Georges Mathis semble avoir été Marckschoffe et Gerichtschoffe :

 

Georges Mathis « gerichtschoffe » meurt le 19 mai 1686 à Hohatzenheim.

Barbara « Georg Matzen gewesenen Marckschoffen und burgers zu hohaztenheim wittib » meurt le 6 juin 1690 à Hohatzenheim. Le fait que l’acte de décès est enregistré dans les registres de la paroisse de Mittelhausen suggère que Barbara ne s’était par convertie en 1687 avec les autres villageois.  Les témoins sont : « Matzen Hanß, Matzen Peter, burger in Atzhm ihre Söhnen ».

 

 

3e génération : Peter MATHIS-FREUND (ca1663-1739)

 

Premier mariage vers 1690.

 

Enfants :

- Michel de Wingersheim né vers 1700, marié le 30/5/1724 avec Maria Hatt.

- Anna-Maria née vers 1705, mariée le 29/1/1732 avec Georg Debus de Wingersheim.

 

Second mariage vers 1705 avec Eva SCHMID.

 

Enfants :

- Georg (né ca 1705) schultheiss

- Eva, veuve de Mathis Hatt (s’Burgritter) épouse en 1740 Jacob Hannss de Hohatzenheim.

- Hans (né vers 1710) marié le 31/10/1733 Maria JACOB (s’Ruxers).

- Barbara mariée avec Hans Blassen.

- Andreas de Eckartsweyler.

- Leonard de Bernolsheim. Mariée avec Margareta GRASS.

- Nicolas (ca1718) de Weitbruch.

- Peter (ca1720)

- Mathis (ca1725)

 

Peter Mathis semble s’être converti au catholicisme dès 1687 car ses actes de mariage n’apparaissent pas dans les registres de Mittelhausen mais comme dans les autres familles dans le même cas, ses enfants ont fait des mariages catholiques et protestants. Georges, Hans, Barbara, Andreas et Leonard sont restés catholiques mais Eva a fait un mariage protestant avec Mathis Hatt le fils de la ferme Hatt-Lichtenthaler et qui reprendra la ferme de son grand-père (s’Burgritter).

 

 

Changement de nom :

 

L’évènement le plus remarquable de cette génération est le changement de nom de cette famille. En 1718, on trouve la dernière mention de « Peter Mathis » voisin de Hans Clauss de s’Valdes. En 1713 et en 1720, il est nommé Peter Freund et sera toujours nommé ainsi jusqu’à sa mort. Ces deux faits ne veulent pas dire que le changement de nom eut lieu vers 1713 car on manque d’actes pour la période 1685-1720. Il fut probablement plus ancien. Peut-être fut-ce après la conversion au catholicisme que la famille choisit de prendre un nouveau patronyme.

 

 

Echevin:

Peter Freund est désigné comme échevin (gerichtschöffe) sur deux actes respectivement en 1713 et 1723. Après la conversion de 1687, il est avec s’Blase et s’Valdes l’un des fers de lance du parti catholique au village qui réussira finalement à ravir la prévôté aux protestants vers 1730.

 

 

La ferme :

 

Peter Freund décède le 16 décembre 1739 . Son inventaire après décès (7.4.1740) donne une description de la ferme :

 

« …daran gelegenen graß und baumgarten mit ubrig deßen weite rechten und gerechtigkeiten, einseit neben der Hätzler gaß, anderseit adam Hatt, oben auff die allmend Straß und unten auf Clauß Schneider…. Mit 4 Pferden Schiff und geschier

600R 2/3 400R »

 

Cette description sommaire nous donne toutefois des informations intéressantes. D’abord comme pour les autres propriétés la valeur de la ferme a été multipliée par presque 4 entre la fin de la guerre de trente ans et le XVIIIe siècle. Avec une valeur de 600R, s’Schultze est l’une des plus belles fermes du village (avec s’Baelers, s’Valdes et s’Blase). D’autre part nous apprenons que Peter Freund avait alors 4 chevaux. Au XXe siècle encore une ferme moyenne avait deux, voire trois chevaux. Avec quatre chevaux, s’Schultze était presqu’un « Herrbür », ces paysans-aristocrates qui géraient de véritables fortunes agricoles.

Fin de vie :

A noter que la pierre tombale de Peter Freund est toujours présente au cimetière de Hohatzenheim. Un signe que la tombe était alors de grande qualité.

Quatre ans après Peter c’est au tour d’Eva Schmid de décéder en 1744. Son inventaire après décès fut rédigé le 28 mars sans description de la ferme.

 

 

4e génération: Georg FREUND le vieux (ca1705-1765)

 

Marié en 1730 avec Barbara Blaess (s’Blase) [CM : 6/5/1730].

 

Enfants :

- Catharina épouse le 26/7/1756 Antoine Bieth de Durningen (né le 12/12/1728)

- Eva.

- Anna épouse Peter Ottingen de Ginzheim, tisserand.

- Brigitta (ca1744) épouse Lorenz Schott de Ginsheim

- Margaretha (ca1747) épouse Hans Ginzen de Pfulgriesheim

- Maria (ca1749) épouse Hans Reiffsteck de Wingersheim

- Hanns Georg (ca1750)

- Lorentz (ca1753)

- Anna

 

Deuxième maire catholique du village, Georg Freund accède à la charge suprême après la mort de Claus Schneider en 1739. Il meurt en 1765. Le hofname « s’Schulze » ne date pourtant probablement pas de cette époque mais du XIXe siècle. La description de la ferme qu’on trouve dans son inventaire semble être une copie d’une description plus ancienne :

« Peter Freunds hoff, sambt scheuer, Stall, Garthen, mit allen zugehörden, wie solche in dem dorff zu Hohatzenheim gelegen, einseith dem allmend der Häzlers gaß, anderseit Hannß Hatt, oben das allmend, unten Niclaus Schneyder dem schultheisen »

 

Quant à Barbara Blaess elle meurt en 1783.

 

 

5e génération: Hans-Georg FREUND le jeune (ca1750-1835)

 

Marié en 1779 avec Brigitta Klein de Rumersheim (1757-1833), fille de Hans et de Catharina Debus [CM du 28/3/1779].

 

Enfants :

Brigitta (ca1780)

Jean-Georg (ca1780)

Marie-Anne (ca1785)

Marie-Catherine (8-2-1788)

Salomé (ca1790)

Joseph (ca1793)

Laurent (1-1-1795)

Thérèse (4-3-1798)

 

Qualifié de « hofbestaender » lors du décès de son père en 1765.

Mort le 3 février 1835.

 

 

6e génération : Georg FREUND III (ca1780-1839)

 

Marié le 1er mars 1813 avec Marie-Madeleine Bieth (1787-1856)

 

Enfants :

Anne-Marie (3-4-1813)

Nicolas (17-9-1815)

Pierre (ca1819)

Florent (30-10-1820)

Louis (ca1823)

Antoine (27-07-1824)

Salomé (sep 1826)

Marie-Catherine (21-10-1827)

Joseph (Février 1830)

 

Nommé maire en janvier 1813 après Jacques Lobstein. Il restera maire jusqu’à sa mort.

Décédé le 15 décembre 1839.

 

 

7e génération : Nicolas FREUND (1815-1865)

 

Né le 17 sep 1815. Marié le 21 février 1843 avec Marie-Catherine Reinbolt (1821-1861) de Wingersheim.

 

Enfants :

Joséphine (ca1844)

Georges (1847)

François Joseph(ca1849)

Charles Théodore(ca1850)+

Marie (ca1853)

Théodore (ca1855)

Thérèse (ca1858)

 

Nicolas Freund est devenu maire à partir d’août 1848 et l’est resté jusqu’à sa mort en 1865.

Durant les années 1850, en plus du noyau familial, la ferme héberge la mère de Nicolas, ses deux frères et trois domestiques. A partir de 1861, la famille se réduit. Les frères ne sont plus là et il n’y a plus qu’une domestique.

 

Recensement 1851

Freund Nicolas, Cultivateur, 35 ans

Reinbolt Marie-Catherine, 30 ans

Georges, 4 ans

François Joseph, 2 ans

Charles Théodore, 3 mois

Joséphine, 7 ans

Bieth ve Freund M. Madeleine, 64 ans

Florent, son frère, 30 ans

Antoine, 27 ans

Moebs Nicolas, domestique, 21 ans

Freund M. Catherine, domestique 23 ans

Pfister Françoise, domestique, 18 ans

 

Recensement 1856

Freund Nicolas, maire, 40 ans

Reinbolt Marie Catherine, 35 ans

Joséphine, 12 ans

George, 9 ans

Joseph, 7 ans

Marie, 3 ans

Théodore, 1 ans

Florent, cultivateur, frère du chef de ménage, 35 ans

Antoine, cultivateur, frère du chef de ménage, 31 ans

Krauss Antoine, domestique 15 ans

Guthedel Marie Anne, domestique 24 ans

Guthedel Catherine, domestique, 16 ans

 

Recensement 1861

Freund Nicolas, cultivateur

Reinbolt Marie Catherine

Joséphine, 17ans

George, 14 ans

Joseph, 12 ans

Marie, 8 ans

Thérèse, 3ans

Hornecker, Anne Marie domestique 21 ans

 

 

 

8e Génération : SCHNEIDER François-Antoine (1835-ca1902)

 

Né à Bossendorf le 29 octobre 1835. Marié le 22 février 1865 avec Joséphine Freund né le 21 février 1844 à Hohatzenheim et héritière de la ferme.

Antoine Schneider est maire de 1881 à 1902.

 

Enfants :

Nicolas (4-12-1866 / 15-6-1954)

Maria-Katharina (29-3-1868)

Joseph (4-4-1869)

Francois-Antoine (29-4-1871)

Maria-Joséphine (25-2-1873)

Maria-Thérèse (20-11-1874)

Maria-Rosalie (1-5-1876 / 12-2-1952)

Alphons (26-7-1882)

 

 

 

9e génération : Nicolas SCHNEIDER (1866-1954)

 

Nicolas Schneider est maire de 1902 à 1940. Il est démis de ses fonction en juin 1940 à l’arrivée des Allemands. Nicolas Scheider est cité dans les mémoires de l’instituteur Marius Meyer, lorsque ce dernier arrive pour la première fois au village en octobre 1938 :

 

« Je cherchais l’église sans la trouver et finalement je rentrais au seul restaurant du village de la Grand-mère Julie [s’Wurth]. A mon arrivée silence complet de quelques villageois qui discutaient justement de la reprise de la classe sans enseignant. Car mon prédécesseur Armand Dutel était parti à Ichtratzheim et son successeur, Liotté nommé par l’Académie avait refusé le poste. Après un court conseil de famille on me servit à dîner, on me réservait une chambre et je passais ainsi ma première nuit à Hohatzenheim. Le lendemain, réveil à une heure inhabituelle, car il fallait se présenter au maire de la commune Nicolas Schneider (un vieillard de 72 ans, qui se couchait tôt et se levait très tôt) avant de prendre en charge les enfants du village, en classe mixte et unique de 6 à 13 ans pour les filles et de 6 a 14 ans pour les garçons. Ainsi commençait mon aventure à Hohatzenheim qui devait durer plus d’un demi-siècle. »

 

 

10e génération : Joseph SCHNEIDER

 

C’est probablement lui qui conduisit l’instituteur Marius Meyer à l’hôpital en août 1944 :

 

« A Kustrin, les envois au front se multipliaient. Avant le départ on avait droit à une permission et j’en profitais pour me soustraire à cette destinée. Avec le concours du Dr. Hanns qui me prêtait sa pipette je me donnais une piqûre au genou droit conformément au conseil donné par mon camarade polonais. L’effet fut immédiat. Avec une jambe enflée du genou à la plante du pied. Le Père Schulze me conduisait avec le char-à-bancs à Brumath chez le médecin qui m’envoyait directement à l’hôpital militaire de Strasbourg où je devais subir une opération d’urgence. »

 

A la libération, Joseph Schneider emploiera deux des 10 prisonniers allemands utilisés à Hohatzenheim pour servir de main d’œuvre aux exploitations : Walter Blum et Willi Janson.

 

Comme son père, son grand-père, son arrière-grand-père et son arrière-arrière-grand-père, 5e génération de suite à être maire, Joseph Schneider est élu maire aux élections d’octobre 1945. Il conservera son poste jusqu’aux élections de 1971.

 

En 1955, Joseph Schneider est à la tête de la plus grande exploitation agricole du village avec plus de 18h de terres en propre.

 

 

11e Génération : Lucien SCHNEIDER

 

Enfants :

Christian (1967)

Laurent (1969)

 

Sous la gestion de Lucien Schneider, l’exploitation se distingue par la culture du tabac, relativement peu cultivé au village. Lucien contruit un hangar pour sécher le tabac juste en face de la ferme, derrière l’ancienne laiterie. Mais la ferme périclita quelque peu et dans les années 80, schultze ne fut pas parmi les quelques exploitations investissant dans une grande étable moderne. Il conserva toutefois la fierté de posséder la maison de ferme la plus ancienne du village. Lorsque Lucien prit sa retraite, aucun de ses deux fils ne reprit l’exploitation. Ainsi, après des siècles de domination du village et au moins 6 maires, l’histoire de s’Schultze, exploitation agricole prenait fin.

 

 

 




s'schulze

s'Schultze
Logis pouvant dater du milieu du 18e siècle ; porte piétonne portant la date 1798, qui pourrait être également la date du cellier avec logement contigu.
Base Merimee - Ministere de la culture










s'schultze

porche

















Tombe de Peter Freund

Tombe de Peter Freund









plan de schultze

Plan de 1826
La ferme est deja une cour fermee.
En amont le grand jardin










schulzte

Detail de la maison - Balcon










schultze 1914

Plan de la ferme 1914

















plan 1942

Plan de la ferme vers 1942












schultze

Plan de la ferme vers 1970










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Vue aerienne de la ferme