Michel Jost le vieux (ca1605-1657)


Etablissement à Hochfelden, une ville en ruine


 

Depuis déjà plusieurs années, j’avais repéré la présence d’une famille Jost établie à Hochfelden au XVIIe siècle. C’était même la seule famille Jost que j’avais pu déceler dans le Kochersberg à cette époque mais je n’étais jamais parvenu à établir le lien avec notre famille. Ce n’est qu’à l’automne 2010 avec la découverte de Hans Jost le vieux que le lien avec notre famille a pu être enfin établi. En effet l’acte de mariage de Hans Jost datant de 1686 indique que ce dernier est originaire de Hochfelden. Comme d’autre part les registres paroissiaux de Hochfelden antérieurs à 1679 ont été détruits, il me fallut donc consulter les archives anciennes de ce village pour espérer y trouver les antécédents de la famille Jost.

C’est en avril 2011, lors de mon passage annuel en Alsace que j’ai commencé mes recherches sur les Jost de Hochfelden. Heureusement les archives du XVIIe siècle de ce village sont assez nombreuses, en partie grâce au dépôt de la famille Albertini d’Ichtratzheim qui avait hérité de Hochfelden en fief en 1632. J’ai également bénéficié du travail très fouillé de Thierry Heitmann[1] qui m’a par ailleurs donné quelques conseils. Je profite de cet article pour l’en remercier. Dans son article sur la famille Heidmann de Hochfelden, M. Heitmann donne de nombreux détails sur les cotes qu’il a consultées ainsi que les traductions des passages intéressants ce qui m’a considérablement facilité la tache. J’ai ainsi pu rapidement retrouver la trace de notre plus ancien ancêtre découvert à ce jour, Michel Jost le vieux. Le présent article repose principalement sur les documents que j’ai pu dépouiller lors de deux passages aux archives du Bas-Rhin au printemps 2011 et 2012. J’ai ainsi trouvé plusieurs mentions de Michel Jost dans des actes datés de 1653 à 1662. J’en ai déduit qu’il est décédé en 1657 car il est mentionné directement jusqu’en mars 1657, puis à partir de décembre 1657 seulement à travers sa veuve Barbara.[a cette époque les femmes ne sont quasiment jamais mentionnées seules mais toujours en tant que « fille de » ou « femme de. »] La présence de Michel Jost à Hochfelden peut même être établie un peu avant la 1ere date mentionnée car dans une acte de 1659, il est fait référence à une dette contractée par la famille Jost et impayée depuis déjà 7 ans. On en conclut donc que Michel Jost était déjà établi à Hochfelden en 1652. C’était l’époque du repeuplement des campagnes alsaciennes après les grandes destructions de la guerre de Trente Ans.

 

 

Les affres de la guerre de Trente ans à Hochfelden et en Basse-Alsace

 

La guerre de Trente ans fut une période terrible pour notre région. Durant des années, le passage incessant des armées sur notre sol et les destructions systématiques qu’elles provoquèrent dans leur sillage, mit la région à genou et vida de ses habitants les campagnes. La quasi-totalité des villages, ruinés, fut abandonnée et les champs ne furent plus cultivés. L’Alsace se transforma en région fantôme. La guerre avait commencé en 1618, mais pour l’Alsace le calvaire débuta en 1621 avec la brusque apparition d’Ernst de Mansfeld à la tête d’une armée protestante de l’électeur palatin, Frédéric V. Mansfeld, poursuivi par l’armée catholique autrichienne du comte de Tilly s’était d’abord replié dans le Palatinat d’où il passa finalement en Basse-Alsace en novembre 1621. Il s’empara facilement de Landau, Wissembourg et le 6 décembre de Haguenau.[2] C’est là qu’il établit son quartier général. Dans les mois qui suivirent ses mercenaires pillèrent abondamment la région aux alentours, notamment le long de la Zorn jusqu’à Saverne. Il met le siège devant Saverne le 22 décembre mais la place résiste et le 5 janvier, en plein hiver il est forcé de se replier. Il se vengera en pillant toute la région avec une grande cruauté. Comme beaucoup de communes, Hochfelden devint la proie de ses soudards ce dont Léopold d’Autriche informa le duc de Bavière par une lettre du 4 janvier 1622.[3] Un état de mars 1622[4] indique que les cantonnements de deux régiments de Mansfeld étaient répartis entre Hochfelden et Brumath : Le régiment de cavalerie « Leibgarde-Regiment » et le régiment d’infanterie « Rouge-Mansfeld » (« (Rotes) Regiment Mansfeld »). On peut estimer que le régiment d’infanterie avait au moins mille hommes et le régiment de cavalerie 500 cavaliers. C’est dire que plusieurs centaines d’hommes étaient cantonnés à Hochfelden, pillant, brûlant et violant à volonté. Le château, déjà en mauvais état fut incendié de même que le moulin et une partie du bourg. L’église aussi fut dévastée. Quand aux habitants, il se saisit d’un certain nombre d’entre eux pour en obtenir une rançon et certains furent emmenés avec son armée.[5] Mansfeld était entré en Alsace avec environ 16 000 hommes mais une fois installé à Haguenau, il recruta des milliers de mercenaires qui portèrent son effectif à près de 30 000 hommes répartis un peu partout dans la région dont en plus de Brumath et Hochfelden, Oberbronn, Niederbronn, et bien sûr Haguenau qui accueillait le plus gros des contingents. Soumis aux pillages sans aucune protection les paysans ne trouvèrent de salut que dans la fuite, se cachant dans les forêts ou essayant de trouver refuge derrière les murailles des grande villes.

 

Mansfeld quitta définitivement la région en été 1622 laissant derrière lui un champ de ruines. En septembre de la même année, Hochfelden fut donné en gage pour 40 000 florins par l’archiduc d’Autriche au colonel Ascagne Albertini, officier impérial et grand bailli de Benfeld. Par ailleurs, 4000 florins supplémentaires devaient être employés pour reconstruire le château et 3000 pour le moulin. L’église Saint Pierre devait aussi  être totalement reconstruire.[6] Malgré cette épreuve, l’Alsace n’en avait pas fini avec ses souffrances. Les armées continuèrent en effet à passer sur son sol volant et pillant à volonté. Ainsi après le départ de Mansfeld, l’Empereur d’Autriche « inonda l’Alsace de troupes » qui oubliant que l’Alsace faisant encore partie de l’Empire la traitèrent en pays de conquête. Aussi en été 1624, Strasbourg se plaint auprès de l’Empereur que les soldats de Tilly « dévastaient la province sous réserve de la garder. »[7] En juin 1625, c’est le comte de Salm qui se voit obligé d’adresser des excuses à Strasbourg parce que ses soldats ont tiré sans provocation sur les habitants de Wasselonne.[8] A partir de 1629, nouvelle occupation de la province qui dut entretenir de fortes garnisons. Comme toujours, loin d’être gré à leurs hôtes de ces largesses, les soldats se comportaient comme des soudards, notamment celles du général impérial, le comte Collalto.[9] A partir de 1630, les impériaux commencèrent à craindre une intervention française et ils fortifièrent un camp près de Haguenau ainsi que dans les Vosges.

 

En 1630, l’empire était déjà en guerre civile depuis 12 ans mais c’est avec l’intervention de la Suède aux côtés des Protestants que la guerre connaitra un nouveau record jusque là inégalé de destructions et d’horreurs. Au fur et à mesure des conquêtes du roi de suède, la tension augmentait dans le camp catholique. Le chroniqueur Walter note pour l’année 1631 : « Pendant tout l’été, les passages de troupes continuèrent en Alsace ; il en venait du Nord et du Sud, Espagnols, Italiens, Lorrains et Flamands ; en août seulement il passa dix mille hommes sous les murs de Strasbourg. »[10] Et ce n’était encore qu’un début. Au fur  et à mesure de l’avancée des suédois, les impériaux se comportaient de mal en pis : « Pendant toute la première moitié de l’année 1632, les désordres causés par les troupes impériales et leurs alliés lorrains continuèrent en Alsace ; vieux soudards ou recrues, ils pillaient par tout le pays, s’attaquant même à la propriété des familles régnantes, brûlant les villages du Kochersberg. »[11]

Hochfelden était alors entre les mains des soldats impériaux du maréchal Ossa qui occupaient le château et le bourg. En février ils furent délogés par les hommes du prince de Birkenfeld, alliés des Suédois.[12] L’armée suédoise entra finalement en Alsace en août 1632 et s’attela à conquérir toutes les places fortes alsaciennes de Wissembourg au nord jusqu’à la haute Alsace (sauf Strasbourg). Hochfelden passa en septembre sous le contrôle du colonel suédois de Harpf qui y prit ses quartiers et envoya de là un ultimatum de reddition à Haguenau. Cette dernière tomba finalement le 21 décembre 1632. Les Suédois se comportèrent d’abord correctement, puis ils se mirent eux aussi au pillage après la conquête totale de la Haute-Alsace, en janvier 1633. Ils ciblèrent tout particulièrement les lieux de culte catholique qu’ils voulaient humilier et ridiculiser. A Hochfelden, de Harpf craignait une attaque des impériaux retranchés à Saverne potentiellement appuyés par les habitants catholiques de Hochfelden. Il mit alors le feu au village qui était presque entièrement dépeuplé et se retira avec ses troupes dans le château. Celui-ci eut d’ailleurs aussi à souffrir de cette occupation puisque le colonel Albertini souligna dans son testament rédigé en 1633 que le château avait été de nouveau incendié [13] (Hochfelden venait alors de lui être converti en fief héréditaire).  A partir de ce moment, les destructions en Alsace atteignirent leur comble car l’Alsace était dorénavant un champ de bataille continu entre les Suédois bien établis dans les places fortes alsaciennes et les impériaux débarquant de Bourgogne et de Lorraine (ils avaient gardé Saverne). De Plus des groupes catholiques alsaciens égorgeaient sans vergogne les détachements suédois isolés, augmentant encore leur fureur destructrice. En janvier 1633, le compte de Salm venant de Saverne réussit par un coup de main à reprendre Haguenau mais dès Juin les Suédois mirent de nouveau le siège devant la ville. En été 1633, Le duc de Lorraine voulut tenter de secourir la garnison encerclée de la ville mais les Suédois se portèrent à leur rencontre et remportèrent la victoire près de Pfaffenhoffen, ce qui provoqua de nouveaux exodes de population. La guerre dégénérait de plus en plus en une série sans fin d’escarmouches et de petits combats décentralisés au milieu des plus grands désordres et chaos général. On ne distinguait plus les soldats réguliers des brigands, mercenaires et pillards de toutes sortes qui prenaient en toute impunité ce qui leur plaisait : biens, nourriture et femmes. A la fin 1633, lorsque les Suédois levèrent le siège de Haguenau, 150 maisons étaient en ruine et le nombre des habitants réduit à un sixième du nombre d’avant guerre.[14]

 

En 1634, les Suédois commencèrent à connaitre des revers importants dans la guerre et Louis XIII, leur allié, décida que le moment était venu pour la France de s’engager plus avant dans la guerre. Aussi dès janvier 1634, il poussa ses troupes en Alsace. Saverne et Haguenau leur furent livrées en janvier 1634. Leur avance se poursuivit toute cette année et ils arrivèrent à Colmar en octobre. Mais dès octobre 1635 les impériaux revinrent mettre le siège devant Haguenau. Saverne était de nouveau tombé entre leurs mains et Ils cernaient aussi Colmar, Sélestat, Benfeld et Dachstein. Toutes ces villes étaient tenues par les Français sauf Benfeld, dernier fief suédois en Alsace. Pourtant si les Français tenaient les places fortes, les campagnes étaient sans cesse la proie des partisans de Jean de Werth ou des Lorrains qui y exécutaient de nombreux coups de main.[15] En 1636, des renforts français parvinrent à libérer la plupart de ces places et finalement en juillet Saverne tomba également entre les mains françaises. En 1637, les impériaux revinrent à nouveau en Alsace et dévastèrent les campagnes ; le général autrichien Gallas tenta de reprendre Haguenau mais il fut défait et il se replia sur Drusenheim. Dès lors, patiemment, les forces françaises parvinrent progressivement à pacifier la province et prendre le contrôle de tout le territoire alsacien. Pourtant, les impériaux et les Lorrains continuèrent leurs raids dévastateurs et même les Français, lorsqu’ils subissaient un échec en Allemagne, refluaient en désordre en Alsace créant à chaque fois le chaos à travers campagne. Au début des années 40 la situation s’améliora sensiblement mais en 1647, il y eut une nouvelle alerte au pillage lorsque les troupes protestantes de Weimar (décédé plusieurs années auparavant) se rebellèrent contre la France à Saverne et se replièrent en désordre vers le Rhin. Durant l’hiver suivant Turenne et son armée prirent leurs cantonnements en Alsace ce qui occasionna de nouvelles charges pour la population. Mazarin écrivit à son général en décembre 1647: « Je vois bien que les environs souffriront de ce logement que vous prendrez en Alsace, mais la nécessité n’a point de loy. » L’Alsace était en ruine et ce qui restait de la population n’aspirait plus qu’à la paix et à la sécurité. Il y eut néanmoins une ultime invasion par les Lorrains du duc de Lorraine qui effectua une série de razzias en Alsace en 1652. Ainsi s’achevait pour notre région la terrible guerre de Trente ans.[16]

 

 

 

L’Alsace en ruine

 

Les années 1620, on l’a vu, furent terribles pour l’Alsace mais c’est surtout avec l’invasion suédoise de 1632 que la province commença à se vider totalement de ses habitants. En 1643, un moine bénédictin suisse cheminant le long du Rhin écrivit à ses confrères du monastère de Saint-Gall : « Ce qui est certain, c'est qu'entre Strasbourg et Rouffach (sur une étendue de dix-sept à dix-huit lieues !), on ne trouve plus un seul habitant dans aucun village ; tous se sont sauvés. »[17] Encore en 1650, le pasteur d’Obermodern (13km au nord de Hochfelden) écrivit dans les registres paroissiaux que les rues du village étaient envahies à ce point par la végétation qu'on ne pouvait y circuler, ni à cheval, ni en voiture. A Oberbronn (26km au nord de Hochfelden) « pendant des années, il n'y eut plus un habitant au village ; les loups y gîtaient en toute tranquillité ». Même chose à Hohatzenheim (10km au sud-est de Hochfelden) où en 1640, il n'y a plus que deux habitants au village. Les lieux dits « Wolfgraben » (le fossé du loup) et la rue du renard datent probablement de cette époque. Ce n’est qu’en 1649 que de nouveaux registres paroissiaux voient le jour. Les registres du village voisin de Wingersheim débutés en 1638 montrent que jusqu’en 1650 la population est très peu nombreuse. Le premier mariage au village date de 1645. A Zehnacker (17km au sud-ouest de Hochfelden), en 1638, on compte encore neuf habitants, bourgeois et journaliers, plus une dizaine d'enfants ; « tout le reste a péri ». A Neuwiller (17km à l’ouest de Hochfelden), de 1633 à 1638, « sur une population de 1,600 âmes, 500 sont enlevées par la peste et la plupart des autres se disséminent au hasard. » A Printzheim (9km) en 1639, il n'y a plus que trois paysans, à Hattmatt (14km) un seul; c'est lui qui cultive les trois seuls champs de la banlieue qui ne soient point en jachères. A Imbsheim (11km), il y a encore 2 habitants, à Kirwiller aussi (8km). A Ernolsheim (19km), en 1644, on constate encore la présence de « cinq hommes et de deux femmes veuves, l'une vieille, l'autre jeune et malade, ayant été violée l'an dernier par des soldats de passage. Elle a un petit enfant et pas de père pour lui ».

 

Devant les pillages des soldats, les villageois se cachaient dans les bois où essayaient de trouver refuge dans les villes. Celles-ci néanmoins souffraient également. A Ingwiller (17km), petite ville assez florissante avant la guerre, les décès se montent à 68 en 1634, à 98 en 1635, à 220 en 1636 mais seulement à 4 en 1642. La presque totalité des habitants ayant péri ou s'étant enfuie. A Pfaffenhoffen (12km), le pasteur indique clairement dans un de ses registres qu'il a dû s'enfuir avec ses paroissiens vers Lichtenberg (en 1633) et que son retour s'est fait le 10 mars 1634. Une autre fuite s'est produite entre le 24 octobre 1635 et le 8 juillet 1637. Enfin à Haguenau (20km), la ville qui comptait 1300 bourgeois à la fin du XVIe siècle, n’en compte plus que 150 après la grande famine de 1637, 250 en 1654 et 305 en 1655. La population qui s’élevait à environ 10 000 personnes avant la guerre est d’environ 8000 en 1625 et probablement de moins de mille à la fin des hostilités. Un rapport de 1652 indique que 2000 maisons sont  inhabitables soit les deux tiers de la ville.[18]

 

Ainsi comme partout ailleurs dans la région, durant les années 1630 Hochfelden est presqu’entièrement détruit ou brûlé. « L’herbe pousse dans les rues ! » l’église est abîmée, le château et le moulin sont ruinés.  Au sortir de la guerre le village est donc entièrement à reconstruire.

 

 

La repopulation du village

 

En 1622 on l’a vu, pressé par le besoin d’argent frais pour financer la guerre, Léopold, Archiduc d’Autriche et évêque de Strasbourg avait sollicité un prêt de 40 000 florins auprès d’un de ses fidèles officiers, le colonel Ascanio Albertini d’Ichtratzheim, bailli de Benfeld. En garantie de cette somme, Léopold engagea la seigneurie et le château de Hochfelden. A partir de 1628, le colonel Albertini commença à presser l’empereur pour obtenir la conversion de l’engagement du village en titre féodal ce qu’il obtint en 1632. Ascanio Albertini s’attela alors à faire reconstruire le château mais il mourut en 1639 et le fief passa à ses héritiers, notamment ses fils François-Léopold, Francois-Robert (Franz-Ruprecht von Ichtertzheim), François-Materne, François-Louis et sa veuve Anna Barbara.[19]

 

Le village commença très probablement à se repeupler dans les années 40 avec une augmentation accrue des arrivées vers la fin de la décennie et au début des années 50. En 1652, la population est à nouveau conséquente car c’est à cette date que débute le registre des affaires judiciaires et municipales avec cession annuelle de l’Ambtstag, sorte de tribunal municipal où sont jugés tous les litiges de la commune, où sont nommés les nouveaux bourgeois et promues les différentes charges d’employé municipal comme le garde champêtre, directeur des corvées, receveur communal, etc…[20] On peut notamment mentionner parmi les villageois présents au village dès la première cession de mai 1652 Adam Kabs, Nicolas Weber, Daniel Seitz von Weyersheim, Hanß Fritz, Lorentz Schmidt, Martins Hanß, Hanß Volmers, Georg Ehl, Eliaßen Hannß, Christoph Heidmann, Johan Arth, Jacob Artschieds, Nicolas Schemburgers, Georg Walters, Jean La Marsch [Lamarche], La Gutture [Lacouture], Jacob Arbschin, Wendling Fuchs, Jacob Dischling, Lorentz Häsel, Augustin Pfeiffer, Georg et Jacob Ziller, etc… Ce sont eux en effet qui reçurent les premières amendes. On peut donc estimer que dès cette époque le village comptait au moins plusieurs centaines d’habitants. Comme on l’a vu dans l’introduction, la famille Jost était alors aussi présente au village. Elle était probablement arrivée avec le gros des villageois durant les années précédentes car une lecture rapide des renouvellements du ban de 1632 et 1648 ne mentionnent aucun Jost au village.[21]

 

Le village fut repeuplé par quatre catégories de personnes :

- les héritiers du colonel Albertini d’Intratzheim, nouveaux seigneurs du bourg qui prirent possession d’une série de propriétés, dont bien sûr le château et quelques grandes fermes comme les domaines du Steinhof et du Freiberghof.

- Des familles alsaciennes et germaniques catholiques. Certaines étaient peut-être déjà présentes avant la guerre.

- Des juifs : une population juive est déjà présente avant la guerre. Après la guerre, les juifs de Hochfelden deviendrons les créanciers principaux du village et apparaitrons très souvent dans les litiges à la fin des années 1650.

- Des immigrants français, notamment des anciens militaires. Ainsi les noms de La Couture et La Verdure font penser à des surnoms de soldats. Il y a aussi un Barbier et un haut personnage, son excellence (« Obrist ») le lieutenant Nicolas Henny. Enfin il y avait Jean Lamarche dit la Rose dont il est important de parler davantage.

 

Jean Lamarche dit « La Rose »

Jean Lamarche mariera sa fille au fils de Michel Jost vers 1660, il est donc important de parler dès maintenant de ce nouvel arrivant. Ce soldat apparait dans les registres de Haguenau de 1643 à 1649. Il est alors sergent à la garnison la ville. Durant cette période sa femme Catherine met au monde Jean-Jacques en 1643 et Antoine en 1648. A cette époque la garnison de la ville est principalement constituée par le régiment du Périgord. Celui-ci y fut présent de 1639 à 1648. Mais comme il semble que la fille de Jean, Madeleine est née avant cette date (vers 1636), je pense que ce soldat était arrivé en Alsace avant cette date. En tout cas, il arrive à Hochfelden pour s’y installer définitivement entre avril 1649 et mai 1652.

 

On peut noter d’ailleurs que la contribution des vétérans de l’armée française d’occupation à la colonisation de l’Alsace d’après guerre fut conséquente. Déjà pendant la guerre la troupe, pour améliorer l'ordinaire, semait du blé sur les terres en friches autour de ses cantonnements. A Haguenau les officiers fournissent les semences aux habitants et un observateur note en 1645 "qu'il n'y avait pas d'officiers à Colmar, Sélestat, Thann et Saverne qui n'eussent deux ou trois charrues et n'occupent les meilleures terres". De ce fait, l’intégration de beaucoup d’entre eux au sein de la population alsacienne se fit tout naturellement. En 1649 par exemple, Mazarin, licenciant la cavalerie allemande, concéda aux cavaliers des lots de terres incultes près de Brisach.[22]

 


D’où venait la famille Jost ?

Comme nous le verrons, la famille Jost était très pauvre et à ce titre il est peu probable qu’elle était native du village où en 1659 elle ne possédait qu’un ou deux lopins de terre.

 

1) Un soldat allemand ou lorrain au service de la France ?

Les registres de Haguenau mentionnent en 1647 un certain « Michel Host sergent à la garnison de la ville » et parrain du nouveau né de Hans Henrich, lui-même soldat de la garnison. Serais-ce notre Michel Jost ? Cette éventualité permettrait d’expliquer le mariage entre le fils de Michel Jost et la fille Lamarche probablement francophone. Le problème c’est que notre expérience montre que les clercs ne confondaient pas en général un H et un J. La piste d’une origine militaire est aussi suggérée par la présence dans un acte de 1662 d’un « Henri Jost soldat à Strasbourg » qui vend une parcelle à Hochfelden.

 

2) Un employé des sires d’Ichtratzheim ?

En Alsace le patronyme Jost se trouve surtout parmi les communautés protestantes au nord de la forêt de Haguenau et dans les communautés catholiques et protestantes autour de Dorlisheim (protestants à Dorlisheim, catholiques à Bischoffsheim). En 1722, meurt à Dorlisheim un certain Jean-Georges Jost dont il est dit qu’il était né vers 1645 à Hochfelden et s’était converti au protestantisme. Ce Jean-Georges Jost avait fait un mariage protestant à Dorlisheim en 1680. La présence de Jean-Georges dans une zone où il y a tant de Jost fait penser à un retour aux sources. Comme Ichtratzheim est assez proche de Dorlisheim et comme à Hochfelden il semble que les Jost travaillaient pour les sires d’Ichtratzheim, il est possible que lors de leur arrivée à Hochfelden, les Ichtratzheim amenèrent leur personnel dont les Jost auraient fait partie.

 

3) Un suisse de la région de Berne ?

La fin de la guerre de trente ans fut marquée par une forte immigration suisse. Justement, le marqueur génétique S28 présent sur le chromosome Y transmis par les hommes de notre famille est particulièrement présent en Suisse. D’autre part il se trouve aussi que le patronyme Jost se retrouve le plus fréquemment dans la région de Berne (et dans une moindre mesure dans la région de Zurich). Mais cette région est plutôt protestante.

 

 

Le terrier de 1659

 

Il existe trois terriers anciens de Hochfelden réalisés en 1578, 1659 et 1726. Comme celui de 1578 ne contient aucun Jost, c’est surtout celui de 1659 qui nous intéresse car il nous informe sur le premier domicile de la famille Jost à Hochfelden :

 

“0.5 Fröcht - Michel Josten Wittib und Erben durch abhatzung von dem Stiff Zabern versetzt – 5923

Item eine Behaussung Scheuer und Hoffstatt, ein halbe Fröcht gross einseit neben Nicklaus Henckhin anderseith zum theil neben dem Allmend zum theil neben Nicklaus Rauchen, vornen uff allmend, hinden uff den Steinhoff, gibt der herrschaft Jahrs 4β bodenzinnß, ferner der gemeind 2β 6δ bodenzinnß”

 

« Un demi froecht [environ 3.75 ares] – Veuve et héritiers de Michel Jost via l’estimation engagée par le l’abbaye de Saverne. Parcelle 5923.

Un bâtiment d’habitation, une grange et une cour de ferme d’une surface d’un demi froecht [3.75 ares]. D’un côté contre Nicolas Henckhin, de l’autre contre Nicolas Rauchen, devant sur le communal, derrière sur le Steinhoff. Donne à la seigneurie 4ß de loyer foncier annuel et aussi à la commune 2ß 6δ de loyer foncier. »

 

La seigneurie signifie les sires d’Ichtratzheim comme l’atteste l’intitulé de la parcelle 5911 « Herrschaft Schloss garten » (le jardin du château de la seigneurie), qui on le sait appartenait aux Ichtratzheim. On voit donc que la famille Jost s’était endettée sur sa ferme auprès de la commune et de la famille d’Ichtratzheim, sans doute lors de l’acquisition. C’est aussi le cas de son voisin Nicolas Henckhin le tailleur sur la parcelle 5922 qui doit payer « 2 rappen (4δ) de loyer foncier aux sires d’Ichtratzheim et 9δ à la commune ». Sauf que Henckhin a une étable ce qui n’est pas le cas de Michel Jost. Comme le métier de Michel n’est pas mentionné, il devait être probablement ouvrier agricole chez un grand propriétaire, en toute vraisemblance le Steinhoff propriété des Ichtratzheim. 

 

Il ne faut pas s’étonner de l’implication de l’abbaye de Saverne dans l’évaluation des biens car les archives témoignent que l’archiduc d’Autriche avait également fait appel à cette institution pour financer ses besoins contre des hypothèques à Hochfelden. De fait les Ichtratzheim avaient par la suite également remboursé cette abbaye.

 

 

Adresse actuelle de la maison de Michel Jost

Déterminer l’adresse exacte de la maison de Michel Jost n’est pas aisé car sur le terrier de 1659 beaucoup de rues sont sans nom, désignées simplement comme communal. Toutefois certains indices nous mettent sur la voie : la ferme des Jost se trouvait devant le domaine du Steinhoff. Or, le terrier indique que cette grande propriété de 6 arpents (acker), cad environ 30 ares était à l’extrémité est du village, contre le fossé « Kübels graben » délimitant probablement l’ancienne fortification à l’est du village devant le bois dit « Osterberg waldt ». L’Osterberg est un lieu dit toujours existant sur le cadastre moderne (parcelle 166 ou 54-55 sur le plan de 1828). Mais où se trouvait le Kubelsgraben ? Le cadastre moderne trace la limite du village à l’est des parcelles 166 et 158. Si on compare cette limite au plan de 1766, on se rend compte que c’est exactement la même limite. Il est donc tentant de voir le kubelsgraben à l’est de cette limite. D’autre part les petites parcelles à l’ouest de la rue du foyer (210 à 213 et 62 à 66) suggèrent un établissement plus récent, peut-être sur le remblai du fossé comme à l’emplacement des anciennes douves autour du château. La reconstitution du reste de la zone suggèrent aussi cet emplacement pour l’ancien fossé. Dans ce cas, à l’époque, le bois de la colline de l’Osterberg était probablement situé à l’est de la rue du foyer, au nord jusqu’à la rue de l’abbé Weissrock et au sud jusqu’à la rue du 14 juillet. Le Steinhoff occupait alors les parcelles 154, 155, 158 et 166. Ces deux dernières parcelles devaient être un jardin non bâti car dans un email, l’historien local François Laugel me confirme que la parcelle 158 sur notre plan (complexe d’immeuble situé au 5A rue du 14 juillet) était bien inoccupé en  1659.[23] Par contre les parcelles 154 et 155 sont toujours occupées par une ancienne grande ferme bourgeoise qui fut peut-être même antérieurement une ferme dimère. Autre indice, au sud du Steinhof se trouvaient plusieurs propriétés en bordure du Schiessgas, qui est la rue du 14 juillet qui menait à l’ancien champ de tir  (Schiessrein).[24] La maison Jost était donc entre la rue des Bouchers et la parcelle 155, sans doute sur la parcelle 25 et une partie de la parcelle 24 (3 rue des Bouchers) ou à côté (5 rue des Bouchers). Je penche pour le 3 rue du boucher car la description de la propriété semble confirmer l’avancée de la maison sur une partie de la rue.

 

plan cadastre




Steinhof

Steinhof aujourd'hui - Photo Francois Laugel



Les voisins

En 2012, j’ai trouvé un document très intéressant [E952] qui fournit dans un cahier une série de contrats passés à Hochfelden entre 1655 et 1670. Ce recueil est très riche en enseignements. Par exemple il s’y trouve un acte d’expertise de la propriété de Nicolas Rauschen, voisine de celle de Michel Jost :


« Nicolas Rauschen burgers zu hochfelden ist den 10 juni 1645 aus Obrigkeitlichem besteh abgeschätzt [estimé] worden, weiland [formerly] Wolffen Hannsen zugestandenes [owned] Haus, hoff, hoffstatt und garten [barré] cum pestinentis [insalubre, en ruine] in flecken Hochfelden, eins[eit] neben Michel Josten, anderseith Michel Bürkhardt, vornen uff die almend hinden uff gedachten Nicolas Rauschen selbsten. Und ist die abschatzung bestehen umb 50 R sto zugewisen [assigné, alloué] terminen Hl. Herrschaft ban bezahlt worden. »


« Le 10 juin 1645 Nicolas Rauchen bourgeois de Hochfelden a fait estimé par les autorités [un bien] précédemment détenu par Wolffen Hanssen [et comprenant] une maison, ferme avec cour et jardin en ruine dans le village de Hochfelden, avec d’un côté Michel Jost, de l’autre Michel Burkhardt, devant sur le communal derrière sur le même Nicolas Rauschen. Et cette estimation se monte à 50R assignée à être payée à maturité à l’autorité seigneuriale. »


Cette retranscription n’est pas datée mais d’après les actes voisins elle fut enregistrée en 1655. On en déduit que Michel Jost était établi dans la ferme voisine au moins depuis cette date. En consultant les autres actes de cette période, on note que les petites fermes du centre ville, plus ou moins ruinées après les troubles, valaient environ 40 à 50R. Nicolas Rauchen était donc établi dans la maison voisine au sud de Michel Jost depuis au moins 1645 et encore en 1659. Par contre au coin de la rue des bouchers et de la rue 14 juillet il y avait Michel Burkhardt en 1655 et Niclaus Rieckhardt en 1659. De l’autre côté des Jost il y avait en 1659 Niclaus Henckin qui avait acheté cette propriété le 13 décembre 1657 à Jacob Bischbinger, l’ami et partenaire de Michel Jost dont nous reparlerons.



Description des propriétés voisines

Nous nous sommes attachés jusqu’à présent à étudier les propriétés du terrier situées autour de la petite rue de l’église, c'est-à-dire à l’est de la rue de Général Leclerc, au sud de la rue des Bouchers, au nord de la rue du général Lebocq et de la rue du 14 juillet jusqu’au lieu présumé du Steinhoff. L’ancienne mairie ou salle communale (Laube) se trouvait à l’emplacement actuel de l’école des garçons au coin nord-est de la rue du général Leclerc et de la rue des Bouchers. Juste en face (au coin sud-est des mêmes rues) se trouvait la petite propriété du maire Hans Arth (métier : Beckhundt ?), à côté, au coin de la rue des Boucher et de la petite rue de l’église, Martin Cuntz le tisserand. Plus bas, au sud, entre la rue du général Leclerc et la petite rue de l’église il y a une ferme en ruine louée ou financée par la commune pour Nicolas Henny (ou Henni, ou Henning). Encore plus au sud, au bord de la rue du général Lebocq, encore une ferme appartenant à Henny.

 

La petite rue de l’église a été nommée d’après la chapelle Saint-Maurice restaurée encore en 1700 mais disparue plus tard au cours XVIIIe siècle et remplacée par une ferme. Celle-ci était tout en haut de la rue, au coin de la rue des Bouchers, en face de la ferme Cuntz. Autour, s’est à dire à côté sur la rue des bouchers et plus bas, il y avait la grande ferme de deux arpents et demi de Nicolas Henny. Une partie de la propriété était financée par la commune. Plus bas, au coin de la rue et de la rue Lebocq il y avait la ferme de Jean Lamarche. Lamarche avait aussi de l’autre côté de la rue Lebocq une parcelle avec une grande, une étable et un petit jardin. A côté de la ferme Lamarche, sur la route, il y avait une autre propriété des Sires d’Ichtratzheim et enfin au coin sud-ouest de la rue des bouchers la propriété de Georgen.

 

Au nord du Steinhof il y avait une autre grande ferme possédée par les Ichtratzheim, le Freiberghof ou Berghof qui contenait plusieurs granges « une petite tour rouge » et un grand jardin. Une partie du domaine était en ruine. Cette propriété se trouvait juste en face du Château. Lorsqu’on remontait l’avenue Leclerc vers les fortifications, le Berghof se trouvait sur la droite. A gauche (ou à l’ouest du village) se trouvaient les domaines du Trinckhof et de l’Ackerhof. Tous ces domaines éparpillés au sud du Château étaient probablement les restes parcellés de la cour domaniale originale qui faisait de Hochfelden un grand centre administratif au début du Moyen Age.

 

Plan de hochfelden

Correspondence d’une partie du terrier de 1659 avec le cadastre de 1828. Le Steihoff se trouvait probablement à l’est de la rue des Bouchers



La famille de Michel Jost

 

Comme il n’y a pas de registres paroissiaux pour cette période, il est difficile de se faire une idée sur la composition de notre famille dans les années 1650. Le fait qu’il est fait mention de « la veuve et héritiers » de Michel Jost, on peut penser qu’ils avaient plusieurs enfants. Il y avait d’abord Michel (le jeune), qui apparait au village à la génération suivante et qui était donc probablement le fils aîné. Comme nous le verrons dans l’article qui lui est consacré, il était probablement né vers 1635, ce qui implique un mariage entre Michel le vieux et Barbara quelques années plus tôt. Michel le vieux serait alors né vers 1605 et décédé peut-être vers 50 ans. En plus de Michel le jeune, le couple avait peut-être aussi un fils prénommé Hans. En effet, un Hans Jost né vers 1640-45 vivait à Mommenheim entre 1670 et 1701. Durant la guerre de Turenne, il se réfugiera à Haguenau où en 1674 naitra son fils Laurent. Il perdra deux fils, Laurent et Hans, à Mommenheim en 1695 et 1701. La parenté est suggérée par le peu de Jost dans la région, la probable pauvreté de ce Hans Jost (aucune parcelle en propre à Mommenheim) et par la popularité des prénoms Laurent et Hans dans notre famille au XVIIe et XVIIIe siècle. Un autre fils potentiel de Michel Jost est cet Henri Jost déjà mentionné, soldat à Strasbourg et qui vendit une parcelle à Hochfelden en 1662. Enfin, il y a ce Jean-Georges Jost mentionné plus haut né vers 1645 à Hochfelden et qui se mariera en 1680 avec une fille protestante de Dorlisheim. C’est tout ce qu’on peut dire pour le moment sur la famille. Les registres de décès de Hochfelden ne mentionnent aucun autre Jost (homme ou femme) qui aurait pu appartenir à cette génération.

 

 

Le métier de Michel Jost

 

Comme nous l’avons déjà dit, étant donné que le métier de Michel Jost n’est jamais mentionné, celui-ci devait être lié à l’agriculture. Une génération plus tard, son fils Michel le jeune sera qualifié d’ « Agricola », ce qui confirme cette présomption. Comme Michel le vieux n’avait pas d’étable, il ne pouvait travailler à son compte ; en effet sans cheval, pas d’exploitation.  D’après Thierry Heitmann, il existe un document (protocole du 24 octobre 1667 [ABR cote E960])[25] qui fait l’inventaire des corvéables en mentionnant le nombre de chevaux de chaque cultivateur. Il est dit que les journaliers, eux, « devront utiliser leurs bras ». Malheureusement je n’ai pas réussi à retrouver ce document. Néanmoins dans l’état actuel des recherches, le plus probable est que Michel Jost était ouvrier agricole, peut-être à l’exploitation voisine du Steinhof que possédait Francois-Robert d’Ichtratzheim. Cette grande propriété comprenait une maison, une ferme, une cour de ferme, une étable et un jardin. A côté, au nord, également le long du fossé, le Berghof appartenait à la veuve d’Ascagne d’Ichtratzheim (Barbara geboren von Wallbronn) et était géré par son autre fils François-Materne d’Ichtertzheim. Le Berghof semble avoir été en plus mauvais état que le Steinhof avec plusieurs bâtiments en ruine.

 

Dans la succession de Francois-Robert d’Ichtratzheim il est fait mention des comptes du Steinhoff et de 25 résaux de blé de recettes. Francois-Robert avait peut-être d’autres fermes que le Steinhoff. Néanmoins s’il l’on fait l’hypothèse d’un rendement de 6 quintaux/ha (valeur moyenne en 1700), ces recettes correspondent à une surface de 23ha ce qui est considérable pour l’époque.

 

Michel Jost quant à lui ne possédait comme terre agricole à lui seul qu’un seul lopin d’un demi froecht (moins de 4 ares) situé au lieu dit Galgenberg [parcelle 207, folio 211a], à l’est du village, au nord de Schwindratzheim (le Galgenberg correspond en général au lieu où était établi la potence au cours du Moyen Age). S’il cultivait du blé sur cette minuscule parcelle, cela lui rapportait 5 litres de grain (au même rendement), soit 0.04 résal, soit 0.8ß (au prix moyen de 20ß/resal. Cette parcelle ne pouvait donc fournir qu’un faible appoint à ses besoins.


En plus, il avait aussi au moins deux parcelles en co-propriété avec son partenaire Jacob Bischbinger ; l’une de 1.25 frocht rue du moulin et l’autre d’un fröcht au lieu dit « Wiltzheimer feld » (cette dernière parcelle est peut-être la même que la parcelle 217 du terrier de 1653 pour laquelle il est indiqué un demi Froecht au lieu dit « Wiltzheimer feld » [folio 5b] appartenant à « Jacob Bischbinder an Michel Jost » . Mais ces lopins sont donc aussi très petits.

La condition modeste de Michel Jost est également confirmée par le livre des comptes rendus des cessions de l’Ambtstag de 1652 à 1670. Durant cette période, pas une charge communale n’est confiée à un Jost. En comparaison, la famille Heidmann (dont le père et le fils possédaient chacun deux chevaux) se virent confier une dizaine de charges.

 

Galgenberg


Lieu-dit du Galgenberg à l’ouest de Hochfelden où la famille Jost possédait une petite parcelle


Salaire probable

 

Dans son étude très complète sur l’Alsace ancienne, Hanauer[26] fournit des données très précises sur les salaires à différente époques. Ainsi pour la Basse-Alsace à la campagne, les valets de labour touchaient environ 200ß/an en 1631, 200 à 240ß en 1643 (moins d’éventuel fournitures en nature comme des vêtements) et 180 à 200ß en 1650. Une servante touchait environ 80ß/an en 1650 plus  du tissu et du linge. Quant aux journaliers, les batteurs en grange recevaient en 1646 environ 50δ/jour (4ß) et en 1650 environ 30-40δ/jour (3ß). Ce sont des salaires d’été ; les salaires d’hiver étaient inférieur d’un tiers environ. Les moissonneurs recevaient en 1646 24-48δ/jour (2-4ß) et à peu près pareil en 1654. Les faucheurs et le faneurs recevaient à peu près la même chose. Les journaliers aussi : 24-48δ/jour en 1646 et 20-40δ/jour en 1650.

 

On note donc une petite baisse des salaires au sortir de la guerre. En résumé, un salarié agricole fixe pouvait espérer 200ß/an tandis qu’un journalier était payé 2-4ß la journée en fonction des employeurs et du type de travail. On peut noter que par rapport à ce type de salaire, le loyer foncier que payait la famille Jost était assez faible. 4ß Pour la seigneurie plus 2ß 6δ pour la commune, c’est 6.5ß/an soit 3.5% du salaire annuel. A titre de comparaison, aujourd’hui en France le salaire minimum net est de 1 073 euros/mois. Dans le même temps le loyer moyen est d’environ 600 euro/mois pour un 3 pièce, c.a.d 60% d’un salaire de smic. Cette grosse différence s’explique par le fait qu’en 1650 la population de l’Alsace était décimée. La place ne manquait pas et la valeur des terrains était très faible. Il est aussi possible que la famille Jost ait payée une partie de la valeur de la ferme.

 

 

Prix du pain

 

Avant la guerre, le blé (ou froment) se vendait suivant la saison de 20 à 40β le rézal, c'est-à-dire le sac de 116 litres.[27] Cela correspondait à un prix de pain blanc de 3 à 6δ la livre à Strasbourg, un peu moins à la campagne.[28] Quand au pain bis et pain noir à plus forte teneur en son, ils se négociaient respectivement de 2 à 4δ la livre pour le bis et de 1 à 2.5δ la livre pour le noir. Enfin il y avait aussi le pain de méteil, ou pain de ménage qui était moins cher que le pain de froment.[29] Les familles faisaient ou achetaient le pain en miches de 3 ou 4 livres. Si on compte environ une miche de 3 livres pour deux personnes par jour, (cad 1 livre et demi par personne et par jour), pour nourrir 4 personnes,  une famille devait se procurer au moins deux miches par jour et dépenser donc environ 20δ par jour en pain bis ou 30δ par jour en pain blanc. On voit donc qu’en temps normal, à 40δ la journée, c’est la majeure partie du revenu qui est utilisé pour se procurer le pain quotidien. Evidemment, en faisant son pain soi même, le prix était plus bas (moins de 1 à 3δ par jour càd à peu près le tiers du prix boulanger du pain blanc).[30] Néanmoins, on voit bien que les gens pauvres étaient quand même très dépendants du prix du pain.

Durant la guerre le prix du pain avait atteint de sommets, surtout durant les années 30 ou le sac se négociait à plus de 100ß voire même 140ß durant la période 1636-38. A ce prix-là la livre de pain blanc coûtait 13δ la livre soit 80δ/jour (6.5ß) pour nourrir 4 personnes ! C’était le temps de la disette. Heureusement les années 40 virent une décroissance constante du prix du blé et si en 1645 le sac se négociait encore à 43ß dès l’année suivante il était repassé aux niveaux d’avant guerre à 25ß, soit un prix du pain à moins de 4δ/livre. On pouvait donc à nouveau envisager le futur sous  de meilleurs hospices.

 

Malheureusement, une fois de plus il faudra déchanter. Dès 1649, le blé repart à la hausse. Cette année-là, l’hiver est très froid et long mais avec des crues lors de redoux en février. Malgré tout,  le froid va persister jusqu'à la mi-mai et les champs, minés par le gel qui a détruit une partie des semences, ne sont pas encore verts à la fin mai. Les trois quart du blé est perdu, brûlé par le froid et, comme l'été est frais et pluvieux, les récoltes sont très mauvaises; le sac de froment se vend 33ß en 1649 et repassera la barre des 40ß durant les deux années suivante. Le pain était donc à nouveau à 6δ la livre. Il faudrait donc à nouveau se serrer la ceinture. En plus l’Alsace est touchée en même temps par d’autres fléaux : une nouvelle épidémie de peste et puis en 1650 la rage du fait des loups et des renards qui infestent la région. Il faut donc organiser des battues pour chasser ces animaux. Le 5 octobre un loup furieux attaque les porchers d'Ottmarsheim qui meurent tous de leurs morsures. A Bantzenheim c’est aussi un grand loup féroce qui est tué par les chasseurs. Fort heureusement à partir  de 1652 le temps redevient plus clément sauf le long du Rhin qui subit des inondations. Néanmoins le prix du blé baisse à nouveau pour atteindre les 35ß en 1652 et 17ß en 1653. Il restera à des nivaux très bas en dessous de 15ß durant le reste de la décennie.[31]

 


Prix du pain 



Une famille endettée

 

Après Après la guerre, les moyens de production sont en ruine. Les paysans n’ont plus rien. Le bétail est considérablement réduit à commencer par les bêtes de trait. Pourtant tout est à reconstruire. Il faut remettre en était les maisons, les étables et les granges. Il faut acheter des semences, des outils et des animaux ; en un mot faire redémarrer l’économie avec malheureusement peu de bras disponible. En plus la valeur de terre, nous l’avons vu, a beaucoup chuté. Tout le monde s’endette donc considérablement, chacun à la mesure de ces capacités. A Hochfelden les fonds sont surtout avancés par la communauté juive. Celle-ci était présente au village de longue date. Déjà au début du siècle, les archives font état d’amendes et de persécutions dont fut victime la communauté juive de Hochfelden. Après la guerre, ils se réinstallent à nouveau au village et reprennent leur activité usurière. Très vite le registre des litiges communaux se remplit de plaintes et de litiges concernant les dettes impayées faites aux juifs que ceux-ci cherchaient à se faire rembourser.


La famille Jost n’échappa pas à cette tendance. On l’a vu, un acte de 1659 indique que Michel Jost avait de dettes impayées depuis 7 ans déjà, soit 1652. On peut penser que l’ouvrier agricole s’endetta principalement pour acheter des propriétés caduques à Hochfelden lors de son établissement. Au début des années 50 ses biens comprenaient :
- Un champ d’un demi Froecht en propre au lieu dit Galgenberg (parcelle 207 sur le terrier de 1653 décrite au folio 211a de l’inventaire de description des parcelles. Cette parcelle est encore mentionnée comme appartenant à la famille Jost sur un renouvellement de 1662 ; c’est probablement aussi la parcelle 934 toujours dans la famille sur le terrier de 1726)
Valeur : environ 3R.


- Un champ d’un Froecht au lieu dit Wiltzheimer Feld en partenariat avec Jacob Bischbinger (parcelle 217 du terrier décrite au folio 5b de l’inventaire de description des parcelles. Le terrier indique comme propriétaire Jacob Bischbinger pour ½ Froecht « an Michel Josten ». )
Valeur de l’ensemble : 8R en 1659


- Un champ de 1.25 fröcht rue du moulin au lieu dit « in den undersen gärtten » détenu en partenariat avec Jacob Bischbinger. Cette parcelle devait être très pauvre, peut-être rocailleuse étant donné la faible valeur.
Valeur de l’ensemble : 3R


- Sa ferme avec maison, cour, grange et jardin. Celle-ci est située rue du boucher à côté de celle de son partenaire Jacob Bischbinger (Michel Jost la possède depuis au moins 1655. Elle est encore dans la famille au XVIIIe siècle)
Valeur : 40-50R


- Un habitation sur la Landstrass (rue du général Lebocq) à côté de Jean Lamarch détenue en partenariat avec Jacob Bischbinger.
Valeur : 40R

Au total, Michel Jost possédait donc pour environ 65R de biens mais ceux-ci était sans doute largement hypothéqués. D’autre part, on constate que plusieurs de ces biens étaient détenus conjointement avec Jacob Bischbinger qui était aussi son voisin. On peut donc penser que Michel est arrivé au village avec cet ami proche. Mais dès 1657 il faut déchanter. Michel ne peut plus rembourser ses dettes. En effet, les prix agricoles très bas de cette décennie ne favorisent pas ceux qui vivent de la production céréalière. De fait, Michel Jost et Jacob Bischbinger se voient obligés de vendre plusieurs de leurs biens. Ce fut d’abord la parcelle rue du moulin qui fut vendu le 18 mars à Philipp Walter à un prix très bas:

« Den 18 mars 1657
Kauff zwischen Michel Josten und Jacob Bischbinder gegen Philipp Walters
Erschinnen Michel Jost und Barbara sein eheliche Haußfrau, und Jacob Bischbinder mit seiner ehelichen Haußfrau, bekannten in gegensein Philipp Walters und Elisabetha seiner ehelichen Hausfrau aller burger zu Hochfelden daß sie denselben uffrecht und redlichen verkaufft und zukauffen gegeben ein frocht viertzel velds in den undersen gärtten bey der Mühlen in Hochfelden bann gelegen, einseit neben Wendling Menckern den Schmidt, anderseit, neben Hanns Dusenbsen, oben uff die allmend Muhlgaß unden auch uff daß allmend so für ledig und eigen und ist der kauff zugangen, und beschehen für und umb 3R do bahr bezahlt . »

“Le 18 mars 1657
Vente entre Michel Jost et Jacob Bischbinder d’une part et Philipp Walter d’autre part.
En présence de Michel Jost et Barbara sa femme légitime, et de Jacob Bischbinder avec sa femme légitime, ont reconnu à Philippe Walter et Elisabeth sa femme légitime, tous bourgeois de Hochfelden, que les mêmes ont respectivement vendu et acheté au juste prix un champ de 1.25 froecht au lieu dit « undersen Gärtten » près du moulin dans le ban de Hochfelden, avec d’un côté Wendling Menckern le forgeron, de l’autre Hans Dusenbsen, en haut sur la rue du moulin et en bas sur le communal. La vente s’est faite, unique et en toute propriété, au prix payé de 3R. »

Puis, plus tard cette année Michel décède et c’est donc sa femme qui reprend les affaires familiales (et les dettes.) Le 13 décembre, Jacob Bischbinger vend sa ferme à Nicolas Hencking pour 124R, un bon prix par rapport aux propriétés voisines. On sait que Michel Jost est décédé à cette date car la propriété est alors située à côté « des héritiers légitimes de Michel Jost » :

« 13 décembre 1657 – Kauff zwischen Jacob Bischbinger und Niclaus Hencking [paiments 1657, 60, 61, 62]
Erschinnen Jacob Bischbinger und Maria sein ehrliche Haußfrau bekannten in gegensein Niclaus Hencken des Schneiders undt Margaretha seiner Haußfrauen, daß se denselben uffrecht und redlich verkaufft haben, hauß, hoff, hoffstatt und garten sambt allen derselben zugehort recht und gerechtigkeit, gelegen im flecken hochfelden, einseit neben dem allmend, anderseit neben Michel Jostens eel. Erben, vornen mit dem gärtlein uff gemeltes allmend… hinden uff den Steinhoff stoßend
Jacob Biesbinger vend à Niclaus Hencking das schneiders et sa femme margaretha, hauss, hoff, hoffstatt und gartlein … neben Michel Josten Seel. Erben. »

En 1658, la ferme Jost est
dorénavant gérée par Barbara, la veuve de Michel le vieux et son fils aîné Michel le jeune. Les dettes sont toujours là et les usuriers continuent à se faire de plus en plus pressants. Les trois principaux créanciers des Jost sont les juifs Lehmann, David et Hirtzel. En novembre, 1658, la cession annuelle de l’Ambstag approche et les juifs s’apprêtent à porter plainte contre Barbara. Aussi, trois jours avant l’Ambstag, la famille vend la maison qu’elle possédait en commun avec Jacob Bischbinger :

« 8/18 Nov 1658 – Kauff zwischen Jacob Bischbinger und Michel Josten und Clauß Webern.
Erschinnen Jacob Bischbinger und Michel Jost bekannten in gegensein Claus Webers zu Hochfelden, daß sie demselben uffrecht und redlichen verkauff und zukauffen gegeben ein Behaußung im flecken Hochfelden uff der Allmend landstrass einseit neben Jean Lamarch anderseit neben Georg häsel dem Metzger vornen uff die Allmend Landstrass, und hinden zum theil uff Hanns Schliriken erben und zum theil uff Jacob Bieschbinger der obgemelten verkauffer stossend… vierzig gulden
40 R. »

« 8/18 Nov 1658 – Vente entre Jacob Bischbinger et Michel Jost et Claus Weber.
En présence de Jacob Bischbinger et Michel Jost, ont reconnu à la contrepartie Claus Weber de Hochfelden, que les mêmes ont respectivement vendu et acheté au juste prix une maison dans le village de Hochfelden sur la Landstrass, avec d’un côté Jean Lamarch, de l’autre Georg Häsel le boucher, devant sur la Landstrass et derrière en partie à côté des héritiers de Hans Schliriken et en partie à côté de Jacob Bischbinger le vendeur. Prix de vente : 40R. »

Nous ne savons pas si Michel (le jeune) toucha la moitié du prix ou une autre portion. Toujours est-il que cette vente apportait des liquidités à la famille à la veille de l’Ambstag qui s’annonçait difficile pour elle. Lors de cette séance, comme prévu, les créditeurs se manifestèrent. Le juif Lehman porta plainte pour se faire rembourser une dette de 3lb 10ß cad 7R :

«Donnerstags den 11/21 Nov anno 1658
Lehemann Jud contra Michel Josten Wittib clagt 3lb 10β. Ille ist nur 2lb gestandig.
Erkannt soll belegten zwischen hier vor Weynachsten 1lb 4ß 2δ und den rest ubers Jahr bezahlen aber wochentlich von Jedem gulden 1 halber in Zins geben.
Ist bezhalt. »

« Jeudi le 11/21 Nov de l’année 1658
Lehemann juif porte plainte contre la veuve de Michel Jost pour 3lb 10ß. Celle-ci ne reconnait que 2lb. L’avouée doit réserver entre maintenant et Noël 1lb 4ß 2δ et le reste doit être payé dans l’année mais chaque semaine sur chaque florin la moitié doit être payé en intérêt.
[Mention dans la marge:] payé. »

Barbara ne reconnut donc qu’une partie de la dette. Le tribunal trancha et lui ordonna de payer 2.5R avant Noël ce qui fut apparemment fait, grâce probablement à la vente de la maison sur la Landstrass. Le juif David porta plainte à la même cession pour se faire rembourser 2lb 16ß 8δ, soit un peu moins de 6R :

“David jud contra enntem. [entnehmende] Ist erkannt, dass bestagten ann 2lb 16ß 8δ.
Zwischen hier und Weynachtten 1lb 8β 4δ. Der rest ubers jahr bezhalen; ander wochentheil von jedem gulden 1 halber zinss [intérêts] geben.”

« David juif contre le [même] emprunteur, il lui est reconnu qu’il lui est du 2lb 16ß 8δ.
Entre maintenant et Noël 1lb 8ß 4δ. Le reste doit être payé dans l’année ; chaque fin de semaine sur chaque florin la moitié doit être payée en intérêts. »

Cette dette fut probablement payée aussi car David n’apparait plus parmi les plaignants par la suite. Mais il restait encore des dettes impayées dont il faudrait s’acquitter l’année suivante. Cette année-là Barbara se remaria avec Hanns Georg Otyhs. En novembre, Jacob Bischbinger et Barbara durent céder leur parcelle d’un froecht au « Wilsenheimer Feld » pour 8lbs pour payer une dîme impayée :

« 3/13 nov 1659 - Ein cession expedirt
Erschiennen Jacob Bischbinder und Michel Josten Wittib anitzo Hannß Georg otyhs Haußfrau bekannten in beysein obgemolter heyligen schaffner [garde, portier] daß sie dem heyligen zu bezahlung schuldiger 8lbs capital mit gebühr ver wihrschafft [wirtchaft] bergfrohne [dime] übergeben ein fröcht veldts in Veld von der Wilsenßheim uff dem bann weg einseit neben St Walburg zu Haguenau, anderseit neben Berhtoldt Sehnüzehls erben oben uff dem Herrenberg unden uff den Stiß. »

Puis au cours de l’Ambstag la famille dut faire face à de nouvelles plaintes. Le juif Hirtzel voulait être remboursé pour une dette impayée depuis 7 ans :

“[Nov 1659]
Hirtzel der Jud contra Michel Josten Wittib clagt 3lb 5β sambt Interesse von Sieben Jahren pittet zahlung. Ille seye Ihr für diβmaln ohnnuglich zuzahlen.
Habe uff abschlag der zinnβ ein fertl. Moltzer per 12β zahlt und 10β mit fuhrlohn abckordiert.
Erkannt soll beilagte beneben 5β am capital noch 7β landlaüffig Interesse in 14 tagen sodann daβ capital uff Martini 1660 und 1661 jedesmals 3R sambt gebührenden zinnβ bezahlen.”

« [1659]
Hirtzel le juif porte plainte contre la veuve de Michel Jost pour 3lb 5ß incluant les intérêts de sept ans sans paiement. Celle-ci doit pour cette fois payer sans délai.
Ai accordé en avance des intérêts un résal de méteil pour un montant de 12ß et 10ß avec les frais de voiturage.
Avouée doit en plus de ce qui précède 5ß sur le capital et 7ß sur les intérêts en usage dans le pays dans 14 jours de sorte que le capital sera payé à la Saint-Martin 1660 et 1661 à raison à chaque fois de 3R incluant les intérêts dus »

Cet acte montre que la famille Jost était alors à cours de moyens puisqu’elle n’avait plus pour payer ses dettes qu’un peu de grain. A la même cession le juif Lehman qui s’était déjà plaint l’année précédente repartit à la charge avec en prime le litige toujours en suspens sur le montant de la dette.

“[Nov 1659]
Lehemann Jud contra Michel Josten Wittib erholt bescheid vom 11/21 Nov 1658. Weilen sie nichts bezhalt, und über dieß noch 13β für fleisch schuldig worden, daß zusammen 4lb 3β zu thun pitt fer zahlung. Ill erinnert nicht dass sie so viel schuldig zudener habe Ihr itziger Mann gegen forderung.
Erkannt soll zwischen hier und weynachten 1lb 13β ohne zins. Die Rest werden 2lb 10β uff Martini sambt den zins zu zahlen schuldig sein.
Der Ubrigen soll sich Ihr mann mit dem Jud in beisein deß Schultheiss begleichen”


« [Nov 1659]
Lehemann juif contre la veuve de Michel Jost s’en remet à la décision du 11/21 Nov 1658, étant donné qu’elle n’a rien payé et sur ce montant est encore redevable de 13ß pour la viande ce qui porte l’ensemble [de la dette] à 4lb 3ß à faire payer. Celle-ci ne croit pas qu’elle est redevable d'un tel montant, de plus son mari actuel présente une contre-requête.
L’avoué doit payer entre maintenant et Noël 1lb 13ß sans intérêt. Le reste 2lb 10ß devra être payé à la Saint-Martin incluant les intérêts redevables.
En outre, son mari actuel devra conclure un accord avec le Juif, en présence du prévôt (pour le règlement de cette affaire).»

Ses dernières dettes furent probablement réglées et l’affaire finalement réglée car la famille n’apparait plus durant les années suivantes dans les plaintes de dettes impayées. La famille avait donc réglé ses problèmes de liquidité mais au prix fort. Il ne lui restait qu’une parcelle et la petite ferme de la rue des bouchers.

 


Amendes

 

Dans l’établissement des litiges communaux, le registre de l’Ambtstag régit également les amendes dont les coupables sont jugés redevables. A ce titre, « Barbara veuve de Michel Jost » (Michel Josten wittib) n’est mentionnée qu’une fois,  à l’occasion d’une amende de 5ß établie durant l’Ambtstag de novembre 1658. Pour la plupart des années le registre ne donne pas la raison des amendes, sauf pour la première année. Pour avoir une idée de l’infraction commise par la fautive, il faut donc se reporter aux types d’amendes infligées en 1652. Faisons donc l’inventaire de quelques-unes de ces amendes en commençant par les plus importantes :

 

Georg Ehl – 20lb : Apparemment une ancienne condamnation reconduite.

Hans N. dit le Lorrain – 10lb: Valet actuellement à Lixhausen est condamné pour avoir manqué à son service et par son départ d’avoir causé grand tort au maire.

Hans Arth – 6lb : reste d’une condamnation précédente de 12lb.

Adam Kabs – 4lb : pour avoir vendu du mauvais vin ( ?)

David, juif – 2lb 5ß : pour en avoir lancer une contre la fenêtre d’un camarade à cause de sa femme.

Daniel Seitz – 1lb 10ß : Pour avoir fait de gros dégât réprouvés chez Adam Kalbs.

Hanß Fritz – 1lb 10ß : le pêcheur a de nouveau affecté la seigneurie en altérant l’écoulement de l’eau.

Martins Hans et la femme de Hanns Wolmans – 30ß chacun : pour avoir proférer des invectives réprouvées et avoir perturbé la paix.

Eliasen Hanss – 1lb 10ß : même motif.

Lehemann juif – 30ß [1lb 10ß] : pour ne pas vouloir faire travailler de chevaux pour la seigneurie.

Christoph Heidman  - 1lb : pour avoir abattu un grand chêne.

Lorentz Häsel  - 1lb : pour une mauvaise dispute (schlechte Zewinsts)

Augustin Pfeiffer – 1lb : pour avoir attaqué un villageois.

Jean Lamarch et La Gutture [La Couture] – 5ß chacun : pour s’être battu.

Frères Georg et Jacob Ziller – 10ß : pour s’être battu.

Jacob Ortscheid – 5ß: pour avoir donné une baffe (maulschell).

Georg Walter – 5ß: pour avoir proféré des insultes proscrites contre Jacob Ortscheid.

Lorentz häsel et Bernhard – 5ß chacun: pour s’être battu.

 

Sur la base des elements ci-dessus, on peut supposer que Barbara Jost a été condamné à verser une amende de 5ß pour avoir proférer une insulte ou quelque chose du même genre, peut-être aux juifs du fait de leur empressement à récupérer leurs créances.  Une amende dans la décennie ce n’est pas énorme comparé à d’autres. Certain apparaissent très souvent. Jean Lamarch apparait dès le début du registre pour s’être battu avec la Couture (5ß d’amende). Par la suite il est mentionné presque tous les ans pour des litiges financiers ou des amendes.

Le montant de ces amendes d’ailleurs, n’était pas déterminé au hasard mais sur la base des Règlements et Statuts du village établis en 1512.[32] Le règlement fixe article par article, les amendes et peines sanctionnant les violations et transgressions dans chaque domaine de la vie communale. Ces statuts ont été très légèrement amendés en 1597 mais c’est seulement en 1665 que ces statuts seraient révisés. Avant cette date ce fut  les statuts de 1512 qui restèrent la référence même s’il est probable que certaines amendes furent augmentées pour tenir compte des prix du jour. En voici les grandes lignes :[33]

 

Commerce du vin - Amendes liées à des infractions d’un cabaretier 30β

(Débit de vin doit être ouvert pendant au moins un an, déclarations erronées au préposé du vin de la quantité de vin pour calculer l’imposition, interdiction de servir plusieurs sortes de vin et de le couper d’autre vins et eau, et autres règles sur le service du vin)

 

Amendes liés à la vente du pain 6β

(Prix doit correspondre aux frais, pain mal cuit, pain blanc et noir doivent être disponibles, approvisionnement règlementé)

 

Bouchers 6β

(Poids inexacts, bestiaux débités doivent être ceux des bouchers, priorité aux client de Hochfelden, prix alignés sur ceux de Haguenau)

Bouchers qui vendent ailleurs la viande de bétail mis en pâturage à Hochfelden 30β

 

Police du Marché 6β

Réglé par des coups de cloche qui donnent d’abord la priorité aux habitants du lieu. Après la cloche les étrangers et les revendeurs peuvent s’approvisionner. Les marchands de sel devaient garder le prix constant durant tout le marché et ne pas tricher sur les mesures.

 

Délits champêtres 1β (jour) / 1lb (nuit)

(Délits contre la propriété privée ou collective. Voler des fruits, abattre des arbres fruitiers, briser la clôture d’autrui)

Couper des arbustes, enlever la paille, couper l’herbe d’autrui 6β

Défendu d’acheter du bétail volé.

Défense de faire passer les troupeaux sur les champs ensemencés et d’y poser des enclos de pâturage de la saint Gall (16 oct) d’une année à celle de l’année suivante. 10β

Laisser les chevaux sur les champs cultivés 1β

Se servir comme pacage des prairies d’autrui entre la Saint-Georges (23 avril) et la Saint-Michel (29 sept) 5β (jour) / 1 livre (nuit)

Laisser courir les bestiaux dans le pré du voisin 1β

Chevaux emmenés paitre au pâturage des vaches

Moutons emmenés paitre dans la Hirtenweyd

Les bergers ne devaient pas conduire leur troupeau sur les communaux appartenant aux seigneurs et d’enlever les enclos de leurs jardins et prairies (30β)

 

Infraction sur la religion

Se tenir durant la messe au cimetière 1lb de cire

Interdit de se tenir sans y être autorisé dans le cœur 1lb de cire

Interdit de s’adonner aux travaux serviles le dimanche et jours de fêtes 30β

 

Blasphèmes et jurements 1lb de cire

(jurer, prononcer sans gêne le nom de Dieu, impostures)

Receveurs de fabrique et aux baillis devaient intervenir contre les contrevenants sans faute.

 

Attaques et insultes

Celui qui dans la colère tirait le couteau 10β

Blesser avec un couteau ou toute autre arme 30β

Blesser plus gravement : peines fixées par le bon vouloir des officiers seigneuriaux

Frapper quelqu’un sur la bouche, jeter sur lui une cruche, un verre, un chandelier en le blessant, lui lancer une pierre sans que mort s’en suive, ou bien un javelot, tirer contre lui l’arbalète 5β

Traiter quelqu’un de menteur 5β

Femme accusant une autre d’inconduite sans preuve 30β

Les époux étaient tenus de mettre leur conjointes en garde.

Traiter quelqu’un de voleur ou de parjure 5lb

Amende plus importantes pour coups et blessures le mardi, jour du marché (8 lb) ; de même que pour des troubles au Trinckhof, lieu public, propriété du seigneur.

 

Conclusion :

Barbara, veuve de Michel Jost apparut dans les documents encore deux fois. D’abord dans un contrat de novembre 1662 où Jacob Bischbinger vend une parcelle à Hans Nysin. Cette parcelle est décrite comme étant contigüe d’un bien de « la veuve de Michel Jost. » Puis dans un renouvellement de bien de 1668 [E971 – date à vérifier] où une parcelle des Ichtratzheim est décrite comme contigüe à une parcelle de Jacob Bischbinger et de la veuve de Michel Jost. Mais dès 1658 donc, son fils Michel apparait dans les documents. Comme nous allons le voir dans l’article suivant, celui-ci se maria probablement vers 1660 et apparait dans le registre de l’Ambstag dès 1663. Avec la fin de Barbara et Michel le vieux s’achève la première génération identifiée de notre famille, celle qui eut la lourde tache de faire repartir la famille vers la prospérité après le cataclysme de la guerre de trente ans..

 

 
Annexe


Impasse des garçons et rue des bouchers à travers les siècles


coorespondance rue des bouchers





[1] « Présence des Heydmann à Hochfelden au XVIIe siècle » Thierry Heitmann ; http://heidemann.chez.com/1652.html

[2] Histoire de la guerre de trente ans, 1618-1648, Volume 1 par E. Charvériat

[3] Jean Michel Rudrauf “Le chateau de Hochfelden” in Pays d’Alsace no236, 2011.

[4] Der feldzug des jahres 1622 am Oberrhein und in Westfalen, Volumes 1-2 par Karl Reitzenstein (freiherr von.)

[5] Site sur le village de Hochfelden [à confirmer] et Rudrauf in Pays d’Alsace 236.

[6] Rudrauf, « Pays d’Alsace » 236

[7] Reuss « L'Alsace au dix-septième siècle » p67

[8] Reuss « L'Alsace au dix-septième siècle » p67

[9] Reuss « L'Alsace au dix-septième siècle » p70

[10] Walter Chronique, p24 in « L'Alsace au dix-septième siècle », Volume 1 par Rodolphe Reuss. p73

[11] Reuss p75

[12] Rudrauf, Pays d’Alsace 236.

[13] Rudrauf, Pays d’Alsace 236.

[14] Histoire politique et religieuse de Haguenau, Volume 1 par Victor Guerber

[15] Reuss p87, Guerber

[16] Reuss p187

[17] Reuss p112. Les sources de ce paragraphe viennent presqu’exclusivement de Reuss.

[18] Jean-Paul Grasser “Histoire de Haguenau”

[19] Ascagne d’Ichtratzheim, Pays d’Alsace 72, 1970.

[20] Voir « Présence des Heydmann à Hochfelden au XVIIe siècle », Thierry Heitmann. http://heidemann.chez.com/1652.html

[21] ABR E968. [Lecture sommaire – a approndir]

[22] http://wingersheim.67.free.fr/Alsace/61_repeuplement_guerre_30ans.htm

[23]    François Laugel, email du 9-12-2011 : « En ce qui concerne la parcelle 158, nous ( l'ARCHE ) avons participé aux fouilles préventives ,et d'après le rapport de Mme Madeleine Châtelet responsable des fouilles ,le site a livré une fosse romaine et une occupation médiévale du 10° au 13° ,puis remblayé et n'a plus de construction après. »

[24] « Hochfelden lieu central et bourg fortifié », Bernhard Metz in Pays d’Alsace 72, 1970.

[25] J’ai consulté la liasse de cette cote sans trouver le document en question.

[26] « Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderne » Tome 2, denrées et salaires, par Auguste Hanauer

[27] Le rézal est donc un peu plus que le hectolitre. Dans cette étude nous utiliserons sans distinction le terme de rézal ou sac. Quant à la livre, celle de Strasbourg valait comme celle de Paris 489g.

[28] Ces prix sont basés sur les tables fournies par Hanauer. Celles-ci sont malheureusement converties en francs/hl ; il nous a donc fallut les reconvertir dans leur unité originelle. Le prix du pain était alors règlementé par chaque ville en fonction d’un profit que l’on considérait raisonnable pour le boulanger. Hanauer note qu’à Strasbourg les prix avaient tendance à être plus importants que dans les autres villes d’Alsace en raison d’un rendement de blé trop faible dans le calcul de la taxe. Les boulangers avaient donc un plus grand profit. Cette erreur sera rectifiée au cours de la réforme du prix du pain de 1752. On peut donc estimer que le prix du pain était un peu plus bas à la campagne.

[29] Le méteil est un mélange de grains composé de 2/3 de froment et 1/3 de seigle. En semant du seigle plus rustique avec le blé, le paysan avait plus de chance de récolter quelque chose en cas de conditions climatiques difficile. Le pain qui en résultait (pain de ménage) était le pain des gens pauvres, des soldats ou le pain de réfectoire des clercs. Le pain de froment ou pain blanc était le pain des officiers, des bourgeois et des jours de fêtes pour les clercs.

[30] Calculé selon les données fournies par Hanauer. Ainsi suivant l’exemple donné pour l’année 1699, le rézal de froment peut fournir 51.25 livres de pain blancs + 77.875 livres de pain bis + 56.64 livres de pain noir. Soit 185.8 livres de pain au prix de 73*12 = 876δ le sac de blé ou 4.7δ/livre de pain. Pour l’année 1739 (50ß/rézal) cela correspond à un coût de 3.6δ/livre de pain. Ces chiffres sont basés sur un rendement de 164livres de farine/rézal de blé. Mais ce rendement n’était pas assuré. Hanauer cite une autre mesure donnée pour l’année 1774 qui ne parvient qu’à 138 livres de farine/rézal de blé. Evidemment, si le boulanger choisit de faire plus de pain blanc, le rendement sera plus faible. Il faut aussi noter que ce coût ne compte pas les ingrédients additionnels à apporter au pain (sel) ni le travail à fournir et le coût de cuisson.

[31] Jean Sébastien Beck « L'évolution du temps en Alsace-Moselle depuis la nuit des temps »  http://meteo-alsace-wimmenau.org/

[32] Série d’articles sur Hochfelden dans Pays d’Alsace 72, 1970

[33] « Règlements et Statuts de Hochfelden » in Pays d’Alsace 72, 1970.


Famille de paysans au XVIIe siecle

Famille de paysans au XVIIe siecle
Le Nain - 1640













Mansfeld

Comte Ernst von Mansfeld















pillage

Pillage durant la guerre de 30 ans
















Le siege de Benfeld

Le siege de Benfeld en 1632





























misere
                  des paysans

La misère des paysans, gravure issue de l'ouvrage Histoire de France, par François Guizot 1875


























Saint
                  Wendelin

Saint Wendelin patron des bergers - 1659
Tableau offert à la chapelle de pèlerinage Saint-Wendelin en 1659 par
la seconde épouse d'Ascagne Albertini d'Ichtratzheim, Anne Barbe de Wallbrunn.










Mousquetaire

Mousquetaire français pendant la guerre de Trente ans. Tiré de Lostelneau, « Le mareschal de bataille (1647) ».




















Jost - 3
                  rue des bouchers
    3 rue des bouchers – adresse la plus probable de l’ancienne maison des Jost avec la maison à gauche et la petite grange derrière.


3 rue
                  des bouchers
Maison actuelle au 3 rue des bouchers


5 rue
                  des bouchers
Emplacement alternatif de l'ancienne maison des Jost 5 rue des Boucher



Steinhof
Steinhof - restes de pierres anciennes
Photo Francois Laugel

Steinhof
Steinhof - reste de colonne sculptee
Photo Francois Laugel




Saint-Maurice

Clef de voûte datable du 14e siècle, d'après le traitement du visage et de la chevelure. Elle a été récupérée dans l'étable de la ferme où elle est conservée (R. O.), mais son lieu d'origine n'est pas connu. Elle pourrait provenir d'un édifice religieux détruit de Hochfelden (chapelle Saint-Maurice ?).









Ferme

Vieille ferme de Hochfelden
8 place du Général-Koenig





















La
                  Charette

La charette - Le Nain 1641









Steinhof

Grange du Steinhof - Arriere
Photo Francois Laugel


























































































































































































David

Stèle funéraire de David, fils de Moïse, de Hochfelden, décédé en 1691.












synagogue

Synagogue - 1841
10, 12 place du Général-Koenig
Une communauté juive est attestée à Hochfelden depuis le 15e siècle. Une synagogue existait au même emplacement que l'actuelle au 18e siècle. En 1841 un nouvel édifice fut élevé aux frais de la communauté qui comptait 219 personnes.