s’Schultze


3 rue des roses


La famille Weinling (ou Winlin avant le 17e siècle) est mentionnée dans les cartulaires de biens à Pfettisheim et les registres des bourgeois de Strasbourg depuis le XVe siècle.[1] Or il semble bien que les exploitants de la ferme Schultze au XVIIe siècle en soient les héritiers principaux avec aussi les héritiers de la ferme s’Ruehle. (voir notre article spécifique sur l’histoire des Weinling au XVe et XVIe siècle).

 

A ce stade de nos recherches, il semblerait que les Winlin du XVIe siècle étaient divisés en deux branches principales, une branche aînée établie dans la ferme dimaire s’Jungclaus dont les tenanciers étaient à Pfettisheim les fermiers principaux du grand chapitre de la cathédrale,[2] et une branche cadette établie juste à côté dans la ferme Heimburger et dont les propriétaires étaient les fermiers d’un grand domaine du couvent de Saint Nicolas aux Ondes.

 

En 1531, s’Junglaus était tenu par un certain Mühl Hans, dit Meiger, alias Wendling Hans. Nous supposons qu’il avait un frère cadet Diebolt Winlin mentionné en 1551[3] qui se serait installé (ou aurait construit) la ferme s’Schultze vers 1540/1550 [Dans notre nomenclature il s’agit de Diebolt II né vers 1510].[4]

 

D’après Mr. Kuhn[5] le premier propriétaire connu de la ferme s’Schultze est un certain Diebold Winlin (ou Weinling) mentionné en 1580. Ce Diebolt serait alors le fils de Diebolt II, héritier de la ferme paternelle [Dans notre nomenclature Diebolt III né vers 1540]. Les recherches futures essaieront de confirmer ce fait. En tout cas, le premier propriétaire connu assurément est à la génération suivante le schultheiss Sebastien Weinling.

 

                                                           

 

1ere génération – Sébastien Weinling des Schultheissen (ca1570-1634)

 

D’après son inventaire après décès,[6] Sébastien Weinling a été marié deux fois. Une de ses femmes aurait été prénommée Anna.[7]

 

Enfants du 1er mariage :

- Anna mariée avec Georg Mayer de Schnersheim

- Diebolt (ca1594-ca1634) Schultheiß à Avenheim, marié avec Brigitte.

 

Enfants du 2e mariage:

- Sebastien (né ca1595) – s’installe dans la ferme s’Schmieds. Déjà gerichtschöffe en 1624.

- Apollonia mariée à Antoine Schott

- Margaretha

- Conrad (né ca1615) successeur à la ferme

 

Margartha et Apollonia ont peut être été mariés avec un certain Morzeffels Pfister.[8]

 

Sebastien Weinling [Sebastien VI dans notre nomenclature] a sans doute succédé comme Schultheiss à un autre Sebastien Weinling [Sebastien V peut-être issu de la branche cadette] Schultheiss décédé entre 1609 et 1613. Par la suite Sebastien VI est mentionné comme Schultheiss dans deux actes de 1624 :

 

1) un acte du 14 février 1624 mentionnent les notables du village dont trois Bastian Weinling [6E36.2/70] :

Bastian Weinlngs schultheiss, Bastian Weinlings der Alte, Bastian Weinlings der junge.

Le premier est donc le propriétaire de la ferme schultze, le second celui de la ferme s’Ruehle (héritier de la branche cadette des Winlin) et le troisième le fils ainé du premier établi dans la ferme s’Schmieds.[9]

 

2) un 2e acte de 1624 [6E36.2/70] qui nous apprend que le prévôt Sébastien Weinling a avancé 55 florin et 10 schilling pour remplacer les cloches de l’église de Pfettisheim volées par les troupes de Mansfeld en 1622. Le maire devait donc compter parmi les plus riches notables du village.

 

Un ouvrage sur la guerre de 30 ans en Alsace[10]  nous donne quelques renseignements supplémentaires sur cette affaire : [traduit de l’allemand] « le 28 juillet 1623 Saverne écrivit à la ville de Strasbourg, qu’elle voudrait aider à restituer les cloches des villages de Rohr, Kiehnheim et Pfettisheim. Dans ces communes on a appris, que ces pièces étaient à la maison St-Antoine à Strasbourg. Dans une lettre du 12 mai 1630, Reinhard Merkelbach, marchand à Strasbourg, mentionne qu’il a contribué à restituer les cloches des villages de Gingsheim, Kienheim et Pfettisheim qui furent volées durant la guerre de Mansfeld. Mais les villages mentionnés ne lui ont toujours pas remboursé ses dépenses. On a donc plus de raison d’exempter ses biens à Rohr (maison et dépendances) de corvées pour douze ans de plus. »

 

Durant les troubles de l’invasion de Mansfeld, toute la famille s’exila sans doute à Strasbourg comme en témoigne un acte de naissance de la paroisse Saint Pierre le jeune (Apollonia, fille de Sebastien Weinling le jeune née en 1622).[11] L’ouvrage d’Ellerbach cite « une lettre du 9 mars 1624, où le maire, le conseil municipal et toute la commune de Pfettisheim déclarent que durant [la guerre de] Mansfeld presque la moitié des fermes et bâtiments résidentiels avec beaucoup de grain à l’intérieur furent brûlés. Tout ce avec quoi on ne put s’enfuir, fut volé par les soldats. Dix agriculteurs ont perdu durant la guerre un total de 85 chevaux. »

Le schultheiss qui était parmi les plus riches des villageois devait donc avoir à cette époque au moins 10 chevaux à lui.

 

En 1626, nous avons la première mention de Sebastien Weinling, propriétaire de la ferme s’Shultze. En effet, l’inventaire après décès de Bastian Weinlings der alte (s’Ruehle) rédigé en entre le 1er et 9 juin 1626 mentionne son voisin de derrière, le prévôt, dans la description de la Ferme:

 “Volgt Neü Hauß hoff, scheuer, Stall, sambt allem so das zu geben würd [ ] Item Hauß, hoff, scheuer, stall, sambt ihrem begriff steht und gerechtigkeit zum dorf Pfettisheim gelegen, zum beeden seiten und vornen auffs allmendt hinden auff Sebastian Weinlings dem schultheißen »

 

 

En 1628, « der ersten Sebastien Weinling zur zeit Schultheiß zur Pfettisheim » vend une ferme de Saessolsheim avec animaux dont 10 chevaux à Jörg et Apollonia Schitter habitant au village.  Cette ferme lui parvint sans doute par voie d’héritage peut-être de sa femme.[12]

 

Les troubles de la guerre de trente ans reprennent au début des années 1630 et dès 1633 la famille est à nouveau à Strasbourg.[13] C’est là que Sebastien VI décédera peut-être en 1634.[14] Cette date est probablement déduite d’autres actes comme l’inventaire de Veltin Dossman du 26 avril 1634 où est mentionné « Sebastien Weinlings des Schultheißen zu Pfettisheim » et  celui de Wolf Dossumb (21 juin 1635) ou est cité parmi les témoins Conrad Weinling et Bastien Weinling le jeune, Schultheiss à Pfettisheim. Donc Sebastien VI est probablement décédé entre ces deux dates. En tout cas, son inventaire est daté du 26-30 octobre 1635.

 

Dans cet inventaire on note que le défunt avait une énorme fortune en rentes (plus de 1700 lbs). On y trouve aussi l’inventaire de plus de trente acres de terres et de prés répartis en une quarantaine de parcelles. Il y est indiqué que Conrad, absent, hérite de la ferme avec chevaux et 20 vaches pour une valeur de 800R. Son frère Sébastien hérite d’un jardin dans le village au bord du communal.[15] Enfin le défunt avait une maison à Strasbourg faubourg de Pierre (vers les numéro 11-15 aujourd’hui):

 

 “Seine Behaußungs

In der Stadt Straßburg sobey in der Steinstroß, einseit uf dem allmend anderseit uf den bohr, hinden uff Allerheilingen, vornen uf die Steinstroß.”

 

« Sa maison

Dans la ville de Strasbourg dans le faubourg de Pierre d’un côté une rue, de l’autre « la mine »,[16] derrière l’église de la Toussaint,[17] devant sur le faubourg de Pierre. »

 

 

 

2e génération – Conrad Weinling (ca1615-1684)

 

Marié à Brigitta Lienhart fille de Diebold et Anna de Willgottheim.

 

Enfants :

Hans successeur à la ferme.

Sébastien décédé le 4.07.1709 à Pfettisheim

Anna née le 3.09.1643 et mariée à Marzolf Baerenhans de Willgottheim

Catharina mariée à Claus Dossmann de Kleinfrankenheim en 1672.

 

Durant la guerre de trente ans, il s’était réfugié à Strasbourg avec sa famille comme l’atteste un l’acte de naissance de sa fille Anna en 1643.[18] 

 

Le terrier de 1660 nous donne une idée précise de ses biens. Comme indiqué plus haut, il est le plus grand propriétaire parmi les villageois avec 75 parcelles en propre se montant à une superficie de 50.5 acres. Le second, Claus Dossman en a une quarantaine.

 

Conrad gérait également 161 parcelles en fermage (St Thomas 29 acres, St Pierre le jeune et de l’hôpital 76 acres, l’hôpital anciennement bien de St Claire 21 acres et de plusieurs bourgeois de Strasbourg). En tout cela faisait environ 180 acres à cultiver, une superficie très importante. Pour cela il avait beaucoup de chevaux. Son inventaire après décès du 14 février 1685 nous dit qu’il avait douze chevaux mais seulement deux vaches, trois cochons et huit moutons. 

 

« So gelegen sambt dessen Caniteren begrissen recht und gerechtigkheiten in dem dorff Pfetzheimb die einseith neben de allment, und die anderseith neben dem dorff graben, hindten auf die Bach, Vornen zum teill uf  Hannß Weinling, und zum teill auf Ruellman Weinlings Wittiben. Ist zuwissen daß selbiges sambt Schiff und gaschier Zwölff Pferdten zwo S :V. Küen, dren Verhandene S:V Schweine und acht Stückh Schaffen”

 

Conrad Weinling devint Schultheiß de Pfettisheim à la mort de Hans Dossman en 1670. Il passera la charge à son fils Hans.

 

 

3e génération – Jean Weinling (ca1640-1701)

 

Marié le 7-9-1666 à Brigitte Dossmann (+28/2/1694), fille de Nicolas prévôt de Kleinfrankenheim

 

Enfants :

Brigitte mariée à Hans Wach de Truchtersheim

Jean qui hérite de la ferme

 

Marié en seconde noce le 12-7-1695 avec Eva Dossmann veuve en première noce de Sebastien Weinling et en seconde noce de Valentin Dossmann (Ferme Stutzner)

Décédé le +20/7/1701.

 

Prévôt à la mort de son père. Achète un blazon vers 1700.

 

 

4e génération - Jean II Weinling (1671-1736)

 

Marié le 2-5-1693 à Madeleine Runtz fille de Michel, prévôt à Durningen.

 

Enfants :

Marie, mariée à Jean Weckel de Fessenheim

Jean hérite de la ferme

 

Jean Weinling décède le 30-5-1736. Madeleine décède le 23-9-1744

La pierre tombale de Jean et Madeleine Runtz est sur le parvis de l’église.

 

 

5e génération - Jean III Weinling (1698-1749)

 

Marié le 18.4.1730 à Eve Schott (1707-1745) de Jean et Catherine Weckel

 

Enfants :

Francois-Joseph 9 ans [en 1745 ?] ; marié le 24.9.1758 à Mittelhauser Anne-Marie de Truchtersheim (ferme s’Schultze)

Diebold 5ans [en 1745 ?] ; marié le 14.6.1762 à Marie-Thérèse Wach de Truchtersheim

Marie Catherine 1an [en 1745 ?] ; mariée le 24-11-1766 à Jean Hummel meunier à Achenheim

 

Marié en seconde noce le 13.4.1746 à Odile Weckel fille de Diebold et Catherine Riehl.

Pas d’enfant du second mariage.

 

Jean Weinling décédé en 1749. Inventaire du 10.6.1749.

Fin des Weinling à la ferme.

 

 

6e génération - Jean Mandel

 

La veuve Jean Weinling, Odile Weckel se remarie le 25.5.1750 avec Jean Mandel fils de Jean-George et Catharina Ulrich. Originaire de Creutzfeld (Saverne).

Suite à des revers de fortune les Mandel durent quitter la ferme en 1836. Rachetée par Antoine Weinling (Antonie) la maison fut démolie en 1837, les bâtiments agricoles plus tard.

 



[1] A. Humm « Les Winlin de Pfettisheim au XVIe siècle » Bulletin du cercle généalogique d’Alsace no39, 1977-3.

[2] Bertrand Jost « s’Jungclauss » in www.bertrandjost.com et Georges Fritsch, « Coutumes et familles du Kochersberg – Remarques sur la dévolution des fermes », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, 1959

[3] A. Humm « Les Winlin de Pfettisheim au XVIe siècle » Bulletin du cercle généalogique d’Alsace no39, 1977-3. Il cite un certain Diebold Winlin de Pfettisheim qui achète une rente à un cousin Winlin de Strasbourg en 1551 [KS69, f270]

[4] Bertrand Jost « Les Weinling de Pfettisheim du XIVe au XVIe siècle » in www.bertrandjost.com

[5] Nous reproduisons donc ici les informations de Georges Fritsch et Joseph Kuhn, maire honoraire de Pfettisheim dont nous n’avons pas toujours retrouvé les sources.

[6] Inventaire du Schultheiss Sebastian WEINLING en date du 26-30/10/1635 ; ABR -1G64/7 de la régence épiscopale de Saverne). Nous remercions Mr. Stéphane Fousse pour la communication de cet inventaire.

[7] Généalogie des fermes Weinling de Pfettisheim, document communiqué à l’auteur par la fille de Mr. Kuhn maire honoraire de Pfettisheim, 2013.

[8] Mr. Kuhn, Généalogie des fermes Weinling de Pfettisheim, 2013 (Envoi à l’auteur)

[9] Mr. Kuhn, Généalogie des fermes Weinling de Pfettisheim, 2013 (Envoi à l’auteur)

[10] J. B. Ellerbach, Der Dreissigjaehrige Krieg im Elsass, Bethsaida, 1912

[11] Saint Pierre le jeune : vue 161 acte N° 112 du 04.04.1622 : Appolonia fille de Sebastian WENLING von Pfetzen et Maria NN. Information fournie par Stéphane Fousse.

[12] ABR 6E36.2-71 – Acte de vente du 6 mai 1628. Information fournie par Stéphane Fousse.

[13] Saint Pierre le jeune : vue 65 du 27.10.1633 : naissance d’Andreas fils de Sebastian WIELING von Pfetzheim et Maria NN. Information fournie par Stéphane Fousse.

[14] « Anno 1622 raubten die Mansfeldschen Truppen die Glocken der Kirche von Pfettisheim, Kochersbari no10, p18, Georges Fritsch, d’après un acte notarié : Saverne II, dossier 70, tome II, p204, acte du 7 mars 1624.

[15] Probablement situé au 9 rue principale, le long de l’ancien fossé. Un terrain appartenant à Sebastien le jeune est noté à cet endroit sur L’acte d’achat par Wolffgang Dossmann de SchultzeHans en date du 2/3/1631 et de l’acte de donation de la ferme Dinsebur par Michel Peter Klein en date de 1627 [6E36.2-70].

[16] La rue des mineurs s’appelait au XVIe siècle la Bergherrengass mais de 1554 à 1569, les immeubles 1 à 7 appartenaient à un certain Israel Munckel, intéressé dans l’exploitation des mines d’argent de Sainte Marie. Le joyau du complexe était l’hôtel des mineurs (Bergherrenhof). Mais à sa mort il était en faillite et les immeubles furent vendus aux créanciers. Adolphe A. Seyboth « Strasbourg, historique et pittoresque: depuis son origine »  Volume 1.

[17] En 1275 les moines prémontrés du couvent d’Allerheiligen (forêt noire) s’installèrent dans le couvent et l’église de moines mendiants au 15 rue de la Toussaint. En 1327 le Stettmeister Henri de Mulnheim fit l’acquisition du couvent des prémontrés et y construisit une église qui conserva le nom d’Allerheiligen (Toussaint). Adolphe A. Seyboth « Strasbourg, historique et pittoresque: depuis son origine »  Volume 1.

[18] Paroisse de St Pierre le Vieux (vue 341): Naissance le 03.09.1643 de Anna fille de Conradt WEINLING von Pfetzen et Brigitte NN. Information fournie par Stephane Fousse.

s'Schultze

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s'schultze en 1826

s'Schultze en 1826











Blason

Blason Hans Weinling