Michel Jost le vieux (ca1605-1657)
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Depuis déjà
plusieurs années, j’avais repéré la présence d’une
famille Jost établie à Hochfelden au XVIIe siècle.
C’était même la seule famille Jost que j’avais pu
déceler dans le Kochersberg à cette époque mais je
n’étais jamais parvenu à établir le lien avec notre
famille. Ce n’est qu’à l’automne 2010 avec la découverte
de Hans Jost le vieux que le lien avec notre famille a
pu être enfin établi. En effet l’acte de mariage de Hans
Jost datant de 1686 indique que ce dernier est
originaire de Hochfelden. Comme d’autre part les
registres paroissiaux de Hochfelden antérieurs à 1679
ont été détruits, il me fallut donc consulter les
archives anciennes de ce village pour espérer y trouver
les antécédents de la famille Jost. Les affres de
la guerre de Trente ans à Hochfelden et en
Basse-Alsace La guerre de
Trente ans fut une période terrible pour notre région.
Durant des années, le passage incessant des armées sur
notre sol et les destructions systématiques qu’elles
provoquèrent dans leur sillage, mit la région à genou et
vida de ses habitants les campagnes. La quasi-totalité
des villages, ruinés, fut abandonnée et les champs ne
furent plus cultivés. L’Alsace se transforma en région
fantôme. La guerre avait commencé en 1618, mais pour
l’Alsace le calvaire débuta en 1621 avec la brusque
apparition d’Ernst de Mansfeld à la tête d’une armée
protestante de l’électeur palatin, Frédéric V. Mansfeld,
poursuivi par l’armée catholique autrichienne du comte
de Tilly s’était d’abord replié dans le Palatinat d’où
il passa finalement en Basse-Alsace en novembre 1621. Il
s’empara facilement de Landau, Wissembourg et le 6
décembre de Haguenau.[2]
C’est là qu’il établit son quartier général. Dans les
mois qui suivirent ses mercenaires pillèrent abondamment
la région aux alentours, notamment le long de la Zorn
jusqu’à Saverne. Il met le siège devant Saverne le 22
décembre mais la place résiste et le 5 janvier, en plein
hiver il est forcé de se replier. Il se vengera en
pillant toute la région avec une grande cruauté. Comme
beaucoup de communes, Hochfelden devint la proie de ses
soudards ce dont Léopold d’Autriche informa le duc de
Bavière par une lettre du 4 janvier 1622.[3]
Un état de mars 1622[4]
indique que les cantonnements de deux régiments de
Mansfeld étaient répartis entre Hochfelden et
Brumath : Le régiment de cavalerie
« Leibgarde-Regiment » et le régiment
d’infanterie « Rouge-Mansfeld »
(« (Rotes) Regiment Mansfeld »). On peut
estimer que le régiment d’infanterie avait au moins
mille hommes et le régiment de cavalerie 500 cavaliers.
C’est dire que plusieurs centaines d’hommes étaient
cantonnés à Hochfelden, pillant, brûlant et violant à
volonté. Le château, déjà en mauvais état fut incendié
de même que le moulin et une partie du bourg. L’église
aussi fut dévastée. Quand aux habitants, il se saisit
d’un certain nombre d’entre eux pour en obtenir une
rançon et certains furent emmenés avec son armée.[5]
Mansfeld était entré en Alsace avec environ 16 000
hommes mais une fois installé à Haguenau, il recruta des
milliers de mercenaires qui portèrent son effectif à
près de 30 000 hommes répartis un peu partout dans la
région dont en plus de Brumath et Hochfelden, Oberbronn,
Niederbronn, et bien sûr Haguenau qui accueillait le
plus gros des contingents. Soumis aux pillages sans
aucune protection les paysans ne trouvèrent de salut que
dans la fuite, se cachant dans les forêts ou essayant de
trouver refuge derrière les murailles des grande villes. Mansfeld quitta
définitivement la région en été 1622 laissant derrière
lui un champ de ruines. En septembre de la même année,
Hochfelden fut donné en gage pour 40 000 florins par
l’archiduc d’Autriche au colonel Ascagne Albertini,
officier impérial et grand bailli de Benfeld. Par
ailleurs, 4000 florins supplémentaires devaient être
employés pour reconstruire le château et 3000 pour le
moulin. L’église Saint Pierre devait aussi être
totalement reconstruire.[6]
Malgré cette épreuve, l’Alsace n’en avait pas fini avec
ses souffrances. Les armées continuèrent en effet à
passer sur son sol volant et pillant à volonté. Ainsi
après le départ de Mansfeld, l’Empereur d’Autriche
« inonda l’Alsace de troupes » qui oubliant
que l’Alsace faisant encore partie de l’Empire la
traitèrent en pays de conquête. Aussi en été 1624,
Strasbourg se plaint auprès de l’Empereur que les
soldats de Tilly « dévastaient la province sous
réserve de la garder. »[7]
En juin 1625, c’est le comte de Salm qui se voit obligé
d’adresser des excuses à Strasbourg parce que ses
soldats ont tiré sans provocation sur les habitants de
Wasselonne.[8]
A partir de 1629, nouvelle occupation de la province qui
dut entretenir de fortes garnisons. Comme toujours, loin
d’être gré à leurs hôtes de ces largesses, les soldats
se comportaient comme des soudards, notamment celles du
général impérial, le comte Collalto.[9]
A partir de 1630, les impériaux commencèrent à craindre
une intervention française et ils fortifièrent un camp
près de Haguenau ainsi que dans les Vosges. En 1630, l’empire
était déjà en guerre civile depuis 12 ans mais c’est
avec l’intervention de la Suède aux côtés des
Protestants que la guerre connaitra un nouveau record
jusque là inégalé de destructions et d’horreurs. Au fur
et à mesure des conquêtes du roi de suède, la tension
augmentait dans le camp catholique. Le chroniqueur
Walter note pour l’année 1631 : « Pendant tout
l’été, les passages de troupes continuèrent en
Alsace ; il en venait du Nord et du Sud, Espagnols,
Italiens, Lorrains et Flamands ; en août seulement
il passa dix mille hommes sous les murs de
Strasbourg. »[10]
Et ce n’était encore qu’un début. Au fur et à mesure de
l’avancée des suédois, les impériaux se comportaient de
mal en pis : « Pendant toute la première
moitié de l’année 1632, les désordres causés par les
troupes impériales et leurs alliés lorrains continuèrent
en Alsace ; vieux soudards ou recrues, ils
pillaient par tout le pays, s’attaquant même à la
propriété des familles régnantes, brûlant les villages
du Kochersberg. »[11] Hochfelden était
alors entre les mains des soldats impériaux du maréchal
Ossa qui occupaient le château et le bourg. En février
ils furent délogés par les hommes du prince de
Birkenfeld, alliés des Suédois.[12]
L’armée suédoise entra finalement en Alsace en août 1632
et s’attela à conquérir toutes les places fortes
alsaciennes de Wissembourg au nord jusqu’à la haute
Alsace (sauf Strasbourg). Hochfelden passa en septembre
sous le contrôle du colonel suédois de Harpf qui y prit
ses quartiers et envoya de là un ultimatum de reddition
à Haguenau. Cette dernière tomba finalement le 21
décembre 1632. Les Suédois se comportèrent d’abord
correctement, puis ils se mirent eux aussi au pillage
après la conquête totale de la Haute-Alsace, en janvier
1633. Ils ciblèrent tout particulièrement les lieux de
culte catholique qu’ils voulaient humilier et
ridiculiser. A Hochfelden, de Harpf craignait une
attaque des impériaux retranchés à Saverne
potentiellement appuyés par les habitants catholiques de
Hochfelden. Il mit alors le feu au village qui était
presque entièrement dépeuplé et se retira avec ses
troupes dans le château. Celui-ci eut d’ailleurs aussi à
souffrir de cette occupation puisque le colonel
Albertini souligna dans son testament rédigé en 1633 que
le château avait été de nouveau incendié [13]
(Hochfelden venait alors de lui être converti en fief
héréditaire). A
partir de ce moment, les destructions en Alsace
atteignirent leur comble car l’Alsace était dorénavant
un champ de bataille continu entre les Suédois bien
établis dans les places fortes alsaciennes et les
impériaux débarquant de Bourgogne et de Lorraine (ils
avaient gardé Saverne). De Plus des groupes catholiques
alsaciens égorgeaient sans vergogne les détachements
suédois isolés, augmentant encore leur fureur
destructrice. En janvier 1633, le compte de Salm venant
de Saverne réussit par un coup de main à reprendre
Haguenau mais dès Juin les Suédois mirent de nouveau le
siège devant la ville. En été 1633, Le duc de Lorraine
voulut tenter de secourir la garnison encerclée de la
ville mais les Suédois se portèrent à leur rencontre et
remportèrent la victoire près de Pfaffenhoffen, ce qui
provoqua de nouveaux exodes de population. La guerre
dégénérait de plus en plus en une série sans fin
d’escarmouches et de petits combats décentralisés au
milieu des plus grands désordres et chaos général. On ne
distinguait plus les soldats réguliers des brigands,
mercenaires et pillards de toutes sortes qui prenaient
en toute impunité ce qui leur plaisait : biens,
nourriture et femmes. A la fin 1633, lorsque les Suédois
levèrent le siège de Haguenau, 150 maisons étaient en
ruine et le nombre des habitants réduit à un sixième du
nombre d’avant guerre.[14] En 1634, les
Suédois commencèrent à connaitre des revers importants
dans la guerre et Louis XIII, leur allié, décida que le
moment était venu pour la France de s’engager plus avant
dans la guerre. Aussi dès janvier 1634, il poussa ses
troupes en Alsace. Saverne et Haguenau leur furent
livrées en janvier 1634. Leur avance se poursuivit toute
cette année et ils arrivèrent à Colmar en octobre. Mais
dès octobre 1635 les impériaux revinrent mettre le siège
devant Haguenau. Saverne était de nouveau tombé entre
leurs mains et Ils cernaient aussi Colmar, Sélestat,
Benfeld et Dachstein. Toutes ces villes étaient tenues
par les Français sauf Benfeld, dernier fief suédois en
Alsace. Pourtant si les Français tenaient les places
fortes, les campagnes étaient sans cesse la proie des
partisans de Jean de Werth ou des Lorrains qui y
exécutaient de nombreux coups de main.[15]
En 1636, des renforts français parvinrent à libérer la
plupart de ces places et finalement en juillet Saverne
tomba également entre les mains françaises. En 1637, les
impériaux revinrent à nouveau en Alsace et
dévastèrent les campagnes ; le général autrichien
Gallas tenta de reprendre Haguenau mais il fut défait et
il se replia sur Drusenheim. Dès lors, patiemment, les
forces françaises parvinrent progressivement à pacifier
la province et prendre le contrôle de tout le territoire
alsacien. Pourtant, les impériaux et les Lorrains
continuèrent leurs raids dévastateurs et même les
Français, lorsqu’ils subissaient un échec en Allemagne,
refluaient en désordre en Alsace créant à chaque fois le
chaos à travers campagne. Au début des années 40 la
situation s’améliora sensiblement mais en 1647, il y eut
une nouvelle alerte au pillage lorsque les troupes
protestantes de Weimar (décédé plusieurs années
auparavant) se rebellèrent contre la France à Saverne et
se replièrent en désordre vers le Rhin. Durant l’hiver
suivant Turenne et son armée prirent leurs cantonnements
en Alsace ce qui occasionna de nouvelles charges pour la
population. Mazarin écrivit à son général en
décembre 1647: « Je vois bien que les environs
souffriront de ce logement que vous prendrez en Alsace,
mais la nécessité n’a point de loy. » L’Alsace
était en ruine et ce qui restait de la population
n’aspirait plus qu’à la paix et à la sécurité. Il y eut
néanmoins une ultime invasion par les Lorrains du duc de
Lorraine qui effectua une série de razzias en Alsace en
1652. Ainsi s’achevait pour notre région la terrible
guerre de Trente ans.[16] L’Alsace en
ruine Les années 1620,
on l’a vu, furent terribles pour l’Alsace mais c’est
surtout avec l’invasion suédoise de 1632 que la province
commença à se vider totalement de ses habitants. En
1643, un moine bénédictin suisse cheminant le long du
Rhin écrivit à ses confrères du monastère de Saint-Gall
: « Ce qui est certain, c'est qu'entre Strasbourg et
Rouffach (sur une étendue de dix-sept à dix-huit lieues
!), on ne trouve plus un seul habitant dans aucun
village ; tous se sont sauvés. »[17]
Encore en 1650, le pasteur d’Obermodern (13km au nord de
Hochfelden) écrivit dans les registres paroissiaux que
les rues du village étaient envahies à ce point par la
végétation qu'on ne pouvait y circuler, ni à cheval, ni
en voiture. A Oberbronn (26km au nord de Hochfelden)
« pendant des années, il n'y eut plus un habitant
au village ; les loups y gîtaient en toute
tranquillité ». Même chose à Hohatzenheim (10km au
sud-est de Hochfelden) où en 1640, il n'y a plus que
deux habitants au village. Les lieux dits
« Wolfgraben » (le fossé du loup) et la rue du
renard datent probablement de cette époque. Ce n’est
qu’en 1649 que de nouveaux registres paroissiaux voient
le jour. Les registres du village voisin de Wingersheim
débutés en 1638 montrent que jusqu’en 1650 la population
est très peu nombreuse. Le premier mariage au village
date de 1645. A Zehnacker (17km au sud-ouest de
Hochfelden), en 1638, on compte encore neuf habitants,
bourgeois et journaliers, plus une dizaine d'enfants ; «
tout le reste a péri ». A Neuwiller (17km à l’ouest de
Hochfelden), de 1633 à 1638, « sur une population
de 1,600 âmes, 500 sont enlevées par la peste et la
plupart des autres se disséminent au hasard. » A
Printzheim (9km) en 1639, il n'y a plus que trois
paysans, à Hattmatt (14km) un seul; c'est lui qui
cultive les trois seuls champs de la banlieue qui ne
soient point en jachères. A Imbsheim (11km), il y a
encore 2 habitants, à Kirwiller aussi (8km). A
Ernolsheim (19km), en 1644, on constate encore la
présence de « cinq hommes et de deux femmes veuves,
l'une vieille, l'autre jeune et malade, ayant été violée
l'an dernier par des soldats de passage. Elle a un petit
enfant et pas de père pour lui ». Devant les
pillages des soldats, les villageois se cachaient dans
les bois où essayaient de trouver refuge dans les
villes. Celles-ci néanmoins souffraient également. A
Ingwiller (17km), petite ville assez florissante avant
la guerre, les décès se montent à 68 en 1634, à 98 en
1635, à 220 en 1636 mais seulement à 4 en 1642. La
presque totalité des habitants ayant péri ou s'étant
enfuie. A Pfaffenhoffen (12km), le pasteur indique
clairement dans un de ses registres qu'il a dû s'enfuir
avec ses paroissiens vers Lichtenberg (en 1633) et que
son retour s'est fait le 10 mars 1634. Une autre fuite
s'est produite entre le 24 octobre 1635 et le 8 juillet
1637. Enfin à Haguenau (20km), la ville qui comptait
1300 bourgeois à la fin du XVIe siècle, n’en compte plus
que 150 après la grande famine de 1637, 250 en 1654 et
305 en 1655. La population qui s’élevait à environ 10
000 personnes avant la guerre est d’environ 8000 en 1625
et probablement de moins de mille à la fin des
hostilités. Un rapport de 1652 indique que 2000 maisons
sont inhabitables
soit les deux tiers de la ville.[18] Ainsi comme
partout ailleurs dans la région, durant les années 1630
Hochfelden est presqu’entièrement détruit ou brûlé.
« L’herbe pousse dans les rues ! »
l’église est abîmée, le château et le moulin sont
ruinés. Au
sortir de la guerre le village est donc entièrement à
reconstruire. La repopulation
du village En 1622 on l’a
vu, pressé par le besoin d’argent frais pour financer la
guerre, Léopold, Archiduc d’Autriche et évêque de
Strasbourg avait sollicité un prêt de 40 000 florins
auprès d’un de ses fidèles officiers, le colonel Ascanio
Albertini d’Ichtratzheim, bailli de Benfeld. En garantie
de cette somme, Léopold engagea la seigneurie et le
château de Hochfelden. A partir de 1628, le colonel
Albertini commença à presser l’empereur pour obtenir la
conversion de l’engagement du village en titre féodal ce
qu’il obtint en 1632. Ascanio Albertini s’attela alors à
faire reconstruire le château mais il mourut en 1639 et
le fief passa à ses héritiers, notamment ses fils
François-Léopold, Francois-Robert (Franz-Ruprecht von
Ichtertzheim), François-Materne, François-Louis et sa
veuve Anna Barbara.[19] Le village
commença très probablement à se repeupler dans les
années 40 avec une augmentation accrue des arrivées vers
la fin de la décennie et au début des années 50. En
1652, la population est à nouveau conséquente car c’est
à cette date que débute le registre des affaires
judiciaires et municipales avec cession annuelle de
l’Ambtstag, sorte de tribunal municipal où sont jugés
tous les litiges de la commune, où sont nommés les
nouveaux bourgeois et promues les différentes charges
d’employé municipal comme le garde champêtre, directeur
des corvées, receveur communal, etc…[20]
On peut notamment mentionner parmi les villageois
présents au village dès la première cession de mai 1652
Adam Kabs, Nicolas Weber, Daniel Seitz von Weyersheim,
Hanß Fritz, Lorentz Schmidt, Martins Hanß, Hanß Volmers,
Georg Ehl, Eliaßen Hannß, Christoph Heidmann, Johan
Arth, Jacob Artschieds, Nicolas Schemburgers, Georg
Walters, Jean La Marsch [Lamarche], La Gutture
[Lacouture], Jacob Arbschin, Wendling Fuchs, Jacob
Dischling, Lorentz Häsel, Augustin Pfeiffer, Georg et
Jacob Ziller, etc… Ce sont eux en effet qui reçurent les
premières amendes. On peut donc estimer que dès cette
époque le village comptait au moins plusieurs centaines
d’habitants. Comme on l’a vu dans l’introduction, la
famille Jost était alors aussi présente au village. Elle
était probablement arrivée avec le gros des villageois
durant les années précédentes car une lecture rapide des
renouvellements du ban de 1632 et 1648 ne mentionnent
aucun Jost au village.[21] Le village fut
repeuplé par quatre catégories de personnes : - les héritiers
du colonel Albertini d’Intratzheim, nouveaux seigneurs
du bourg qui prirent possession d’une série de
propriétés, dont bien sûr le château et quelques grandes
fermes comme les domaines du Steinhof et du Freiberghof.
- Des familles
alsaciennes et germaniques catholiques. Certaines
étaient peut-être déjà présentes avant la guerre. - Des
juifs : une population juive est déjà présente
avant la guerre. Après la guerre, les juifs de
Hochfelden deviendrons les créanciers principaux du
village et apparaitrons très souvent dans les litiges à
la fin des années 1650. - Des immigrants
français, notamment des anciens militaires. Ainsi les
noms de La Couture et La Verdure font penser à des
surnoms de soldats. Il y a aussi un Barbier et un haut
personnage, son excellence (« Obrist ») le
lieutenant Nicolas Henny. Enfin il y avait Jean Lamarche
dit la Rose dont il est important de parler davantage. Jean Lamarche
dit « La Rose » Jean Lamarche
mariera sa fille au fils de Michel Jost vers 1660, il
est donc important de parler dès maintenant de ce nouvel
arrivant. Ce soldat apparait dans les registres de
Haguenau de 1643 à 1649. Il est alors sergent à la
garnison la ville. Durant cette période sa femme
Catherine met au monde Jean-Jacques en 1643 et Antoine
en 1648. A cette époque la garnison de la ville est
principalement constituée par le régiment du Périgord.
Celui-ci y fut présent de 1639 à 1648. Mais comme il
semble que la fille de Jean, Madeleine est née avant
cette date (vers 1636), je pense que ce soldat était
arrivé en Alsace avant cette date. En tout cas, il
arrive à Hochfelden pour s’y installer définitivement
entre avril 1649 et mai 1652. On peut noter
d’ailleurs que la contribution des vétérans de l’armée
française d’occupation à la colonisation de l’Alsace
d’après guerre fut conséquente. Déjà pendant la guerre
la troupe, pour améliorer l'ordinaire, semait du blé sur
les terres en friches autour de ses cantonnements. A
Haguenau les officiers fournissent les semences aux
habitants et un observateur note en 1645 "qu'il n'y
avait pas d'officiers à Colmar, Sélestat, Thann et
Saverne qui n'eussent deux ou trois charrues et
n'occupent les meilleures terres". De ce fait,
l’intégration de beaucoup d’entre eux au sein de la
population alsacienne se fit tout naturellement. En 1649
par exemple, Mazarin, licenciant la cavalerie allemande,
concéda aux cavaliers des lots de terres incultes près
de Brisach.[22]
D’où venait la
famille Jost ? Comme nous le
verrons, la famille Jost était très pauvre et à ce titre
il est peu probable qu’elle était native du village où
en 1659 elle ne possédait qu’un ou deux lopins de terre.
1) Un soldat
allemand ou lorrain au service de la France ? Les registres de
Haguenau mentionnent en 1647 un certain « Michel
Host sergent à la garnison de la ville » et parrain
du nouveau né de Hans Henrich, lui-même soldat de la
garnison. Serais-ce notre Michel Jost ? Cette
éventualité permettrait d’expliquer le mariage entre le
fils de Michel Jost et la fille Lamarche probablement
francophone. Le problème c’est que notre expérience
montre que les clercs ne confondaient pas en général un
H et un J. La piste d’une origine militaire est aussi
suggérée par la présence dans un acte de 1662 d’un «
Henri Jost soldat à Strasbourg » qui vend une parcelle à
Hochfelden. 2) Un employé des
sires d’Ichtratzheim ? En Alsace le
patronyme Jost se trouve surtout parmi les communautés
protestantes au nord de la forêt de Haguenau et dans les
communautés catholiques et protestantes autour de
Dorlisheim (protestants à Dorlisheim, catholiques à
Bischoffsheim). En 1722, meurt à Dorlisheim un certain
Jean-Georges Jost dont il est dit qu’il était né vers
1645 à Hochfelden et s’était converti au protestantisme.
Ce Jean-Georges Jost avait fait un mariage protestant à
Dorlisheim en 1680. La présence de Jean-Georges dans une
zone où il y a tant de Jost fait penser à un retour aux
sources. Comme Ichtratzheim est assez proche de
Dorlisheim et comme à Hochfelden il semble que les Jost
travaillaient pour les sires d’Ichtratzheim, il est
possible que lors de leur arrivée à Hochfelden, les
Ichtratzheim amenèrent leur personnel dont les Jost
auraient fait partie. 3) Un suisse de
la région de Berne ? La fin de la
guerre de trente ans fut marquée par une forte
immigration suisse. Justement, le marqueur génétique S28
présent sur le chromosome Y transmis par les hommes de
notre famille est particulièrement présent en Suisse.
D’autre part il se trouve aussi que le patronyme Jost se
retrouve le plus fréquemment dans la région de Berne (et
dans une moindre mesure dans la région de Zurich). Mais
cette région est plutôt protestante. Le terrier de
1659 Il existe trois
terriers anciens de Hochfelden réalisés en 1578,
1659 et 1726. Comme celui de 1578 ne contient aucun
Jost, c’est surtout celui de 1659 qui nous intéresse car
il nous informe sur le premier domicile de la famille
Jost à Hochfelden : “0.5 Fröcht - Michel Josten Wittib und Erben durch abhatzung von dem Stiff Zabern versetzt – 5923 Item eine Behaussung Scheuer und Hoffstatt, ein halbe Fröcht gross einseit neben Nicklaus Henckhin anderseith zum theil neben dem Allmend zum theil neben Nicklaus Rauchen, vornen uff allmend, hinden uff den Steinhoff, gibt der herrschaft Jahrs 4β bodenzinnß, ferner der gemeind 2β 6δ bodenzinnß” « Un demi
froecht [environ 3.75 ares] – Veuve et héritiers de
Michel Jost via l’estimation engagée par le l’abbaye de
Saverne. Parcelle 5923. Un bâtiment
d’habitation, une grange et une cour de ferme d’une
surface d’un demi froecht [3.75 ares]. D’un côté contre
Nicolas Henckhin, de l’autre contre Nicolas Rauchen,
devant sur le communal, derrière sur le Steinhoff. Donne
à la seigneurie 4ß de loyer foncier annuel et aussi à la
commune 2ß 6δ de loyer foncier. » La seigneurie
signifie les sires d’Ichtratzheim comme l’atteste
l’intitulé de la parcelle 5911 « Herrschaft Schloss
garten » (le jardin du château de la seigneurie),
qui on le sait appartenait aux Ichtratzheim. On voit
donc que la famille Jost s’était endettée sur sa ferme
auprès de la commune et de la famille d’Ichtratzheim,
sans doute lors de l’acquisition. C’est aussi le cas de
son voisin Nicolas Henckhin le tailleur sur la parcelle
5922 qui doit payer « 2 rappen (4δ) de loyer
foncier aux sires d’Ichtratzheim et 9δ à la
commune ». Sauf que Henckhin a une étable ce qui
n’est pas le cas de Michel Jost. Comme le métier de
Michel n’est pas mentionné, il devait être probablement
ouvrier agricole chez un grand propriétaire, en toute
vraisemblance le Steinhoff propriété des Ichtratzheim. Il ne faut pas
s’étonner de l’implication de l’abbaye de Saverne dans
l’évaluation des biens car les archives témoignent que
l’archiduc d’Autriche avait également fait appel à cette
institution pour financer ses besoins contre des
hypothèques à Hochfelden. De fait les Ichtratzheim
avaient par la suite également remboursé cette abbaye. Adresse
actuelle de la maison de Michel Jost Déterminer
l’adresse exacte de la maison de Michel Jost n’est pas
aisé car sur le terrier de 1659 beaucoup de rues sont
sans nom, désignées simplement comme communal. Toutefois
certains indices nous mettent sur la voie : la ferme des
Jost se trouvait devant le domaine du Steinhoff. Or, le
terrier indique que cette grande propriété de 6 arpents
(acker), cad environ 30 ares était à l’extrémité est du
village, contre le fossé « Kübels graben » délimitant
probablement l’ancienne fortification à l’est du village
devant le bois dit « Osterberg waldt ». L’Osterberg est
un lieu dit toujours existant sur le cadastre moderne
(parcelle 166 ou 54-55 sur le plan de 1828). Mais où se
trouvait le Kubelsgraben ? Le cadastre moderne trace la
limite du village à l’est des parcelles 166 et 158. Si
on compare cette limite au plan de 1766, on se rend
compte que c’est exactement la même limite. Il est donc
tentant de voir le kubelsgraben à l’est de cette limite.
D’autre part les petites parcelles à l’ouest de la rue
du foyer (210 à 213 et 62 à 66) suggèrent un
établissement plus récent, peut-être sur le remblai du
fossé comme à l’emplacement des anciennes douves autour
du château. La reconstitution du reste de la zone
suggèrent aussi cet emplacement pour l’ancien fossé.
Dans ce cas, à l’époque, le bois de la colline de
l’Osterberg était probablement situé à l’est de la rue
du foyer, au nord jusqu’à la rue de l’abbé Weissrock et
au sud jusqu’à la rue du 14 juillet. Le Steinhoff
occupait alors les parcelles 154, 155, 158 et 166. Ces
deux dernières parcelles devaient être un jardin non
bâti car dans un email, l’historien local François
Laugel me confirme que la parcelle 158 sur notre plan
(complexe d’immeuble situé au 5A rue du 14 juillet)
était bien inoccupé en 1659.[23]
Par contre les parcelles 154 et 155 sont toujours
occupées par une ancienne grande ferme bourgeoise qui
fut peut-être même antérieurement une ferme dimère.
Autre indice, au sud du Steinhof se trouvaient plusieurs
propriétés en bordure du Schiessgas, qui est la rue du
14 juillet qui menait à l’ancien champ de tir
(Schiessrein).[24]
La maison Jost était donc entre la rue des Bouchers et
la parcelle 155, sans doute sur la parcelle 25 et une
partie de la parcelle 24 (3 rue des Bouchers) ou à côté
(5 rue des Bouchers). Je penche pour le 3 rue du boucher
car la description de la propriété semble confirmer
l’avancée de la maison sur une partie de la rue.
Les voisins
Nous nous sommes
attachés jusqu’à présent à étudier les propriétés du
terrier situées autour de la petite rue de l’église,
c'est-à-dire à l’est de la rue de Général Leclerc, au
sud de la rue des Bouchers, au nord de la rue du général
Lebocq et de la rue du 14 juillet jusqu’au lieu présumé
du Steinhoff. L’ancienne mairie ou salle communale
(Laube) se trouvait à l’emplacement actuel de l’école
des garçons au coin nord-est de la rue du général
Leclerc et de la rue des Bouchers. Juste en face (au
coin sud-est des mêmes rues) se trouvait la petite
propriété du maire Hans Arth (métier :
Beckhundt ?), à côté, au coin de la rue des Boucher
et de la petite rue de l’église, Martin Cuntz le
tisserand. Plus bas, au sud, entre la rue du général
Leclerc et la petite rue de l’église il y a une ferme en
ruine louée ou financée par la commune pour Nicolas
Henny (ou Henni, ou Henning). Encore plus au sud, au
bord de la rue du général Lebocq, encore une ferme
appartenant à Henny. La petite rue de
l’église a été nommée d’après la chapelle Saint-Maurice
restaurée encore en 1700 mais disparue plus tard au
cours XVIIIe siècle et remplacée par une ferme. Celle-ci
était tout en haut de la rue, au coin de la rue des
Bouchers, en face de la ferme Cuntz. Autour, s’est à
dire à côté sur la rue des bouchers et plus bas, il y
avait la grande ferme de deux arpents et demi de Nicolas
Henny. Une partie de la propriété était financée par la
commune. Plus bas, au coin de la rue et de la rue Lebocq
il y avait la ferme de Jean Lamarche. Lamarche avait
aussi de l’autre côté de la rue Lebocq une parcelle avec
une grande, une étable et un petit jardin. A côté de la
ferme Lamarche, sur la route, il y avait une autre
propriété des Sires d’Ichtratzheim et enfin au coin
sud-ouest de la rue des bouchers la propriété de
Georgen. Au nord du
Steinhof il y avait une autre grande ferme possédée par
les Ichtratzheim, le Freiberghof ou Berghof qui
contenait plusieurs granges « une petite tour
rouge » et un grand jardin. Une partie du domaine
était en ruine. Cette propriété se trouvait juste en
face du Château. Lorsqu’on remontait l’avenue Leclerc
vers les fortifications, le Berghof se trouvait sur la
droite. A gauche (ou à l’ouest du village) se trouvaient
les domaines du Trinckhof et de l’Ackerhof. Tous ces
domaines éparpillés au sud du Château étaient
probablement les restes parcellés de la cour domaniale
originale qui faisait de Hochfelden un grand centre
administratif au début du Moyen Age.
![]() Correspondence d’une
partie du terrier de 1659 avec le cadastre de 1828. Le
Steihoff se trouvait probablement à l’est de la rue
des Bouchers
La famille de
Michel Jost Comme il n’y a
pas de registres paroissiaux pour cette période, il est
difficile de se faire une idée sur la composition de
notre famille dans les années 1650. Le fait qu’il est
fait mention de « la veuve et héritiers » de Michel
Jost, on peut penser qu’ils avaient plusieurs enfants.
Il y avait d’abord Michel (le jeune), qui apparait au
village à la génération suivante et qui était donc
probablement le fils aîné. Comme nous le verrons dans
l’article qui lui est consacré, il était probablement né
vers 1635, ce qui implique un mariage entre Michel le
vieux et Barbara quelques années plus tôt. Michel le
vieux serait alors né vers 1605 et décédé peut-être vers
50 ans. En plus de Michel le jeune, le couple avait
peut-être aussi un fils prénommé Hans. En effet, un Hans
Jost né vers 1640-45 vivait à Mommenheim entre 1670 et
1701. Durant la guerre de Turenne, il se réfugiera à
Haguenau où en 1674 naitra son fils Laurent. Il perdra
deux fils, Laurent et Hans, à Mommenheim en 1695 et
1701. La parenté est suggérée par le peu de Jost dans la
région, la probable pauvreté de ce Hans Jost (aucune
parcelle en propre à Mommenheim) et par la popularité
des prénoms Laurent et Hans dans notre famille au XVIIe
et XVIIIe siècle. Un autre fils potentiel de Michel Jost
est cet Henri Jost déjà mentionné, soldat à Strasbourg
et qui vendit une parcelle à Hochfelden en 1662. Enfin,
il y a ce Jean-Georges Jost mentionné plus haut né vers
1645 à Hochfelden et qui se mariera en 1680 avec une
fille protestante de Dorlisheim. C’est tout ce qu’on
peut dire pour le moment sur la famille. Les registres
de décès de Hochfelden ne mentionnent aucun autre Jost
(homme ou femme) qui aurait pu appartenir à cette
génération. Le métier de
Michel Jost Comme nous
l’avons déjà dit, étant donné que le métier de Michel
Jost n’est jamais mentionné, celui-ci devait être lié à
l’agriculture. Une génération plus tard, son fils Michel
le jeune sera qualifié d’ « Agricola », ce qui confirme
cette présomption. Comme Michel le vieux n’avait pas
d’étable, il ne pouvait travailler à son compte ; en
effet sans cheval, pas d’exploitation. D’après
Thierry Heitmann, il existe un document (protocole du 24
octobre 1667 [ABR cote E960])[25]
qui fait l’inventaire des corvéables en mentionnant le
nombre de chevaux de chaque cultivateur. Il est dit que
les journaliers, eux, « devront utiliser leurs bras ».
Malheureusement je n’ai pas réussi à retrouver ce
document. Néanmoins dans l’état actuel des recherches,
le plus probable est que Michel Jost était ouvrier
agricole, peut-être à l’exploitation voisine du Steinhof
que possédait Francois-Robert d’Ichtratzheim. Cette
grande propriété comprenait une maison, une ferme, une
cour de ferme, une étable et un jardin. A côté, au nord,
également le long du fossé, le Berghof appartenait à la
veuve d’Ascagne d’Ichtratzheim (Barbara geboren von
Wallbronn) et était géré par son autre fils
François-Materne d’Ichtertzheim. Le Berghof semble avoir
été en plus mauvais état que le Steinhof avec plusieurs
bâtiments en ruine. Dans la
succession de Francois-Robert d’Ichtratzheim il est fait
mention des comptes du Steinhoff et de 25 résaux de blé
de recettes. Francois-Robert avait peut-être d’autres
fermes que le Steinhoff. Néanmoins s’il l’on fait
l’hypothèse d’un rendement de 6 quintaux/ha (valeur
moyenne en 1700), ces recettes correspondent à une
surface de 23ha ce qui est considérable pour l’époque. Michel Jost quant
à lui ne possédait comme terre agricole à lui seul qu’un
seul lopin d’un demi froecht (moins de 4 ares) situé au
lieu dit Galgenberg [parcelle 207, folio 211a], à l’est
du village, au nord de Schwindratzheim (le Galgenberg
correspond en général au lieu où était établi la potence
au cours du Moyen Age). S’il cultivait du blé sur cette
minuscule parcelle, cela lui rapportait 5 litres de
grain (au même rendement), soit 0.04 résal, soit 0.8ß
(au prix moyen de 20ß/resal. Cette parcelle ne pouvait
donc fournir qu’un faible appoint à ses besoins.
Salaire
probable Dans son étude
très complète sur l’Alsace ancienne, Hanauer[26]
fournit des données très précises sur les salaires à
différente époques. Ainsi pour la Basse-Alsace à la
campagne, les valets de labour touchaient environ
200ß/an en 1631, 200 à 240ß en 1643 (moins d’éventuel
fournitures en nature comme des vêtements) et 180 à 200ß
en 1650. Une servante touchait environ 80ß/an en 1650
plus du
tissu et du linge. Quant aux journaliers, les batteurs
en grange recevaient en 1646 environ 50δ/jour (4ß) et en
1650 environ 30-40δ/jour (3ß). Ce sont des salaires
d’été ; les salaires d’hiver étaient inférieur d’un
tiers environ. Les moissonneurs recevaient en 1646
24-48δ/jour (2-4ß) et à peu près pareil en 1654. Les
faucheurs et le faneurs recevaient à peu près la même
chose. Les journaliers aussi : 24-48δ/jour en 1646
et 20-40δ/jour en 1650. On note donc une
petite baisse des salaires au sortir de la guerre. En
résumé, un salarié agricole fixe pouvait espérer 200ß/an
tandis qu’un journalier était payé 2-4ß la journée en
fonction des employeurs et du type de travail. On peut
noter que par rapport à ce type de salaire, le loyer
foncier que payait la famille Jost était assez faible.
4ß Pour la seigneurie plus 2ß 6δ pour la commune, c’est
6.5ß/an soit 3.5% du salaire annuel. A titre de
comparaison, aujourd’hui en France le salaire minimum
net est de 1 073 euros/mois. Dans le même temps le loyer
moyen est d’environ 600 euro/mois pour un 3 pièce, c.a.d
60% d’un salaire de smic. Cette grosse différence
s’explique par le fait qu’en 1650 la population de
l’Alsace était décimée. La place ne manquait pas et la
valeur des terrains était très faible. Il est aussi
possible que la famille Jost ait payée une partie de la
valeur de la ferme. Prix du pain Avant la guerre,
le blé (ou froment) se vendait suivant la saison de 20 à
40β
le rézal, c'est-à-dire le sac de 116 litres.[27]
Cela correspondait à un prix de pain blanc de 3 à 6δ la livre à
Strasbourg, un peu moins à la campagne.[28]
Quand au pain bis et pain noir à plus forte teneur en
son, ils se négociaient respectivement de 2 à 4δ la
livre pour le bis et de 1 à 2.5δ la livre pour le noir.
Enfin il y avait aussi le pain de méteil, ou pain de
ménage qui était moins cher que le pain de froment.[29]
Les familles faisaient ou achetaient le pain en miches
de 3 ou 4 livres. Si on compte environ une miche de 3
livres pour deux personnes par jour, (cad 1 livre et
demi par personne et par jour), pour nourrir 4
personnes, une
famille devait se procurer au moins deux miches par jour
et dépenser donc environ 20δ par jour en pain
bis ou 30δ par jour en pain blanc. On voit donc qu’en
temps normal, à 40δ la journée,
c’est la majeure partie du revenu qui est utilisé pour
se procurer le pain quotidien. Evidemment, en faisant
son pain soi même, le prix était plus bas (moins de 1 à
3δ par jour càd à peu près le tiers du prix boulanger du
pain blanc).[30]
Néanmoins, on voit bien que les gens pauvres étaient
quand même très dépendants du prix du pain. Durant la guerre
le prix du pain avait atteint de sommets, surtout durant
les années 30 ou le sac se négociait à plus de 100ß
voire même 140ß durant la période 1636-38. A ce prix-là
la livre de pain blanc coûtait 13δ la livre soit
80δ/jour (6.5ß) pour nourrir 4 personnes ! C’était
le temps de la disette. Heureusement les années 40
virent une décroissance constante du prix du blé et si
en 1645 le sac se négociait encore à 43ß dès l’année
suivante il était repassé aux niveaux d’avant guerre à
25ß, soit un prix du pain à moins de 4δ/livre. On
pouvait donc à nouveau envisager le futur sous de meilleurs
hospices. Malheureusement,
une fois de plus il faudra déchanter. Dès 1649, le blé
repart à la hausse. Cette année-là, l’hiver est très
froid et long mais avec des crues lors de redoux en
février. Malgré tout,
le froid va persister jusqu'à la mi-mai et les
champs, minés par le gel qui a détruit une partie des
semences, ne sont pas encore verts à la fin mai. Les
trois quart du blé est perdu, brûlé par le froid et,
comme l'été est frais et pluvieux, les récoltes sont
très mauvaises; le sac de froment se vend 33ß en 1649 et
repassera la barre des 40ß durant les deux années
suivante. Le pain était donc à nouveau à 6δ la livre. Il
faudrait donc à nouveau se serrer la ceinture. En plus
l’Alsace est touchée en même temps par d’autres
fléaux : une nouvelle épidémie de peste et puis en
1650 la rage du fait des loups et des renards qui
infestent la région. Il faut donc organiser des battues
pour chasser ces animaux. Le 5 octobre un loup furieux
attaque les porchers d'Ottmarsheim qui meurent tous de
leurs morsures. A Bantzenheim c’est aussi un grand loup
féroce qui est tué par les chasseurs. Fort heureusement
à partir de
1652 le temps redevient plus clément sauf le long du
Rhin qui subit des inondations. Néanmoins le prix du blé
baisse à nouveau pour atteindre les 35ß en 1652 et 17ß
en 1653. Il restera à des nivaux très bas en dessous de
15ß durant le reste de la décennie.[31]
Une famille
endettée Après Après la
guerre, les moyens de production sont en ruine. Les
paysans n’ont plus rien. Le bétail est considérablement
réduit à commencer par les bêtes de trait. Pourtant tout
est à reconstruire. Il faut remettre en était les
maisons, les étables et les granges. Il faut acheter des
semences, des outils et des animaux ; en un mot faire
redémarrer l’économie avec malheureusement peu de bras
disponible. En plus la valeur de terre, nous l’avons vu,
a beaucoup chuté. Tout le monde s’endette donc
considérablement, chacun à la mesure de ces capacités. A
Hochfelden les fonds sont surtout avancés par la
communauté juive. Celle-ci était présente au village de
longue date. Déjà au début du siècle, les archives font
état d’amendes et de persécutions dont fut victime la
communauté juive de Hochfelden. Après la guerre, ils se
réinstallent à nouveau au village et reprennent leur
activité usurière. Très vite le registre des litiges
communaux se remplit de plaintes et de litiges
concernant les dettes impayées faites aux juifs que
ceux-ci cherchaient à se faire rembourser.
Dans
l’établissement des litiges communaux, le registre de
l’Ambtstag régit également les amendes dont les
coupables sont jugés redevables. A ce titre,
« Barbara veuve de Michel Jost » (Michel
Josten wittib) n’est mentionnée qu’une fois, à l’occasion
d’une amende de 5ß établie durant l’Ambtstag de novembre
1658. Pour la plupart des années le registre ne donne
pas la raison des amendes, sauf pour la première année.
Pour avoir une idée de l’infraction commise par la
fautive, il faut donc se reporter aux types d’amendes
infligées en 1652. Faisons donc l’inventaire de
quelques-unes de ces amendes en commençant par les plus
importantes : Georg Ehl –
20lb : Apparemment une ancienne condamnation
reconduite. Hans N. dit le
Lorrain – 10lb: Valet actuellement à Lixhausen est
condamné pour avoir manqué à son service et par son
départ d’avoir causé grand tort au maire. Hans Arth –
6lb : reste d’une condamnation précédente de 12lb. Adam Kabs –
4lb : pour avoir vendu du mauvais vin ( ?) David, juif – 2lb
5ß : pour en avoir lancer une contre la fenêtre
d’un camarade à cause de sa femme. Daniel Seitz –
1lb 10ß : Pour avoir fait de gros dégât réprouvés
chez Adam Kalbs. Hanß Fritz – 1lb
10ß : le pêcheur a de nouveau affecté la seigneurie
en altérant l’écoulement de l’eau. Martins Hans et
la femme de Hanns Wolmans – 30ß chacun : pour avoir
proférer des invectives réprouvées et avoir perturbé la
paix. Eliasen Hanss –
1lb 10ß : même motif. Lehemann juif –
30ß [1lb 10ß] : pour ne pas vouloir faire
travailler de chevaux pour la seigneurie. Christoph
Heidman - 1lb : pour avoir abattu un grand
chêne. Lorentz Häsel - 1lb :
pour une mauvaise dispute (schlechte Zewinsts) Augustin Pfeiffer
– 1lb : pour avoir attaqué un villageois. Jean Lamarch et
La Gutture [La Couture] – 5ß chacun : pour s’être
battu. Frères Georg et
Jacob Ziller – 10ß : pour s’être battu. Jacob Ortscheid –
5ß: pour avoir donné une baffe (maulschell). Georg Walter –
5ß: pour avoir proféré des insultes proscrites contre
Jacob Ortscheid. Lorentz häsel et
Bernhard – 5ß chacun: pour s’être battu. Sur la base des
elements ci-dessus, on peut supposer que Barbara Jost a
été condamné à verser une amende de 5ß pour avoir
proférer une insulte ou quelque chose du même genre,
peut-être aux juifs du fait de leur empressement à
récupérer leurs créances.
Une amende dans la décennie ce n’est pas énorme
comparé à d’autres. Certain apparaissent très souvent.
Jean Lamarch apparait dès le début du registre pour
s’être battu avec la Couture (5ß d’amende). Par la suite
il est mentionné presque tous les ans pour des litiges
financiers ou des amendes. Le montant de ces
amendes d’ailleurs, n’était pas déterminé au hasard mais
sur la base des Règlements et Statuts du village établis
en 1512.[32]
Le règlement fixe article par article, les amendes et
peines sanctionnant les violations et transgressions
dans chaque domaine de la vie communale. Ces statuts ont
été très légèrement amendés en 1597 mais c’est seulement
en 1665 que ces statuts seraient révisés. Avant cette
date ce fut les
statuts de 1512 qui restèrent la référence même s’il est
probable que certaines amendes furent augmentées pour
tenir compte des prix du jour. En voici les grandes
lignes :[33] Commerce du vin -
Amendes liées à des infractions d’un cabaretier 30β (Débit de vin
doit être ouvert pendant au moins un an, déclarations
erronées au préposé du vin de la quantité de vin pour
calculer l’imposition, interdiction de servir plusieurs
sortes de vin et de le couper d’autre vins et eau, et
autres règles sur le service du vin) Amendes liés à la
vente du pain 6β (Prix doit
correspondre aux frais, pain mal cuit, pain blanc et
noir doivent être disponibles, approvisionnement
règlementé) Bouchers 6β (Poids inexacts,
bestiaux débités doivent être ceux des bouchers,
priorité aux client de Hochfelden, prix alignés sur ceux
de Haguenau) Bouchers qui
vendent ailleurs la viande de bétail mis en pâturage à
Hochfelden 30β Police du Marché
6β Réglé par des
coups de cloche qui donnent d’abord la priorité aux
habitants du lieu. Après la cloche les étrangers et les
revendeurs peuvent s’approvisionner. Les marchands de
sel devaient garder le prix constant durant tout le
marché et ne pas tricher sur les mesures. Délits champêtres
1β (jour) / 1lb (nuit) (Délits contre la
propriété privée ou collective. Voler des fruits,
abattre des arbres fruitiers, briser la clôture
d’autrui) Couper des
arbustes, enlever la paille, couper l’herbe d’autrui 6β Défendu d’acheter
du bétail volé. Défense de faire
passer les troupeaux sur les champs ensemencés et d’y
poser des enclos de pâturage de la saint Gall (16 oct)
d’une année à celle de l’année suivante. 10β Laisser les
chevaux sur les champs cultivés 1β Se servir comme
pacage des prairies d’autrui entre la Saint-Georges (23
avril) et la Saint-Michel (29 sept) 5β (jour) / 1 livre
(nuit) Laisser courir
les bestiaux dans le pré du voisin 1β Chevaux emmenés
paitre au pâturage des vaches Moutons emmenés
paitre dans la Hirtenweyd Les bergers ne
devaient pas conduire leur troupeau sur les communaux
appartenant aux seigneurs et d’enlever les enclos de
leurs jardins et prairies (30β) Infraction sur la
religion Se tenir durant
la messe au cimetière 1lb de cire Interdit de se
tenir sans y être autorisé dans le cœur 1lb de cire Interdit de
s’adonner aux travaux serviles le dimanche et jours de
fêtes 30β Blasphèmes et
jurements 1lb de cire (jurer, prononcer
sans gêne le nom de Dieu, impostures) Receveurs de
fabrique et aux baillis devaient intervenir contre les
contrevenants sans faute. Attaques et
insultes Celui qui dans la
colère tirait le couteau 10β Blesser avec un
couteau ou toute autre arme 30β Blesser plus
gravement : peines fixées par le bon vouloir des
officiers seigneuriaux Frapper quelqu’un
sur la bouche, jeter sur lui une cruche, un verre, un
chandelier en le blessant, lui lancer une pierre sans
que mort s’en suive, ou bien un javelot, tirer contre
lui l’arbalète 5β Traiter quelqu’un
de menteur 5β Femme accusant
une autre d’inconduite sans preuve 30β Les époux étaient
tenus de mettre leur conjointes en garde. Traiter quelqu’un
de voleur ou de parjure 5lb Amende plus
importantes pour coups et blessures le mardi, jour du
marché (8 lb) ; de même que pour des troubles au
Trinckhof, lieu public, propriété du seigneur. Conclusion : Barbara, veuve de
Michel Jost apparut dans les documents encore deux fois.
D’abord dans un contrat de novembre 1662 où Jacob
Bischbinger vend une parcelle à Hans Nysin. Cette
parcelle est décrite comme étant contigüe d’un bien de «
la veuve de Michel Jost. » Puis dans un renouvellement
de bien de 1668 [E971 – date à vérifier] où une parcelle
des Ichtratzheim est décrite comme contigüe à une
parcelle de Jacob Bischbinger et de la veuve de Michel
Jost. Mais dès 1658 donc, son fils Michel apparait dans
les documents. Comme nous allons le voir dans l’article
suivant, celui-ci se maria probablement vers 1660 et
apparait dans le registre de l’Ambstag dès 1663. Avec la
fin de Barbara et Michel le vieux s’achève la première
génération identifiée de notre famille, celle qui eut la
lourde tache de faire repartir la famille vers la
prospérité après le cataclysme de la guerre de trente
ans..
[1] « Présence
des Heydmann à Hochfelden au XVIIe siècle »
Thierry Heitmann ;
http://heidemann.chez.com/1652.html [2] Histoire de
la guerre de trente ans, 1618-1648, Volume 1 par E.
Charvériat [3] Jean Michel
Rudrauf “Le chateau de Hochfelden” in Pays d’Alsace
no236, 2011. [4] Der feldzug des jahres 1622 am Oberrhein und in Westfalen, Volumes 1-2 par Karl Reitzenstein (freiherr von.) [5] Site sur le
village de Hochfelden [à confirmer] et Rudrauf in
Pays d’Alsace 236. [6] Rudrauf,
« Pays d’Alsace » 236 [7] Reuss
« L'Alsace au dix-septième siècle » p67 [8] Reuss
« L'Alsace au dix-septième siècle » p67 [9] Reuss
« L'Alsace au dix-septième siècle » p70 [10] Walter
Chronique, p24 in « L'Alsace au dix-septième siècle
», Volume 1 par Rodolphe Reuss. p73 [11] Reuss p75 [12] Rudrauf,
Pays d’Alsace 236. [13] Rudrauf,
Pays d’Alsace 236. [14] Histoire
politique et religieuse de Haguenau, Volume 1 par
Victor Guerber [15] Reuss p87,
Guerber [16] Reuss p187 [17] Reuss p112.
Les sources de ce paragraphe viennent
presqu’exclusivement de Reuss. [18] Jean-Paul
Grasser “Histoire de Haguenau” [19] Ascagne
d’Ichtratzheim, Pays d’Alsace 72, 1970. [20] Voir
« Présence des Heydmann à Hochfelden au XVIIe
siècle », Thierry Heitmann.
http://heidemann.chez.com/1652.html [21] ABR
E968. [Lecture sommaire – a approndir] [22]
http://wingersheim.67.free.fr/Alsace/61_repeuplement_guerre_30ans.htm [23] François
Laugel,
email du 9-12-2011 : « En ce qui concerne
la parcelle 158, nous ( l'ARCHE ) avons participé
aux fouilles préventives ,et d'après le rapport de
Mme Madeleine Châtelet responsable des fouilles ,le
site a livré une fosse romaine et une occupation
médiévale du 10° au 13° ,puis remblayé et n'a plus
de construction après. » [24] « Hochfelden
lieu central et bourg fortifié », Bernhard
Metz in Pays d’Alsace 72, 1970. [25] J’ai
consulté la liasse de cette cote sans trouver le
document en question. [26] « Etudes
économiques sur l'Alsace ancienne et
moderne » Tome 2, denrées et salaires, par
Auguste Hanauer [27] Le rézal est
donc un peu plus que le hectolitre. Dans cette étude
nous utiliserons sans distinction le terme de rézal
ou sac. Quant à la livre, celle de Strasbourg valait
comme celle de Paris 489g. [28] Ces
prix sont basés sur les tables fournies par
Hanauer. Celles-ci sont malheureusement converties
en francs/hl ; il nous a donc fallut les
reconvertir dans leur unité originelle. Le prix du
pain était alors règlementé par chaque ville en
fonction d’un profit que l’on considérait
raisonnable pour le boulanger. Hanauer note qu’à
Strasbourg les prix avaient tendance à être plus
importants que dans les autres villes d’Alsace en
raison d’un rendement de blé trop faible dans le
calcul de la taxe. Les boulangers avaient donc un
plus grand profit. Cette erreur sera rectifiée au
cours de la réforme du prix du pain de 1752. On
peut donc estimer que le prix du pain était un peu
plus bas à la campagne. [29] Le méteil
est un mélange de grains composé de 2/3 de froment
et 1/3 de seigle. En semant du seigle plus rustique
avec le blé, le paysan avait plus de chance de
récolter quelque chose en cas de conditions
climatiques difficile. Le pain qui en résultait
(pain de ménage) était le pain des gens pauvres, des
soldats ou le pain de réfectoire des clercs. Le pain
de froment ou pain blanc était le pain des
officiers, des bourgeois et des jours de fêtes pour
les clercs. [30] Calculé
selon les données fournies par Hanauer. Ainsi
suivant l’exemple donné pour l’année 1699, le
rézal de froment peut fournir 51.25 livres de pain
blancs + 77.875 livres de pain bis + 56.64 livres
de pain noir. Soit 185.8 livres de pain au prix de
73*12 = 876δ le sac de blé ou 4.7δ/livre de pain.
Pour l’année 1739 (50ß/rézal) cela correspond à un
coût de 3.6δ/livre de pain. Ces chiffres sont
basés sur un rendement de 164livres de
farine/rézal de blé. Mais ce rendement n’était pas
assuré. Hanauer cite une autre mesure donnée pour
l’année 1774 qui ne parvient qu’à 138 livres de
farine/rézal de blé. Evidemment, si le boulanger
choisit de faire plus de pain blanc, le rendement
sera plus faible. Il faut aussi noter que ce coût
ne compte pas les ingrédients additionnels à
apporter au pain (sel) ni le travail à fournir et
le coût de cuisson. [31] Jean
Sébastien Beck « L'évolution du temps en
Alsace-Moselle depuis la nuit des temps » http://meteo-alsace-wimmenau.org/ [32] Série
d’articles sur Hochfelden dans Pays d’Alsace 72,
1970 [33] « Règlements
et Statuts de Hochfelden » in Pays d’Alsace
72, 1970. |
![]() Famille de paysans au XVIIe siecle Le Nain - 1640 ![]() Comte Ernst von Mansfeld ![]() Pillage durant la guerre de 30 ans ![]() Le siege de Benfeld en 1632 ![]() La misère des paysans, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François Guizot 1875 ![]() Saint Wendelin patron des bergers - 1659 Tableau offert à la chapelle de pèlerinage Saint-Wendelin en 1659 par la seconde épouse d'Ascagne Albertini d'Ichtratzheim, Anne Barbe de Wallbrunn. ![]() Mousquetaire français pendant la guerre de Trente ans. Tiré de Lostelneau, « Le mareschal de bataille (1647) ». ![]() 3 rue des bouchers – adresse la plus probable de l’ancienne maison des Jost avec la maison à gauche et la petite grange derrière. ![]() Maison actuelle au 3 rue des bouchers ![]() Emplacement alternatif de l'ancienne maison des Jost 5 rue des Boucher ![]() Steinhof - restes de pierres anciennes Photo Francois Laugel ![]() Steinhof - reste de colonne sculptee Photo Francois Laugel ![]() Clef de voûte datable du 14e siècle, d'après le traitement du visage et de la chevelure. Elle a été récupérée dans l'étable de la ferme où elle est conservée (R. O.), mais son lieu d'origine n'est pas connu. Elle pourrait provenir d'un édifice religieux détruit de Hochfelden (chapelle Saint-Maurice ?). ![]() Vieille ferme de Hochfelden 8 place du Général-Koenig ![]() La charette - Le Nain 1641 ![]() Grange du Steinhof - Arriere Photo Francois Laugel ![]() Stèle funéraire de David, fils de Moïse, de Hochfelden, décédé en 1691. ![]() Synagogue - 1841 10, 12 place du Général-Koenig Une communauté juive est attestée à Hochfelden depuis le 15e siècle. Une synagogue existait au même emplacement que l'actuelle au 18e siècle. En 1841 un nouvel édifice fut élevé aux frais de la communauté qui comptait 219 personnes. |