Andreas  Jost  (ca1749-1809)

La fin du temps de l’errance


La première trace d’André Jost dans les documents date de son mariage en 1773. Le 15 février, Andres Jost, fils du berger (« gardien de bétail ») de Donnenheim Lorenz Jost, se marie avec Barbara Weber, fille d’un journalier de Bilwisheim, Georg Weber. La mère de Barbara, Barbara Diebold était la fille d’un tonnelier-violoniste de Hohatzenheim.

 

« Hodie Decima Quinta die mensia Februarii anni Millesimi Septimgentisimi

 Septuagesimi Tertii, tribus in Eclesia Parochiati in Wingersheim proint nobis per Litterass Testimoniata a Mr. Domino Josepho Wandheimer modo dicto Eclesia Parochialia admini pratore Sub data dici decima tertia hujusia mensia et anni constitit, publica factis a null detecto impedimento Canonico aut Civiti a ma infra Scripto Vicario in Rumersheim et Bilwisheim provice recep mutuo partium consensu Sairo matrimonii Vinculo conjugum sunt Andreas Jost, Laurentii Jost ovium Pastoris et Maria Keller Conjugum legitimorum Commorantium in Donnenheim Solutias filina, et Maria Barbara Weber, Georgii Weber et Barbara Diebold civium et Conjugum commorantium in hoc loco Soluta filia. Adfuerunt Testes Laurentius Jost Pater Sponsi, supranominatus Pater Sponsa Georgius Weber, Antonius Jost frater sponsi et Michael Keller sponsa avmento

Signent : Andres Jost, Antoni Jost, Michael Keller

Signent d’une croix : Sponsa, Laurentii Jost… »

 

On note qu’Andreas sait signer son nom, de même que son frère Antoine et son oncle de Bilwisheim Michel Keller. Par contre l’épouse et Laurent Jost signent d’une croix.

 

 

Passage temporaire au Meyerhof de Baumgarten ?

 

C’est seulement le 15 mai 1774 à la naissance du premier enfant qu’on apprend qu’Andreas est tisseur de lin (« lini textoris ») et qu’il habite alors à Bilwisheim. Il a donc déménagé dans le village de sa femme mais où habitait-il auparavant ? D’après la tradition orale de la famille Jost,[1] « avant d’arriver à Bilwisheim, la famille habitait au Meyerhof, dans les champs, aux environs de Donnenheim ». Ce domaine n’existe plus mais il reste un lieu-dit Meyerfeld, juste à côté de l’ancien domaine de Baumgarten. De plus à l’époque, le domaine de Baumgarten était le seul aux environs de Donnenheim qui correspondait à cette description. D’ailleurs dans les registres de baptême de Wingersheim, on trouve en date du 9 mai 1801 le texte de la consécration ( ?) de la nouvelle église de Donnenheim dédiée à St Bernard et héritière de l’ancienne chapelle disparue de Baumgarten. Dans ce texte, Baumgarten est mentionné plusieurs fois sous le terme : « in dem Meyerhof Baumgarten ». L’origine de Baumgarten était très ancienne. Propriété des templiers au XIIIe siècle, Ancienne ferme dimaire, propriété de l’abbaye cistertine de Neubourg, le domaine abrite au XVIIe et XVIIIe siècle la paroisse de Donnenheim avec sa chapelle où sont célébrées des messes périodiques ainsi que les baptêmes, mariages et décès de la commune qui n’avait pas d’église. Dans les registres paroissiaux, les curés font toujours la différence entre les paroissiens habitant Donnenheim et ceux habitant Baumgarten. Laurent Jost et sa famille sont toujours mentionnés comme résidant à Donnenheim,[2] sauf en 1772, où dans l’acte de mariage de leur fils Antoine, Laurent est dit « habitant à Donnenheim mais séjournant temporairement à Bilwisheim» :  

 

« Antonius Jost, Laurentii Jost et Maria Keller conjugum Incolarium in Donnenheim commorantium Solutum filium a tempore in Bilwisheim filiati nostra Eclesia Commoranta dimisi ad Rev.d Dnum Meyer parochum in Oberschaeffolsheim »

 

Ce déménagement temporaire était probablement la conséquence de la crise de 1770-1771 où les mauvaises récoltes conduisirent à la famine. Le berger de Donnenheim dut donc probablement se déplacer au village voisin pour trouver d’autres sources de revenu. On a vu que la maison du berger disparait à Donnenheim entre 1761 et 1775, probablement trop délabrée. Mais il reste un berger qui touche toujours en 1775 une indemnité de logement. On peut donc imaginer que la famille quitta la Hirtenhaus ruinée de Donnenheim pour louer un logement au domaine de Baumgarten qui devait aussi avoir des animaux à garder. D’ailleurs le domaine était prêt du ruisseau communal bordé de pâturages.  La gestion de la ferme  de Baumgarten pour le compte des moines  de Neubourg était depuis la fin de la guerre de Trente ans entre les mains de la famille Hoenen. Après Jean Hoenen et George Hoenen le vieux, Georges Hoenen le jeune « Meyer zu Baumgarten » décéda en 1764. Son gendre Mathias Gras reprend la position de Meyer mais il décède dès 1772. Sa veuve Anne-Marie ne se remariera qu’en 1779. Le domaine passe finalement à son frère Laurent Hoenen qui lui se marie en 1775.

 

Si Laurent Jost séjourna à Baumgarten ce fut donc grosso modo durant la gestion de Mathias Gras, après quoi il serait parti à Bilwisheim. Il retournera néanmoins un temps à Donnenheim (entre mai 1772 et février 1773) avant de s’établir définitement à Bilwisheim entre 1776 et 1779. Mais en l’absence de trace écrite, le passage à Baumgarten reste au stade de conjecture. Quant à Andreas Jost, s’étant marié en février 1773, il ne retourna probablement pas à Donnenheim et aura donc quitté Baumgarten pour s’établir définitivement à Bilwisheim, d’où la tradition orale.

 

Baumgarten

1-1770 : sepulta est in Saullo [sacello?] B[eatissimae]. Virginis in loco Baumgarten sito ; filia Leonardi Amann molitoris et gertrudis ei conjugum civium in molina Baumgartensi vulgo Münchmühl.

3-1770: Mort de Jean Gras fils de Mathias Gras civis et Agricola in Donenheim; sepultus est in Saulo B.V in Baumgarten.

Nov 1770 – sepulta est in cometerio im capela oratoria in Baumgarten

Dec 1770 – Sepultus fuit in Saulla B.M.V. in Baumgarten ; testes Nicolas Speich venator in Baumgarten.

 

 

Baumgarten



 

Bilwisheim à la fin du XVIIIe siècle

 

Le village de Bilwisheim est bâti sur le flanc d’une colline dont l’église constitue l’extrémité nord-est. Tout en bas, coule le ruisseau Mühlgraben qui vient de Hohatzenheim et qui se jette à l’est dans le canal de la Marne au Rhin. Au Moyen Age, le village abritait une famille noble mentionnée dès le XIIIe siècle. En 1263 les sires de Bilwisheim Dietrich et Erbe se portent garants pour la libération des chevaliers Pierre de Berstett et Burchard de Gimbrett faits prisonniers lors de la défaite de Hausbergen. La famille est mentionnée jusqu’en 1458. Elle habitait un château mentionné quant à lui en 1388. D’après l’historien Wolff,[3] il resterait de ce château  quelques traces de la chapelle dans l’église actuelle, à savoir la base de sa tour. En effet cette église reconstruite en 1838, fut bâtie sur le site de l’ancienne chapelle Saint-Etienne dite parfois chapelle du château.

 

Le ban du village était essentiellement fait de terres agricoles où on cultivait notamment le chanvre et le lin. Au nord-est du ban se trouve un peu de vignes et de pâturages. Il y a aussi des prés le long du fossé communal. Le village ne semble pas avoir été bâti sur une voie ancienne importante. Il semble plutôt s’être développé au pied de son château médieval. Le fossé-aux-loups en était probablement sa limite nord, et le ruisseau Muchmühl sa limite sud.

 

La fête patronale de Saint-Etienne était importante pour les villageois comme en témoigne les nombreux enfants de Bilwisheim baptisés de ce prénom. D’après une tante éloignée, cette fête était célébrée au village le 1er dimanche d’août. Lorsque je m’étonnai que cette fête n’eût pas lieu le 26 décembre, elle me répondit que c’était « l’autre Saint-Etienne » qui était célébré en août. Après quelques recherches, j’ai pu constater que deux autres Saint-Etienne étaient célébrés en août : Saint Etienne de Hongrie (+1038) célébré le 16 août, et Saint Etienne 1er, pape et martyr (+257) célébré le 2 août. Enfin on célèbre aussi le 2 août la translation des reliques de Saint-Etienne, le premier martyr de la chrétienté. Il n’est donc pas complètement évidemment de deviner quelle était l’origine du saint patron de Bilwisheim.

 


Ban de Bilwisheim

        Ban de Bilwisheim - 1760

 

Tisserand à Bilwisheim                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

On a vu dans le chapitre précédent qu’Andrès Jost était né vers 1749 peut-être à Hochsett. Il a ensuite déménagé avec ses parents vers 1756 d’abord à Hohatzenheim puis à Donnenheim où son père était le berger communal. A Donnenheim les deux frères ont du se rendre à l’école communale car ils savaient signer leur nom. Finalement Andrès et Antoine Jost deviendront tisserands. Ce changement de métier après trois générations de bergers est sans doute la conséquence du déclin de la profession  pastorale (les derniers actes de la confrérie, on l’a vu, datent des années 1760) et de l’influence de l’oncle Michel Keller, tisserand et notable de Bilwisheim (il est souvent appelé comme témoin dans les actes de la paroisse).[4] Michel Keller avait d’ailleurs un autre neveu Mathis Keller de Mommenheim qui lui aussi deviendra tisserand à Bilwisheim.[5]

 

Antoine et Andrès Jost étaient sans doute apprentis chez Michel Keller avant de pouvoir s’établir à leur propre compte.  La région de Donnenheim et Bilwisheim était alors réputée pour la culture du lin qui était récolté et filé dans presque toutes les fermes. Ceux qui avaient un métier à tisser, pouvaient le tisser et vendre les textiles sur les marchés locaux de Brumath, Haguenau et Strasbourg. De tous temps, l’Alsace produisait en abondance le lin et le chanvre[6] mais jusque vers les années 1760, il n’y avait pas d’industrie textile en France et les produits se confectionnaient et se vendaient localement. En 1759 un sieur Ghassan de Séléstat écrivit à l'Intendant que « chez nous [en Alsace] les habitants se livraient principalement à l'agriculture et ne filaient les matières textiles qu'accessoirement. N'y ayant point de manufacture, du moins pas considérable, dans la province, disait-il, leurs ouvrages se réduisent à fournir des laines filées aux bonnetiers, à quelques tisserands en laine, et surtout à la fabrication des toiles et linges dont les habitants, qui sont en grand nombre, ont besoin dans leurs ménages, même à une espèce d'étoffe, moitié laine, moitié fil, appelée Halblein dont le commun s'habille.».[7] La filature mécanique essayée dès 1767 ne s’introduisit en Alsace qu’en 1803 et n’employa la vapeur qu’à partir de 1812 mais même après cette date le lin et le chanvre continuèrent à être filer à la main. A l’époque d’Andrès et d’Antoine Jost le tissage était donc exclusivement manuel sur de petits métiers à domicile. Dans le val de Sainte-Marie par exemple, une quantité de particuliers étaient propriétaires de métiers à tisser, et par conséquent pouvaient louer leurs services à tel entrepreneur de manufacture, comme on appelait alors les fabricants, compter au nombre de ses ouvriers, et demeurer néanmoins chez eux. La manufacture de colon Picot de Cernay occupait, en 1788, 17 tisserands en toile de colon, dont 3 seulement travaillaient dans la  fabrique en janvier 1788. La maison Hussmann frères de Bolhviller, n'avait que 47 métiers à la fabrique et en occupait 112 dans les villages environnants.

 

A en croire un rapport de 1787, la région entre Sélestat et Haguenau donnait à elle seule tous les ans de 25 à 30 000 quintaux de chanvre. L’industrie Strasbourgeoise en absorbait à elle seule environ 10 000. Le reste était consommé à Bischwiller, Brumath et Haguenau. L’Alsace fournissait alors aussi les pays voisins.[8] Les étoupes de chanvre étaient filées et se vendaient aux tisserands qui en faisaient de la toile d’emballage et de mèches de chandelles. C’était là surtout l’industrie de Plobsheim, d’Illkirch et d’Eschau. Quant au lin, il servait toujours pour tisser le linge de corps et de belles nappes. Les 100 livres de lin ou de chanvre coutaient à Strasbourg les prix suivants:

 

                Lin fin                    commun              Chanvre fin         Commun

1764       176lbs                   78lbs                      79lbs                      52lbs

1767       174lbs                   70lbs                      78lbs                      48lbs

 

 

A la campagne, la matière première était en général filée par la mère au rouet puis le fil était tissé par le père tisserand. A titre de comparaison, les fileuses qui travaillaient dans des manufactures filaient en général une livre de lin ou une livre et demi de chanvre par jour. Le salaire d’une fileuse était d’environ 96 deniers par livre[9] soit 8 sous.[10] Dans les manufactures on blanchissait le fil. En 1770, le blanchissage d’une livre de fil était payé 16.5δ soit environ 1.4ß.[11] Les fileuses et les blanchisseuses étaient donc payées moins bien que les journaliers.

 

 

Confrérie des tisserands[12]

 

Comme beaucoup de métiers, les tisserands formaient des corporations qui ont leur fête à une date déterminée (par exemple St Ulrich sur les terres de l’évêché), leur chefs élus, leurs visiteurs, leur caisse commune, alimentée par des amendes, par des droits d’inscription et des cotisations fixes (Saverne : Maître 2ß par an, compagnon 1δ par semaine). Pour être admis au chef-d’œuvre, il faut avoir fait un apprentissage de trois ans, voyagé pendant trois ans et travaillé deux ans chez un maître du pays. A Saverne, le chef-d’œuvre comprend :

-              Une pièce de double toile de Cologne à 12 marches et 2400 fils de 6 quarts de largeur.

-              16 aunes de treillis à 4 marches et 2400 fils

-              16 aunes de droguet à 5 marches et 1300 fils, d’une aune de largeur.

 

Les fils de maître celui qui épousait la fille ou la veuve d’un maître étaient dispensés de deux de ces trois épreuves. On diminuait aussi en leur faveur la durée des voyages et la quotité des frais de réception.

 

Tout tissu était visité. S’il présentait un défaut, l’ouvrier payait 1ß d’amende, 2δ par fil rompu de la longueur d’une aune ; si l’ensemble était défectueux, on le coupait aux frais du tisserand. A Landser, les visiteurs réglaient le salaire « d’accord avec le bailli, selon la qualité du fil, sa grosseur, etc. » Là l’habitant est « libre de porter son fil  hors du baillage où bon luy semblera, soit dans une ville ou dans dans d’autres endroits, ce qui sera en tous temps permis à un chacun de faire. » Mais à Saverne, il est dit au contraire que les bourgeois ne feront pas travailler au dehors, et que des étrangers ne pourront travailler pour bailliage. Ajoutez à cela la défense d’avoir plus de trois métiers, d’embaucher les ouvriers d’un confrère, de lui enlever ses pratiques, et vous connaitrez dans ses détails la législation des tisserands.

 


Rémunération du tissage

 

Toutefois dans les petits villages de campagne à la fin du XVIIIe siècle on peut douter que les tisserands faisaient partie de la corporation même si Michel Keller était déjà le fils d’un tisserand. Dans le village, l’industrie de la toile est d’abord domestique; ceux qui s’y emploient sont de petits propriétaires, des fermiers (qui souvent font travailler leurs domestiques), des journaliers qui fabriquent la toile pendant les mois de chômage.  Chaque village avait ses tisserands qui pourvoiyaient aux besoins de la population en toiles diverses destinées a la confection de vêtements, de linge de saison, de sacs à grain, d'emballages, de bâches etc.

 

D’après Hanauer, le tissage des maitres tisserands était payé dans les proportions suivantes :

 

1781 : 1 aune de toile se paie 6.5 sous.

1785 : 1 ele de toile de chanvre se paie 2 sous, 1 ele treillis 2.4 sous.

 

C'est-à-dire après conversion[13] le mètre de toile de lin se paie environ 24δ ou 2ß, le mètre de treillis 14δ  et le mètre de toile de chanvre 11δ. Or dans une journée de travail (12 à 14 heures) un tisserand peut produire 4 à 6 aunes de tissu selon sa largeur, la grosseur des fils et la qualité recherchée[14] soit 3 à 5 mètres de toile. On arrive donc à des salaires journaliers de 4 à 8ß en fonction de la matière filée. Ceci est comparable aux chiffres qu’on trouve dans la littérature. Ainsi d’après Henri Sée, les plus favorisés des compagnons, des ouvriers qualifiés des villes, peuvent gagner 40 sous par jour (10ß) mais la moyenne ne dépasse pas 20 ou 25 sous (5 à 6ß). En Bretagne les salaires étaient particulièrement bas puisqu’un un tisserand ne reçoit guère plus de 10 à 12 sous (3ß), une fileuse 5 à 6 sous (1.5ß).[15]

 

Pour ceux qui vendent directement leurs produits, le prix du tissu pratiqué par l’Hôpital de Strasbourg vers 1780 est de 6ß l’Ele de toile soit 12ß le mètre, soit 48ß pour la production journalière d’un tisserand mais celui-ci doit alors retirer le prix de la matière première à moins qu’il possède la terre pour cultiver le chanvre et le lin.

 

 

Le noyau familial

 

Andreas Jost et Barbara Weber auront sept enfants :

 

15-5-74: Baptême de Francois-Antoine; André signe son nom.

4-10-75: Baptême de Francois-Michel; parrain fils du forgeron; marraine fille de paysan.

1-1-78: Baptême de Xavier André; parrain agriculteur; marraine fille de forgeron.

25-2-79: Baptême de Stephan: parrain Michel Keller; marraine Barbara jost, sœur d’André. Seuls André et Michel signent leur nom

20-5-82: Baptême de Jean (décède le 22-8-1783); parrain Mathis Keller originaire de Mommenheim (cousin d’André qui déménagea à Bilwisheim).

6-7-84: Baptême de Jacques; parrain agriculteur, marraine : femme de Mathis Keller.

3-4-86: Baptême de Marie Catherine: parrain Mathis Keller, marraine d’une famille d’agriculteurs.

 

On voie donc que les liens avec la famille Keller restent fort, aussi bien avec l’oncle Michel qu’avec le cousin Mathis. La famille Jost de Bilwisheim établit aussi des liens avec les familles d’agriculteurs, c'est-à-dire les villageois qui vivent de leurs terres. En 1776, Georges Weber décède. Les témoins sont André Jost, Laurent Diebold de Hohatzenheim et Laurent Jost de Donnenheim. Vers 1779, les parents Laurent et Marie Jost viennent s’établir définitivement à Bilwisheim, probablement chez leur fils André. En 1783, la sœur d’André Barbara, journalière à Bilwisheim, se marie avec un cordonnier d’Oberbrechthal dans le diocèse de Constance. Le couple s’installe à Bilwisheim. La même année Mathis Keller se marie lui aussi et s’installe à Bilwisheim comme tisserand, probablement chez son oncle Michel Keller qui décède en 1786. (André et Mathis sont les témoins).

 

Durant les années 1780, Barbara Jost est souvent marraine.[16] Mathis Keller lui, apparait quelquefois comme parrain. Quant à André et sa femme Barbara il faut attendre 1790 pour les voir enfin figuré parmi les parrain-marraine. C’est donc seulement vers cette période, que la famille commence à être reconnue au village.

 

 

La ferme et les terres

 

La commune de Bilwisheim fait partie des rares communes ayant conservé à la mairie un cadastre de 1791. Ce cadastre avait sans doute pour but de faire un état des possessions après la première vente de biens nationaux en 1790. Un décret de l'Assemblée constituante avait déclaré le 2 novembre 1789 que les biens du clergé étaient « mis à la disposition de la Nation » (cathédrales, églises, chapitres, biens et bien-fonds des paroisses, des ordres monastiques et des communautés religieuses). En décembre, de nouveaux décrets mettaient en vente les biens du clergé et le domaine de la Couronne, jusqu’à la limite de 400 millions de livres. En Alsace, la vente des biens nationaux commença en mars 1790 mais il rencontra une vive opposition. En mai, alors qu’un nouveau décret fixait les modalités de vente des biens nationaux aux particuliers (enchères tenues dans les chefs-lieux de districts, le prix de vente payable en 12 ans, le morcellement des biens est préconisé), en Alsace le député Reubell dut avouer : « Dans la Basse-Alsace, on a déjà recueilli 15000, dans la Haute-Alsace, 6000 signatures de paysans » hostiles à l’opération. Le clergé catholique avait demandé aux fidèles de ne pas acheter des biens spoliés. Beaucoup de terres ne trouvèrent donc pas d’acquéreur par les paysans catholiques par contre les protestants et les juifs s’en portèrent souvent acquéreurs. Les biens du chapitre protestant Saint-Thomas et ceux de l’œuvre Notre-Dame furent exemptés de la vente.

 

La vente de ces biens ne devait donc pas changer fondamentalement les possessions des paysans catholiques mais à la lecture du cadastre de Bilwisheim on est surpris des possessions d’André Jost, 18 ans après son arrivée au village alors que ses parents n’avaient pas de terres et qu’il s’était marié avec la fille d’un journalier. En 1791 il est le propriétaire de 15 parcelles. D’abord il y a sa ferme rue basse qui est encore la propriété de la famille Jost aujourd’hui. Sur le cadastre c’est  la propriété no 15:

 

« Andres Jost sein Hofstatt und garden zu Bilsheim gehoerdens frauenhauss in Strasbourg»

 

« André Jost, sa ferme et jardin à Bilwisheim appartenant à l’œuvre Notre Dame à Strasbourg »

 

En 1791, André était donc soit locataire soit plus probablement propriétaire avec un prêt à rembourser à l’œuvre Notre Dame qui on l’a vu était exempté de la saisie de 1790.  Le prêt ne sera pas encore remboursé en 1802 lors de l’établissement du contrat de mariage du fils. Cette ferme comportait une maison, une grange et une étable pour les quelques animaux de la famille mentionnés dans le contrat de mariage de 1802. Derrière (c'est-à-dire au sud, en aval de la propriété), il y avait un petit jardin et derrière le jardin un verger qui donnait sur le ruisseau communal (Muhlgraben). Par contre la famille n’avait pas la terre de l’autre côté du ruisseau, celle-ci était aux Keller. Le total de la  propriété faisait un demi-acre (akher) soit environ 10 ares.

 

Voisins

Les deux fermes à l’ouest, celle de Antoine Bastian (n16) et Michel Herrman (n17) sont aussi entravés de prêts à l’œuvre Notre Dame. Les trois fermes devaient donc  faire partie à l’origine d’un domaine unique. Encore plus à l’ouest, au coin de la rue principale il y avait la ferme de Mathis Keller (n18), sans hypothèque, qui était probablement celle de Michel Keller. Mathis possédait aussi le grand jardin au sud du fossé (parcelle 154). A l’est des Jost il y avait un grand verger puis la ferme Arbogast (n14).

 

En face les fermes Rheinbolt, Herringer et Koehren (emplacement exact à vérifier sur le plan du cadastre.)

 

Extrait du cadastre 1791                                                                                                                                no

Lorentz Koehren hoffplatz und hochgarden                                                                                        11

Antoini Herringer hoffplatz und garden                                                                                                 12

Antoni Rheinbolt hoffplatz und garden                                                                                                  13

Stephan Arbogast hoffplatz und garden                                                                                                 14

Andres Jost sein Hofstatt und garden gehordens frauenhaus in Strassburg                           15

Antoine Bastian sein hoffstatt und garden gehordt ins frauenhauss in Strassburg              16

Michel Herrman sein hoffstatt undgarden gehord ins frauenhauss in Strassburg                17

Mathis keller hoffstatt und baumgarten                                                                                                18

 

Terres

D’après le cadastre, André possédait donc 14 parcelles dont deux en commun avec Bastian Rheinbolt. Les parcelles ne sont pas décrites et on ne sait donc pas où elles sont si ce n’est dans les sections a,b,c (le village étant dans la section d).[17] On sait que les parcelles étaient des champs et non des vignes ou des pâturages (Il y avait des vignes au nord-est du ban de Bilwisheim et des prés le long du fossé où coulait le ruisseau communal au sud du village). On sait aussi qu’en moyenne les parcelles faisaient un demi-acre (acker) ou 10 ares et qu’au total Andres possédait environ 9 acres ou 1.78 ha. Ceci est assez considérable pour un petit tisserand et cela pourrait être suffisant pour se mettre à son compte comme agriculteur sauf qu’Andrès ne devait pas avoir d’animaux de trait (ni chevaux ni bœufs) et il ne pouvait donc espérer faire fructifier son bien ni prendre d’autres terres en fermage.[18]

 

 

Terres de Andreas Jost



La révolution

 

En avril 1792, la France déclare la guerre à l’Autriche. C’est le début d’une nouvelle phase de la révolution qui va apporter des changements drastiques en Alsace. Ce même mois, la ville de Strasbourg passa aux jacobins alors en pleine croisade contre les prêtres réfractaires. Dans les communes rurales,  les maires sont remplacés par des « agents municipaux » favorables au nouveau régime comme à Hohatzenheim où Antoine Lobstein fut nommé en juin 1792. A Bilwisheim les registres paroissiaux continuent à être tenus encore pendant quelques mois par le Père Arbogast « parochio in Rumersheim et annexia » (curé de Rumersheim et de son annexe) mais s’arrêtent en octobre 1792, date probable de l’exil du curé.

 

Mais c’est à l’automne 1793 que l’Alsace va se retrouver au premier plan de l’attention révolutionnaire.  Le 13 octobre les Autrichiens s’emparèrent de Wissembourg et l’armée du Rhin dut se replier en désordre vers Strasbourg. Bientôt l’avant-garde ennemie arriva à Haguenau qui tomba à son tour le 17 octobre. Le lendemain, le général Wurmser établit son quartier général à Brumath. Pendant ce temps plus à l’ouest, les Autrichiens du général Hotze prenaient Bouxwiller, Neuwiller, Dossenheim et Steinburg et menaçaient Saverne. Les troupes de Condé s’étaient repliées à Hochfelden et Mommenheim. Le 23, les Autrichiens attaquèrent Saverne mais ils ne réussirent pas à s’en emparer. Enfin à la mi-novembre, les armées du Rhin et de la Moselle furent réunies sous le commandement du général Hoche qui lança la contre-attaque qui allait peu à peu dégager la région.

 

En entrant en Alsace du Nord, les troupes autrichiennes avaient été acclamées par la population. Aussi lorsque sonna l’heure de la retraite, beaucoup d’Alsaciens craignirent les représailles des républicains et décidèrent de suivre les Autrichiens sur la voie de l’exil.  De ce fait, l'armée autrichienne emmena avec elle entre 40 000 et 50 000 Alsaciens, surtout des catholiques. Cet épisode fut appelé la "grande fuite". Un habitant sur trois entre Wissembourg et Haguenau préféra ainsi l'exil plutôt que de subir le joug français et la terreur révolutionnaire.

 

L’émigration commença dès la seconde moitié de novembre 1793 lorsque les Français se rapprochèrent de Bouxwiller. Le représentant du peuple, JB Lacoste écrivait le 24 novembre 1793 de Bouxwiller au comité : « la seule mesure à prendre est guillotiner le quart des habitants de cette contrée et de ne conserver que ceux qui ont pris une part active à la révolution, chasser le surplus et séquestrer leurs biens. »

 

Une circulaire aux directoires du district datée du 27 novembre 1793 indique :[19]

« Nous sommes instruits que dans les communes voisines des positions de l’ennemi et notamment dans les communes évacuées, plusieurs individus ont quitté leurs foyers pour se ranger du côté de l’ennemi. Ces traitres sont déclarés traitres par la loi ; il est urgent d’envoyer sur le champ des commissaires patriotes et intelligents dans ces communes pour apposer les scellés et confisquer au profit de la république les effets de ses scélérats. »

 

Le 7 décembre première doléance de Laurent Ostwald de Rumersheim qui expose que son fils Antoine ayant quitté le village pour aller voir un frère malade à Haguenau n’est pas revenu. Mais il demande que ses propriétés ne soient pas mises sous séquestre.

 

22 frimaire an II [12 décembre 1793]: la quantité « des effets des fuyards qui on suivi les troupes ennemies » est déjà si grande et « sujette à dépérissement » par suite du manque d’emplacements suffisants que le Directoire, vu « la modicité de leur valeur », ordonne qu’ils seront mis en vente au plus offrant, par devant Ignace Walter, commissaire. »

 

Dans le courant de décembre [1793], on vit une foule immense prise d’une folle panique fuir ses foyer à l’approche des Français et suivre dans un indicible pêle-mêle les régiments coalisés qui battaient en retraite. Au 6 mars 1794, les membres du directoire du Bas-Rhin écrivent dans une lettre qu’ « une criminelle terreur mise à l’ordre du jour dans ces contrées [ ] a fait fuir presque tous les habitants ; on en comte déjà près de 50 000 de tout sexe, de tout âge qui se sont réfugiés sur la terre de l’esclavage. »

 

Parmi ceux qui décidèrent de rester, Certains, comme l’ancien maire de Hohatzenheim Nicolas Blaise sont dénoncés aux autorités comme traitres. Nicolas Blaise fut jugé coupable et guillotiné le 6 janvier 1794 dans son village.

 

A Bilwisheim, la liste des émigrés comporte 19 noms soit 8% des 228 habitants :

 

Alter Jean

Andres Jean

Arbogast Michel

Bastian Antoine

Dollinger Joseph

Floch Christine

Gins Joseph

Gras Jacques

Jost Antoine

Maug André

Meyer Georges

Moser Joseph

Raymond Louis

Reinbold Catherine

Riehl Thiébaut

Weckel Etienne

Weckel Georges

Werling Christine

Werling Martin

 

Comme il y avait alors une quarantaine de familles à Bilwisheim l’émigration toucha en moyenne une famille sur deux ce qui était considérable. Il faut dire qu’à partir de Brumath l’accès au Rhin est relativement aisé : Geudertheim, Weyersheim, Gambsheim et le pont du Rhin jusqu’à Freistett. Moins d’une trentaine de kilomètres. Dans la famille Jost, Antoine le fils ainé d’André de 19 ans décida de partir. Il est très probable que les autres membres de la famille partagèrent les mêmes idées. Antoine n’apparait plus au village par la suite. Parmi les voisins on note que Michel Arbogast, Antoine Bastian  et Catherine Reinbold font également partie de la liste par contre la famille Keller n’est pas concernée.

 

 

Puis dans les mois suivants, beaucoup reviennent dans leurs villages et racontent des histoires rocambolesques pour pouvoir retrouver leurs biens :

 

9 vendemiaire an III [30 septembre 1794]: « Michel Hatt de Wingersheim a été enlevé par deux hussards autrichiens pendant qu’il était occupé à faire moudre des grains au moulin dit Münch-mühl. »

 

En octobre 1794, c’est Nicolas Hoenen qui réapparait à Hohatzenheim. Il veut reprendre son bien et clame son innocence. Le suspect est alors interrogé le 1er novembre 1794 par le tribunal révolutionnaire à Haguenau qui rapporte son histoire : lors de la retraite de l’ennemi se trouvant en corvée à Brumath il aurait été contraint à charger des effets, de les conduire à  Fort Libre et de la à Diersheim en Allemagne; qu’ayant été détenu pendant quatre à cinq semaines il a été mis en liberté, est tombé malade dans un village nommé Renchen ; qu’ensuite il a travaillé, après avoir vendu son cheval est allé de temps à autre sur les rives du Rhin pour essayer de le passer, qu’enfin il a trouvé l’occasion de revenir ainsi que George Reinbold de Wingersheim. Il sera finalement libéré.

 

Par la suite, la pression révolutionnaire décroit mais restera présente. Ainsi encore Le 26 avril 1799 « un habitant de Bilwisheim, présumé émigré, fut conduit immédiatement comme tel à Strasbourg » alors qu’il avait été arrêté lors d’une messe interdite à Hohatzenheim dite par des « prêtres réfractaires ennemis jurés de la République. » Faute d’avoir pu appréhender les principaux « coupables » le département dut se borner à fermer à tout culte l’église « où s’était formé le rassemblement fanatique ».

 

Le zèle républicain à cette époque se porta surtout contre les agents municipaux, les secrétaires et autres subalternes qui refusent d’appliquer les lois de discrimination contre la religion et les prêtres réfractaire. Le 16 thermidor de l’an VII [3 août 1799] l’agent municipal de Bilwisheim est suspendu comme partisan « des prêtres réfractaires », celui de Mittelschaeffolsheim « parce qu’il n’est pas dans les principes républicains », celui de Mommenheim « parce que ce vieillard n’a ni la force ni la bonne volonté nécessaires pour faire exécuter les lois, notamment celles contre les prêtres réfractaires, émigrés, réquisitionnaires… qui trouvent dans la commune un asile assuré. »

 

En 1800, la Population de Bilwisheim n’est encore que de 216 habitants soit 12 habitants de moins qu’en 1793 ce qui montre que la plupart des émigrés ne sont toujours pas rentrés. Il faudra attendre 1801 pour voir enfin la liberté de culte rétablie en France et les registres paroissiaux reprendre à Bilwisheim.

 

Fin de vie

 

Lorsque le concordat fut établi en France mettant ainsi fait aux désordres révolutionnaires, André Jost a environ 50 ans. Il est difficile de dire quelle fut l’évolution des biens de la famille durant les années de la révolution car à ce jour je n’ai pu trouver son inventaire après décès mais une comparaison entre le terrier de 1790 et celui 1820, montre qu’en 1820, les propriétés encore au nom d’André et ceux au nom de ses fils Etienne et Xavier sont  au nombre de 18, soit deux de plus que les propriétés d’André en 1791. Le terrier de 1791 n’identifie pas les parcelles mais en comparant leurs surfaces, les parcelles entre les deux terriers correspondent globalement avec deux parcelles supplémentaires en 1820, de 28 et 29 ares au nom de Xavier et André. On en déduit que les bien d’André Jost furent plus ou moins les même entre 1791 et sa mort.

 

Décès

Barbara Jost, la sœur d’André, est décédée le 24 floréal de l’an IX [14 mai 1801]. André est mort le 18 mai 1809. Barbara Weber, sa femme, décéda le 30 janvier 1813. Le déclarant était son gendre Thibaut Reinbold journalier, mari de Marie-Catherine Jost. Mathis Keller, quant à lui décèda le 26 février 1830.

 

 

Document notariés :

 

Enregistrement Brumath 3Q5252 (vol 35)              Avr 1809-Sep 1809                           pas d’inventaire

Enregistrement Brumath 3Q5253 (vol 36)              8 sep 1809-21/7/1810

 

Enregistrement sous seing privé 3Q5743                 22/4/1808-9/7/09

                                                                   3Q5744                 10/7/09-31/8/10


 



[1] Témoignage de Philibert Jost, qu’il tenait de son père Eugène.

[2] Laurent Jost est cité comme résident à Donnenheim dans des actes de 1757, 1758, 1773 et 1776.

[3] Felix Wolff, Elsässisches Burgen-Lexikon, Frankfurt/Main 1979

[4] Michel Keller est souvent parrain (1747, 48, 67-2x, 69-2x, 71, 74-3x, 75, 77, 79, 80, 81, 82, 84-2x); Sa femme Barbara Hartnaegel aussi marraine (1757, 59, 62, 74, 78) signe d’une croix.

[5] Mathis Keller était le fils de Hans Keller, fils aîné de Thomas Keller de Mommenheim.

[6] Hanauer “Etudes Economiques sur l’Alsace ancienne et modern - Tome 2 denrées et salaires.”

[7] [A. H. A., 1118, C] in Charles Hoffmann « L'Alsace au dix-huitième siècle », Volume 1 p454

[8] Hanauer p446.

[9] Hanauer

[10] 1ß valait 4 sous (français). 8 sous valaient donc 2ß.

[11] L’Alsace au XVIIIe siècle.

[12] Hanauer p457

[13] 1 ele = 54cm ; L'aune du tisserand valait 30 pouces soit : 0,812 mètre.

[14] Référence : dictionnaire encyclopédique Larousse de la fin du XIXème siècle.

[15] “La France économique et sociale au XVIIIe siècle” par HENRI SÉE, Professeur honoraire à l’Université de Rennes

[16] Barbara Jost marraine en 1779, 1781(2x), 1783, 1784.  Mathis Keller parrain en (1783, 84, 89, 90). André parrain en 1790. Barbara Weber Marraine en 1791. Antoine fils d’André Jost parrain en 1790.

[17] Malheureusement ces sections ne correspondent pas au plan du cadastre de 1820.

[18] Les parcelles font de 5 à 25 ares. Certaines pages son arrachées et on ne peut lire la contenance mais on a établi une comparaison avec les parcelles de son fils et établi ainsi une correspondance.

[19] Rodolphe Reuss “La grande fuite”


Interieur tisserand XVIIe
                  siecle

Intérieur d’un tisserand au XVIIe siècle









Baumgarten
                au XVIIIe siecle

Extraits de plans de 1698 montrant Donnenheim, Baumgarten et le bois de l’abbaye de Neubourg. Celui de droite, postérieur au premier, est visiblement dessiné avec davantage de soins apportés aux détails. On distingue une grande ferme constitué d’un logis, de deux bâtiments annexes avec une chapelle au centre, le tout entouré d’un mur de fortification.
ABR E1704














Baumgarten en 1760

Donnenheim et Baumgarten en 1760











Eglise de Bilwisheim

Eglise Saint Etienne de Bilwisheim
































Tisserand au XVIIIe siecle

Tisserand et fileuse au XVIIIe siecle





















Fileur XVIIIe siecle

Nettoyage de la laine brute























Tisserand

















Vieille ferme Bilwisheim

Ferme construite en 1776
(date sur le poteau cornier du logis)
Bilwisheim










Bilwisheimen 1760


Bilwisheim - plan de 1760












Cadastre de Bilwisheim

Untergass - Bilwisheim
Habitants du cadastre de 1791
placés sur le cadastre de 1820
(11,12,13 : emplacement approximatif)














Arbre de la liberte

Arbre de la Liberté en Alsace













































Bilwisheim - Croix à niche gravée d'un I.H.S.
                  Et datée 1712

Croix à niche gravée d'un I.H.S.
Datée 1712
Bilwisheim




























Calvaire Bilwisheim 1718

Calvaire de 1718
Bilwisheim