Les Weinling de Pfettisheim du XIVe
au XVIe siècle
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Les Weinling de
Pfettisheim étaient une famille de l’aristocratie
paysanne (« Herrebüre ») du Kochersberg, très
influente au Moyen Age. Forte de nombreuses
ramifications, ses divers membres possédaient de grands
domaines en propre et géraient aussi en fermage de
nombreuses parcelles des divers propriétaires terriens
locaux. Grâce à sa richesse, la famille était très bien
connectée à Strasbourg, notamment dans la confrérie des
marchands de grain. Elle possédait aussi des biens en
ville et de nombreux cousinages installés à Strasbourg
conservaient les liens entre la ville et Pfettisheim.
Cette famille dont le nom est Winlin au XVe et XVIe
siècle devient Weinling au XVIIe siècle. Divers articles
(cf ci-dessous) suggèrent que ce patronyme ne tire pas
son origine du vin ou de la vigne comme on pourrait le
croire (et comme d’ailleurs les Weinling du XVIIe siècle
eux-mêmes le croyaient comme l’atteste la grappe de
raisin choisie par le prévôt Hans Weinling vers 1700
pour orner son blason) mais du prénom Erwin dont le
diminutif Winle ou Winlin aurait donné naissance au
patronyme en se passant de père en fils. Cette hypothèse
tend à être confirmée par le fait qu’à la deuxième
génération le fils d’Anselm Winlin n’a qu’un nom unique,
Winlin. Ce nom devait donc bien être compris alors comme
un prénom et non pas comme un qualificatif. Winlin était
donc le petit Erwin. [Erwin de
Steinbach, Revue d’Alsace volume 33] [« Note sur Erwin
de Steinbach et sa famille » Bulletin de la Societe pour
la conservation des monuments historiques d'Alsace –
Séance du comité du 14 juin 1875 présidence de M
Straub.] Deux fermes
principales Au XVIIe siècle
la famille qui devient donc Weinling va se ramifier en
plusieurs branches qui occuperont diverses fermes de
Pfettisheim mais au début de la guerre de Trente ans
elle n’occupe encore que deux fermes : s’Schultze (3 rue
des roses) et juste à côté s’Rühle (1 rue des roses).
Les caractéristiques de ces fermes vont nous aider à
entrevoir les liens généalogiques avec les individus
cités aux siècles précédents : - S’schultze est
la plus prestigieuse : c’est elle qui donne presque
tous les maires de Pfettisheim au XVIIe siècle. Ses
exploitants sont aussi les plus grands propriétaires du
village : 50 acres en 1660 alors que les seconds
(les Dossmann) n’en ont que 40. - S’Ruhle par
contre a moins de terres : environ 20 acres. Par
contre, ses exploitants tiennent le fermage d’un grand
domaine du couvent Saint Nicolas aux Ondes (110
parcelles soit environ 90 acres) et grâce à ce domaine
ils sont les plus grands fermiers du village en 1660. Comme le premier
propriétaire connu de S’Ruhle (Sébastien Weinling le
vieux +1626) ne semble pas avoir de lien de parenté avec
le premier propriétaire de s’Schultze (le prévôt
Sébastien Weinling +1634) On en en conclut
qu’il y avait au moins deux lignées de Weinling au
village depuis le XVIe siècle. Le terrier de
1531 Cette Hypothèse
va se confirmer grâce aux cartulaires des deux domaines
de Saint Nicolas aux ondes [AMS VIII 44] auxquels nous
avons consacré une série d’articles séparés. Ces
cartulaires ont été recopiés en 1589 à partir de copies
plus anciennes. Pour le premier et plus grand domaine
l’inventaire original a été réalisé vers 1330/1340. Il y
a aussi un renouvellement de ce bien réalisé en 1531.
Ces cartulaires consistent en un inventaire de toutes
les parcelles du domaine en citant à chaque fois les
propriétaires voisins et quelques fois les fermiers.
Grâce à ce terrier nous apprenons qu’en 1531, il y avait
deux propriétaires-fermiers importants à Pfettisheim qui
portaient le patronyme Winlin : Wilhelm Winlin et
Sebastien Winlin. Tous deux venaient de décéder car
leur biens sont mentionnés sous la forme :
« appartient aux héritiers de Wilhelm Winlin »
( Wilhelm Winlin erben). Il y avait donc
au XVIe siècle comme au début du XVIIe deux lignées
principales de Winlin possessionnées à Pfettisheim, les
héritiers de Sébastien et ceux de Wilhelm. Pour établir
une généalogie hypothétique et crédible de ces lignées
nous avons utilisé les informations de Mr Humm qui a
passé en revue les contrats de la ville de Strasbourg du
XVIe siècle (Chambre des Contrats série KS) et a noté
toute les mentions de Winlin de Pfettisheim et de
Strasbourg. Après en avoir consulté moi-même un petit
nombre il semble que l’inventaire de Mr. Humm soit assez
exhaustif. Nous l’avons augmenté des mentions des
registres de bourgeoisie ainsi que de celles de
plusieurs terriers de cartulaires d’institutions
religieuses possessionnées à Pfettisheim. Nous avons
également utilisé une série d’hypothèses basées sur nos
recherches généalogiques pour établir une datation
crédible à savoir : -
Il y a en moyenne
30 ans entre deux générations (une personne et son père)
avec un intervalle de variance de plus ou moins 5 ans
(cas d’un couple sans remariage ; un remariage
augmente l’intervalle). -
L’âge au mariage
est en moyenne de 25 ans avec un intervalle de variance
de plus ou moins trois ans. -
L’âge au décès
(sans accident) est typiquement durant la cinquantaine
pour les hommes, durant la soixantaine pour les femmes,
avec quelques exceptions au delà. -
Lorsqu’un
individu est nommé pour une transaction financière ou
foncière il a environ 40 ans avec un intervalle de
variance de plus ou moins 10 ans. Cet intervalle peut
être décalé légèrement
vers le haut pour une mention avec titre honorifique
comme Schultheiss ou Heimbruger. Emergence de la
famille Winlin Il ressort des
différents terriers du XVIe et XVIIe siècle que nous
avons consultés que les paysans notables du village
durent leur expansion et leur fortune aux grands
domaines que les institutions religieuses possédaient
dans le ban de Pfettisheim et dont ils assuraient le
fermage. Grâce à leur part des récoltes qui leurs était
payée en fermage et qu’ils vendaient sur le marché de
Strasbourg, ils pouvaient se constituer progressivement
de petites fortunes avec lesquelles ils achetaient leur
propres lopins de terre et des rentes auprès de
bourgeois de Strasbourg ou de paysans moins fortunés. Parmi les grands
propriétaires du ban de Pfettisheim il y avait
Saint-Thomas, Saint Nicolas aux Ondes et Le
grand chapitre de la cathédrale dont le tenancier local
occupait la cour domaniale (la ferme s’JungeClaus). Nous
avons établi dans l’article consacré à cette ferme que
ce tenancier était surnommé Meyer ou Meigyer au XVe et
XVIe siècle. Les familles Winlin et Dossmann furent les
mieux pourvus en fermages. D’après nos déductions, dès
le début du XVIe siècle les Winlin tenaient le fermage
de la cour colongère du grand chapitre, celui du plus
grand domaine de Saint Nicolas aux ondes et une partie
de celui de Saint Thomas. Ce fut donc probablement grâce
à ces couvents que la famille émergea de la masse des
paysans et prospéra. Les terriers les plus anciens que
nous avons consultés (notamment le terrier de St Nicolas
établi vers 1330/1340) montrent que très tôt il y avait
des paysans locaux parmi les propriétaires. Mais au XIVe
siècle beaucoup n’avaient pas de nom de famille (Erlin,
Berschin) ou les noms n’étaient pas fixés. Peut-être que
les Winlin descendent de l’un d’eux. En tout cas ce
n’est qu’à partir du début du XVe siècle que la famille
Winlin est mentionnée dans les régistres. Première génération – Anselm Winlin
(ca1385-ap1442) A ce stade de nos
recherches, Anselm Winlin apparait pour la première fois
en 1438 dans un cartulaire de la chartreuse [AMS
VIII-83; p388b]. Ce cartulaire décrit 24 propriétés des
chartreux sur le ban de Pfettisheim en fonction des
propriétaires voisins. On a donc au total environ 70
propriétaires de parcelles mentionnés parmi lesquels
Anselm est mentionné une fois. Si on extrapole au total
des 2845 parcelles du ban on peut supposer qu’Anselm
Winlin avait alors déjà une quarantaine de parcelles en
propre soit une trentaine d’acres. La parcelle
des chartreux mentionnant Anselm Winlin est décrite
ainsi : 19e parcelle: “diss ist das ober velt unus ager in dem Krumbelingen iuxta Rennbold Spender armingerum exuna et exalia parte iuxta dem Willen Anshelm” « Dans la
section de l’Oberfeld un acre sur le terrain courbe à
côté de Reinbold Spender écuyer et de l’autre côté
Willen Anselm. » Cette parcelle
est toujours aux Chartreux sur le terrier de 1660 où
elle est répertoriée ainsi [1E1-102 ;
p292] : “Im Obern veldt, Bey dem Hügel usswendig, uff den Lang anwand Carthaus Molsheim b. Wolff Doßman Item 1 acker einseit dem Canonicat Jung St Peter baut Hannß Wendling de Jung, anderseit Heer Niclauß jund zu Strasburg b. Hanns Dossman oben den Lang Allmend unden uff ein gegenstoss. «Dans l’Oberfeld,
au delà de la colline, sur la grande bande de terre [Propriétaire :] Chartreuse
de
Molsheim cultivé par Wolff Doßman Ci devant 1 acre
d’un côté les chanoines de Saint Pierre le jeune
cultivée par Hannß Wendling [Weinling] le jeune, de
l’autre côté le sire Nicolas Jund de Strasbourg cultivée
par Hans Dossman, en haut le grand communal et en
bas sur un autre champ. » Les propriétaires
de 1660 ne nous apprennent donc rien sur la parcelle de
Anselm Winlin. Tout au plus peut émettre l’hypothèse que
la parcelle en question fut achetée par Saint Pierre le
jeune et que ces derniers ont gardé la famille Winlin
pour la cultiver. Hans Weinling le jeune était le gérant
de la ferme Schmidt, et descendait donc d’après nos
hypothèses de la branche aînée des Winlin. Anselm Winlin est
également mentionné dans le livre de la bourgeoisie de
Strasbourg, lorsqu’en 1442, ses deux fils Erwin (dit
Winlin) et Anselme achètent ce droit dans la confrérie
des marchands de grain. Par contre il n’apparait pas sur
une liste des bourgeois de Strasbourg de 1439 [AMS
AA.195, volume 1]. On en déduit qu’Anselm le vieux
n’était pas lui-même bourgeois de Strasbourg mais qu’il
était suffisamment connu en ville pour que ses deux fils
soient clairement mentionnés comme étant ses fils (ce
n’est pas le cas des autres bourgeois achetant ce
droit). La famille Winlin devait donc être déjà active
sur le marché de grain de Strasbourg depuis un certain
temps. Les bourgeois qui n’avaient pas hérité un droit
de bourgeoisie de leur père l’achetaient en général vers
30-40 ans. Ce qui implique que les fils Winlin étaient
nés vers 1410 et donc qu’Anselm Winlin le vieux était né
vers 1385. La notoriété à
Strasbourg d’Anselm Winlin et son domaine probable à
Pfettisheim tend à suggérer que la famille émergea parmi
les paysans locaux et atteignit la prospérité depuis au
moins la deuxième moitié du XIVe siècle. Deuxième génération – Erwin dit Winlin et
Anselm le jeune Erwin dit Winlin (ca1410-av1464) Anselm
(ca1410-ap1444) Les frères Winlin
sont cités dans le plus ancien registre de bourgeoisie
de Strasbourg ayant survécu, celui qui énumère tous les
actes d’achat du droit de bourgeoisie à Strasbourg de
1440 à 1530 : 15.5.1442- Liste
des bourgeois de Strasbourg “item Wilen,
Anshelm Wilens sun von Pfettissheim, hat das burgreht
koufft uff zinstag vor dem Pfingsttage [15.V] und dienet
zur lutzernen.” [Liste des
bourgeois de Strasbourg] 15.5.1442 – Liste
des bourgeois de Strasbourg “item Ansshelm,
Anshelm Wilen sun, des egenanten Wilen bruder, hat das
burgreht koufft uff den obgenanten zinstag und dienet
zur lutzernen [15. V.].” [Liste des
bourgeois de Strasbourg] Il y est donc
expressément fait mention des liens de parenté :
« Wilen le fils de Anshelm Wilen de
Pfettisheim » et de « Anshelm fils de Anshelm
Wilen et frère du précédent. » Comme Wilen
(Winlin) porte le patronyme familial comme prénom
(peut-être celui de son grand-père) et qu’il est
mentionné en premier, on peut penser qu’il était l’ainé.
Il était Winlin ou Winle, le petit Erwin (peut-être en
comparaison du vieil Erwin son grand-père). En tout cas,
Wilen et Anselm le jeune sont tous les deux enregistrés
dans la confrérie des marchands de grain. Ils devaient
donc tous les deux cultiver indépendamment des terres à
céréales (en propre ou en fermage) suffisamment
importantes pour pouvoir vendre leur surplus sur le
marché à grains de Strasbourg. La confrérie leur
permettait ainsi d’avoir des avantages dans ces
transactions. A cette époque, le droit de bourgeoisie
concernait encore essentiellement les habitants de la
ville et les quelques « étrangers » qu’on y
acceptait devaient en principe y posséder une maison ce
qui nécessitait un niveau d’aisance certain. A partir de là,
nous formons l’hypothèse de travail suivante suggérée
par les indices rassemblés sur les générations
postérieures : La famille Winlin
tenait le fermage du grand chapitre dès le XIVe siècle
et occupait la cour colongère associée. Celle-ci
comprenait la ferme Heimburger, Jungclaus et peut-être
Aussi Kuhne. Winlin, le fils ainé d’Anselm Winlin,
hérita de la partie Jungclaus de la ferme avec le
fermage du grand chapitre et l’essentiel des terres en
propre. Anselm le jeune hérita de la partie Heimburger
de la grande ferme avec le fermage du plus grand des
deux domaines de Saint Nicolas aux ondes. Dans le
renouvellement du second bien du couvent de
Saint-Nicolas-des-Ondes à Pfettisheim datant de 1464
[AMS VIII-84, folio 95], une parcelle voisine d’une
parcelle du couvent (au lieu-dit der Dellen) est
indiquée comme étant la propriété des héritiers de
Winlin (« winlins erben ») : Uff dem Lampertheim Velde: « Item ein acker, im der dellen, nebent der Märxen, einseit, und die andersite nebent Winlins Erben» La mention des
« héritiers de Winlin » indique que
Winlin était décédé à cette date mais pas depuis
très longtemps. Il n’y a aucune autre mention de la
famille Winlin parmi les propriétaires de parcelles
voisinies du bien en question. Anselm n’y apparait pas.
Ceci confirme la supposition que Winlin, l’ainé des deux
fils, était bien l’héritier principal des terres en
propre du père. Les Armagnacs
envahissent l’Alsace Au milieu du XVe
siècle, les mercenaires que le roi de France employait
pour combattre les anglais envahirent l’Alsace à deux
reprises, à l’occasion de trêves avec l’ennemi : en
1439 et en 1444. A chaque fois, la ville de Strasbourg
sans secours de l’empereur fut livrée à elle-même pour
se défendre. Les bourgeois firent alors un recensement
de tous leurs membres pour constituer une armée de
résistance. Ces recensements, documents uniques, ont été
conservés sous la cote AMS AA.195. Il y a deux volumes,
un pour l’alerte de 1439 et un autre pour celle de 1444.
Winlin et Anselm on l’a vu, ont été enregistré en
1442 ; on s’attend donc à les retrouver seulement
dans le deuxième volume ce qui est le cas. Cette
invasion de 1444 est conduite par le dauphin Louis, le
futur Louis XI. Il envahit l’Alsace en octobre 1444 à
son retour d’expédition en Suisse (cf notre article
dédié à cette invasion). Il conduit une forte armée de
soldats professionnels aguerris mais n’a heureusement
pas de matériel de siège. Les bourgeois de Strasbourg
sont donc à l’abri derrière leurs murs. Le 4 ou le 5
novembre ils font le recensement de tous les bourgeois
pouvant servir à la défense de la ville regroupés par
corporation. La corporation des marchands de grains
(Kornlitte) comprend alors 59 bourgeois strasbourgeois,
10 veuves et 7 bourgeois de l’extérieur répertoriés sous
la mention : « Die Sitzen im landi und denent
auch nur den Kornlitten ». Dans cette liste de
7 noms: [AA.195, vol 2, p127] Wilin von
Pfettesheim Wilins Anshelm
von Pfettesheim Cette milice
bourgeoise n’avait pas les moyens d’affronter l’armée du
dauphin en bataille rangée mais elle effectua de
nombreux coup de mains sur ses arrières et remporta des
succès certains comme la prise de Marlenheim le 17
décembre 1444 avec une armée de deux cents cavaliers et
quatorze cents fantassins. Les frères Winlin étaient
peut-être parmi eux. Strasbourg montra alors ses
capacités militaires qui serviront de nouveau lors des
guerres contre Charles le Téméraire. Les mercenaires
quittèrent enfin l'Alsace par le Val de Villé le 18 mars
1445. Troisième génération - Hans Winlin
(ca1435-ap1485) A la troisième
génération apparait Hans Winlin qui est cité préambule
du renouvellement de Saint-Nicolas-des-ondes de 1464
[AMS VIII-84, folio 95]. Il y apparait dans la liste des
villageois qui y est donnée, probablement les notables
du village à cette époque : « Dise
Nachgeschriben gütter, sindt erneuert wordernn, uff
Montag, nechst nach samdt Mathiß Tage, des heiligenn
zwölff bottenn, Im Jahr da man zahlte, Tausent, vier
hundert, sechtzigk und vier Jahr, und sindt gelegen, Im
banne zu Pfettesheim, Und ist bey diser Erneuwerung
gewesen, Hanns Schaller, unser Schaffner, Hanns Vinick,
ein Schaffner der Frauwen zu Sant Nicklaus, Duch Machis
Hennselin, Anßhelms Hanns, Meyger Anßhelm, Stären
Obrecht, Wylins
Hanns, Pfaffen Claus der Wurtt, Dieboldt Meyger,
Petermans Mathis, und Mathis Jacob, alle dorffleüthe zu
Pfettesheim. » On suppose que ce
Hans est l’héritier du Winlin précité mais qu’en 1464,
la succession n’est pas encore réglée. Un Hans Winlin
apparait aussi dans la liste des bourgeois de Strasbourg
ayant reçu le droit en 1485 : 25.4.1485 “Item Hans Wylen von
Pfettisheim hat das burgreht koufft uff sant Marxtag (25.
IV.) und wil
dienen mit den kornkouffern.” Hans Wylen, corp
Lanterne (Kornkouffer, acheteur de grains) [Liste des
bourgeois de Strasbourg] Si c’était le
même Hans que celui de 1464, il était déjà assez vieux.
D’autre part comme le droit de bourgeoisie s’hérite, le
père de ce Hans Winlin de 1485 n’était pas bourgeois ou
alors il transmit son droit à un autre de ses enfants.
Il est donc possible qu’il s’agisse d’un autre Hans,
peut-être l’héritier de la branche cadette des Winlin. Quatrième génération – Quatre Winlin dans un
contexte de disette et difficultés financières. Branche aînée
présumée : Conrad
(ca1460-ap1501) Anselm III
(ca1465-ap1509) Diebold
(ca1470-ap1509) Branche cadette
présumée : Sébastien
(ca1470-av1531) Branche aînée Conrad Cette génération
est riche en Winlin cités dans les actes. Le premier
mentionné est Conrad Winlin (Winle) qui est reçut comme
bourgeois de Strasbourg en 1497 : 18.11.1497 « Item Conrat Wile, genant Meiger, von Pfettisheim hat das burgreht koufft uff Samstag vor sant Elizabethentag (18.XI.)” [Liste des
bourgeois de Strasbourg] « Conrad
Wile, surnommé Meiger ». Nous avons montré dans
notre article sur la ferme s’Jungclaus que ce surnom
signifie sans doute qu’il est « le Meyer » de
Pfettisheim, à savoir
l’intendant du domaine de la cour colongère du
grand chapitre dont la partie principale se trouvait à
l’emplacement de la ferme Jungclaus. Comme il achète son
droit de Bourgeoisie, le père de Conrad Winlin n’était
pas bourgeois ou alors il transmit le droit à un autre
fils. Son appartenance
à la branche aînée de la famille est suggérée par la
chronologie (les dates coïncident bien avec la
génération suivante du Hans Winlin de 1464) mais aussi
par son prénom, assez rare, qui apparait de nouveau au
XVIIe siècle dans la famille de la ferme Schultze,
principale héritière de la branche aînée de la famille
Winlin. On retrouve
Conrad en 1500. Le schultheiss de Pfettisheim
(probablement Vix Dossenheim) fait saisir des biens lui
appartenant sans doute du fait de dettes impayées. Il
faut dire que durant la dernière décennie du XVe siècle
le temps est très mauvais en Alsace : fortes neiges et
gelées en hiver, sécheresses en été. Les récoltes sont
mauvaises et la disette durera jusqu’en 1503. Conrad,
bourgeois de Strasbourg, appelle alors le magistrat de
Strasbourg à son aide qui se plaint auprès de l’évêque
Albert pour le compte de son bourgeois. [AA1541] Conrad n’apparait
plus par la suite. Anselm III Anselm Winlin
apparait en 1502. Il a lui aussi des problèmes
financiers à cette époque. Le 8 avril 1502, le tribunal
de l’archidiaconat enjoint le curé de Pfettisheim de
mettre ses biens sous séquestre. Le 17 juin de la même
année le tribunal donne à Ludwig Mieg plusieurs biens
sur lesquels étaient assises des rentes due par Anselm
Wiele et impayées depuis deux ans, à savoir : - une maison
entre le chevalier Hugo Zorn et Gunther Swarber « curia
domus et aria […] unus ortus in villa Pfettisheim juxta
Hugonius Zorn Militum ex una et ex parti altira juxta
Guntherum dictum Swarber de quibus Anshelmus Winle et
Bilenß Hans… » - deux terrains
qui appartenaient à SchultzenHensel, dont l'un à côté
des biens de Saint-Thomas : « duam Ariam
in dicta villa Pfettißheim stam juxta duas Sancti Thomi
argentin ex una et ex parti altera juxta almenda villi
Rulim. » [Archives de la
région Alsace, chartrier de Niedernai, charte
561 du 17.6. 1502] Or grâce au
chartrier de Niedernai on peut suivre les propriétaires
de cette maison durant deux siècles, car elle apparait
dans plusieurs chartes, toujours sise entre les même
propriétaires qui ne sont pas mis à jour : la
charte 37 du chartrier en date de février 1328 indique
que Burkhard de Durningen, bourgeois de Strasbourg, cède
en tenure perpétuelle à Johann Gouch de Pfettisheim un
jardin à Pfettisheim dit der obergarte, entre le bien de
Hugo Zorn, chevalier de Strasbourg et celui de Gunther
Swarber. Cette transaction est rappelée dans la charte
205 (10 mars 1418). Une maison est maintenant présente
sur ce terrain. La rente est passée à l’écuyer
Peterman de Durningen, sans doute un descendant de
Burckhard. Peterman la cède à son tour à son
parent Peter Blümelin. Quand au résident c’est Peter
Belheim. Après Peter
Belheim et Anselm Winlin, on apprend dans la charte
Charte 583 (5 février 1507) que le résident était Hans
Belheim puis ClauselsHans.
Quand au rentier c’est toujours Ludwig Mieg. Enfin les
voisins sont enfin mis à jour. Ce sont à présent Peter
Snider et le meunier Johann Brant. Nous savons que c’est
toujours la même propriété car elle est appelée
Obergarten. Il est difficile de l’identifier mais en
procédant par élimination je pense qu’il s’agit de
s’SchultzeHans. On retrouve
Anshelm dans un acte de février 1509 [AMS – Chambre des
contrats KS9-p36v]. Dans cet acte
très difficile à déchiffrer, Anshem Winlin de
Pfettisheim et sa femme Odile vendent à Sébastien Winlin
trois terrains dans le ban de Pfettisheim : - Un Zweitel dans
le secteur dit « Holtzfeld », près d’un bien
du couvent de Saint Marc - Un Zweitel dans
le secteur de l’Uberfeld : « Obewendig im
Uberveld » près d’un bien de « Hermack ». - Un Zweitel dans
le même secteur de l’Uberveld, près d’un bien de Saint
Claire et d’un autre du Schultheiss Nicolas Dossenheim. Le fait qu’aucun
lien de parenté ne soit mentionné entre Anselm et
Sebastien et que Sebastien sera identifié plus tard
comme le tenant des biens de la branche cadette de la
famille suggère qu’Anselm faisait partie de la branche
aînée. Peut-être était-il le frère de Conrad. Diebold Un cinquième
Winlin apparait au village au début du siècle, Diebold,
qui dans un acte de 1509 vend à Claus
Dossenheim neuf parcelles dans le ban de
Pfettisheim : -
Un Dreitel dans
le Grosse Wester feld sur la Ziechgasse, près du
village, près de Jacob Zorn zum Rieth. -
Un demi-acre près
de Swerer et du couvent de Saint Jean -
Un dreitel dans
le petit wester feld, au lieu dit Sand
Gruben : « im kleinen Wester veldi, in der
Sand gruben zuher uff den Sluwege [schlittweg], juxta
bona duarum may sancto Nicolai zu undargin vxx im Montag
opffer » -
Un zweitel
« ußbaß matten im veldi, zuhr uff den galgen pfat,
nebent enn Montag opffer exd bona duarum … Sanct
Thoma argenum» - « unus Ternali [dreitel] im baumel velde, zuher uber den berstetter wege, ist ein anewender am dorff exxt bana duex Sanct Thoma pridate” - unus duali [zweitel] gegen vendenheim wege, juxta bona den wa grosi argenum exxt bona duarum monasterii Sancti Clare im for equorus argen - unus ager [acker] in den hese ackern, juxta bona Munch prebende.. possulit des Jacobus Helwig vicarious culius sancti Thomi, et bona carthusen xxi argenum exxt hanimanus Gerd di Pfettisheim - unus ager [acker] im holz veldi juxta bona dotalia zu pfettisheim exxt ompeorus predictus, - unus duali [zeitel] uff di furch gasse juxta bona hospitalio maioris argonum De Diebold on
sait qu’il est aubergiste à Strasbourg à l’auberge
Zum Dieffen Keller (56 rue du jeu des enfants): « Dieboldus
Winlin de Pfettesheim hospes zum dieffen Keller inns
argentum et Annelma Wolffin uxor eius » « Diebold
Winlin de Pfettisheim, tenancier d’un débit de vin à
Strasbourg et Annelma Wolff sa femme » C’est sans doute
l’ancêtre des winlin de Strasbourg qui apparaissent aux
générations suivantes et qui ont toujours des liens à
Pfettisheim. Ce Diebolt a probablement vendu les terres
qu’il a héritées de sa famille, une fois installé à
Strasbourg. Son prénom est très présent dans la branche
aînée. D’autre part les Winlin de Strasbourg garderont
surtout des liens avec la branche aînée. On suppose donc
que ce Diebold était lui aussi issue de la branche
aînée. En résumé Conrad,
Anselm et Diebold étaient peut-être frères. Conrad
aurait repris l’éxploitation paternelle à Jungclaus,
Anselm se serait installé dans une autre ferme
(peut-être ShultzeHans puis après sa faillite
s’Schultze). Branche
cadette Sébastien En ce qui
concerne Sébastien, après la mention de 1509, il
apparait à nouveau dans le renouvellement de 1531
(Renouvellement d’un bien du couvent de
Saint-Nicolas-aux-Ondes à Pfettisheim) mais à titre post
mortem. Dans ce renouvellement, ses héritiers
(« Sebastian Winlin erben ») héritent du
fermage des biens de Saint Nicolas plus du fermage de 21
parcelles mitoyennes de ces biens dont notamment Saint
Thomas. Sébastien était le plus grand fermier du village
avec Claus Dossenheim, l’ancien Schultheiss lui aussi
décédé. Par contre
il n’apparait pas comme propriétaire ce qui suggère
qu’il devait avoir assez peu de bien en propre,
peut-être moins de 10 parcelles. Cinquième génération – Wilhelm, Sébastien II
et les Winlin de Strasbourg Branche aînée
présumée : Wilhelm
(ca1480-av1531) Branche cadette
présumée : Sébastien II de
Pfettisheim (ca1495-ap1543) Winlin de
Strasbourg : Diebold II de Strasbourg (ca1490-av1551) Merga Winlin (ca1490- Branche aînée Wilhelm Dans ce
renouvellement de 1531 apparait un autre Winlin, Wilhelm
qui lui aussi est décédé. Ce Wilhelm était déjà
mentionné dans un acte de 1520 en tant que Tribunus
(Heimburger). Etonnamment, les héritiers de Wilhelm ont
très peu de fermages (une seule parcelle mitoyenne du
bien de Saint Nicolas) mais semblent les plus grands
propriétaires parmi les villageois (8 parcelles
mitoyennes du bien de Saint Nicolas). Si on extrapole à
la totalité du ban, les héritiers de Wilhelm devaient
être à la tête d’environ 80 parcelles et 60 acres. C’est
l’argument le plus fort en faveur de la thèse
d’ascendance entre Wilhelm et les propriétaires de
Schultze. Il existe aussi un indice qui suggère que
Wilhelm était le successeur de Conrad dans la ferme
s’Jungclaus (cf ci-dessous) avant de la passer à Muhl
Hans.
![]()
Branche
cadette Sébastien II Sébastien le
jeune apparait dans le renouvellement de Saint Nicolas
de 1531 puisqu’alors que Sébastien le vieux est décédé
et que ses biens appartiennent « à ses
héritiers », le préambule indique que le fermage du
bien de Saint-Nicolas est confié à « Sébastien
lui-même qui doit payer chaque année 25 résaux moitié
blé et moitié seigle » : « Hier inn
begriffene Ernnüwerte güettere inn Pfetteßheim banne
gelegen, dauan dieser zeit Weinlins Bastian daselbs,
alle Jar XXV fiert [Viertel=résal] Weyssen [weizen=blé]
und Rocken [Roggen=Seigle] gültten gleichs messen [par
mesure égale] zugeben Pflichtig ist, sindt Registriert
im Sallbuch der gülten No 2. Fol : 82. » D’après A. Humm
qui a écrit un article sur les Winlin de Pfettisheim au
XVIe siècle, ce Sébastien qui apparait aussi en 1540 en
tant que Tribunus (« Heimburger ») prenant
sans doute la suite de Wilhelm serait le fils du premier
Sébastien. Cette hypothèse est tout à fait crédible
puisque les date d’apparition des deux Sébastiens sont
séparés d’environ 30 ans, soit une génération, et que
Sébastien II a clairement reprit le fermage de Saint
Nicolas de Sébastien 1er. Mr. Humm note aussi
une mention en 1543 : Le 17 juin 1543, Sébastien
Winlin constitue un douaire en faveur de son épouse
Catherine Schott, fille de Rülmann Schott de Lampertheim
[KS49, fo 77]. Il y a en fait
trois mentions (ou trois transactions) de Sébastien
cette année là en mai et juin (p65, p73, p77) mais
c’est la troisième la plus intéressante car elle
contient une description de sa ferme qui fait part du
douaire pour sa femme : « primo …
curia domus aria stabula et ortus unum in dicto villa
Pfettisheim oben im dorff, juxta quand dicto Wilmans
Hans et juxta Bartholomeus de Durrenbach, stoss hinden
uff den dorff graben, und vornen uff der Strass.” « Premièrement
une
cour avec maison, sol, étable et chardin dans le village
appelé Pfettisheim en haut du village, sise entre les
biens de Wilmans Hans et Bartholomé de Durrenbach,
derrière sur le fossé du village et devant sur la
route. » En haut du
village entre la route et le fossé il n’y avait guère
que trois fermes : les fermes Heimburger,
Jungclauss et Kuhne. Je pense que la ferme de Sebastien
II était la ferme Heimburger pour plusieurs
raisons : -
En 1634 cette
ferme est toujours dans la famille Weinling (Andreas de
s’Ruehle, un des descendants de la branche cadette – cf
inventaire de Veltin Dossman). -
Le bien de
Bartholomé de Durrenbach, un noble, était probablement
un terrain non bâti car les nobles n’habitaient plus
dans les villages à cette date ou alors dans un château. -
Le terrain de la
ferme Kuhne, de l’autre côté de Jungclauss allait
probablement jusqu’au coin de la rue et n’avait donc pas
de voisin de ce côté-là. -
En 1531, nous
avons vu que s’Jungclaus était sans doute gérée par Muhl
Hans. Or Nous pensons que Wilhelm était l’héritier de
Conrad Winlin, l’ancien gérant de s’Jungclaus. On en
déduit que Wilhelm était peut-être le propriétaire de
s’Jungclaus entre Conrad et Muhl Hans. Dans ce cas
Willmans Hans ne serait autre que Muhl Hans le fils de
Wilhelm : « Wilhelms Hans ou Willmans
Hans ». D’ailleurs le terrier de 1531 dit
clairement que l’un des surnoms de Muhl Hans était
Wendlings Hans et nous avons pu constater que les
documents du XVIIe siècle confondent souvent les noms
Wendling et Weinling. Ce document
produit donc le principal indice suggérant que la
branche cadette de la famille Winlin habitait la ferme
Heimburger, juste à côté de s’Jungclaus, la ferme de la
branche aînée. Les Winlin de
Strasbourg Toujours d’après
l’article de Mr. Humm : « Dans un
document de 1525 découvert par M.R. Lutz (cf bull. du
CGA n17/1972) il est dit que Lorentz Schott, tanneur et
Sénateur à Strasbourg, mais originaire de Lampertheim
était marié en premières noces avec Merga Winlin. Le
marchand de grains Diebolt Winlin est le tuteur de leurs
enfants mineur. » Le marchand de
grains Diebolt Winlin de Strasbourg apparait dans un
autre acte de 1551 dont nous reparlerons ci-dessous. Il
était sans doute un bourgeois de la confrérie des
marchands de grains qui utilisait ses contacts à
Pfettisheim pour faire des transactions de céréales. On
peut aussi supposer qu’il était le fils de ce Diebold de
Pfettisheim qui est allé s’établir en ville. Les
contacts avec les Winlin de Pfettisheim se devinent
grâce à la famille Schott de Lampertheim, puisque
Laurent Schott tanneur et sénateur originaire de
Lampertheim et marié à une Winlin était probablement
affilié à Rhulman Schott de Lampertheim, beau-père de
Sebastien II de Pfettisheim. Mr Humm mentionne
aussi un Winlins Vix (Vitus) qu’il a trouvé dans le
registre K47 de 1542 aubergiste au « zum
Sternenberg ». Nous verrons dans l’acte de 1551 que
ce Vix était sans doute affilé à Diebold Winlin II de
Strasbourg et peut-être était-il aussi un fils du
Diebold aubergiste au Tiefen Keller.
Sixième génération – Diebold II, Sébastien
III, André et
les Winlin de Strasbourg Branché aînée
présumée : Muhl Hans
(ca1505-ap1543?) Diebold II (ca
1510-ca1580?) Branche cadette
présumée : Sébastien III
(ca1525-ap1580) André
(ca1435-ap1587) La branche de
Strasbourg: Diebolt III de
Strasbourg (ca1525-ap1551)
Andreas de
Strasbourg Cité 1553
Branche aînée Diebolt II et
les Winlin de Strasbourg Mr. Humm a trouvé
également un acte fort intéressant de 1551 toujours
dans les registres de la chambre des contrats : « Diebolt
Winlin [II] de Pfettisheim achète une rente annuelle de
5R à Diebolt Winlin le jeune [III], fils de Diebolt
Winlin [II] marchand de grains à Strasbourg. La
transaction est menée par Vit Winlin, jardinier et
bourgeois de Strasbourg, tuteur de Diebolt Winlin le
jeune. La rente est gagée sur deux maisons sises « Am
Barfüsser Blatz » (la place Kléber) et donnant par
l’arrière sur le Coin Brûlé. » [KS69, fo270] On voit donc là
que Diebold II de Strasbourg et Vix connaissaient
Diebold II de Pfettisheim. On note aussi que Diebold II
de Strasbourg et Vix étaient très proches, peut-être
frères. Les deux sont aussi bourgeois, l’un dans la
confrérie des marchands de grains l’autre dans celle des
jardiniers. D’autre
part, si on admet que Sébastien II est le fils de
Sébastien I, peut-être que de Diebolt II de Pfettisheim
était l’héritier de Wilhelm puisqu’il apparait une
trentaine d’année après Wilhelm. On a donc un intervalle
d’une génération. Un autre indice en ce sens nous sera
fourni à la génération suivante. Peut-être est-ce ce
Diebold II qui s’établit dans la ferme s’Schultze
puisque s’Jungclaus était déjà occupée par Muhl Hans. Un autre Winlin
de Strasbourg apparait à cette époque. « En 1553,
Andreas Wynlin bourgeois de Strasbourg se marie avec
Anna Hartz fille d’un pêcheur (CM dans KS80) »
[article de Mr. Humm] Branche
cadette Sébastien III D’après Mr. Humm,
Sébastien III était le fils de Sébastien II et figure en
1562 comme marguillier (« Heiligen Pfleger »
c.a.d en charge de l’administration des biens de la
paroisse) de la paroisse St-Symphorien et comme
Schultheiß en 1572/1580. C’est la première fois qu’un
Winlin est schultheiss à Pfettisheim après au moins un
siècle de « règne » des Dossmann. Lorsque nous
aurons eu l’opportunité de retrouver ces actes,
peut-être trouverons-nous d’autre indices comme par
exemple le lieu de sa maison que nous supposons toujours
être la ferme Heimburger.
André André Winlin
succède à Sébastien III au poste de Schultheiß de
Pfettisheim sur la période 1585-1587. Comme il
n’apparait plus par la suite, nous pensons qu’il était
le frère de Sébastien III. En tant que frère de
l’héritier familial, il dut trouver une autre ferme oû
s’établir. Or, le prénom André est assez rare chez les
Winlin et comme le premier fils de Sébastien Weinling de
s’Ruele s’appelait André, nous supposons que ce
Sébastien était le fils d’André Weinling schultheiss. Un
autre indice va en ce sens : la date de
construction (incertaine) de la maison de la ferme
s’Ruehle est gravée sur le poteau cornier du
logis : 1586, c’est dire justement quand André
Winlin était schultheiss de Pfettisheim. On peut donc
supposer qu’André pleinement établi dans sa prospérité,
décida de construire une nouvelle maison dans sa ferme.
Septième génération – Sébastien IV et
Diebold III Diebold III de Pfettisheim (ca
1540-ap1580) Sébastien IV de
Pfettisheim (1550-ap1609) Branche aînée Diebold III Nous avons à ce
jour très peu d’information sur Diebold III qui
n’apparait pas dans les registres de la chambre de
contrats que nous avons consultés. Mais d’après les
documents fournis par Mr. Joseph Kuhn maire honoraire de
Pfettisheim, un certain Diebold Weinling était le
propriétaire de la ferme s’Schultze en 1580. Ce diebold
serait le lien généalogique manquant entre Diebold II et
Sebastien Weinling de la ferme s’Schultze, schultheiss
de Pfettisheim dès 1624 et jusqu’en 1634.
Malheureusement, Mr. Kuhn ne cite pas ses sources et
nous n’avons pu vérifier cette information jusqu’à
présent.
Branche
cadette Sébastien IV Mr. Humm cite
dans son article un dernier Sebastien Winlin qu’il
distingue de Sebastien III par la mention
« Sebastien le jeune » toujours présente dans
les actes où il apparait. Mais comme ce Sebastien le
jeune apparait seulement 10 ans après l’apparition de
Sebastien III, Mr.
Humm ne se prononce pas sur le lien de parenté de
Sébastien IV qui apparait dans les documents
suivants : 1576 Sébastien
Weinling le jeune marié avec Christine Busenauer, la
fille du Schultheiß de Hoerdt. 1577 Sébastien
Weinling achète avec ses beaux-frères et belles-sœurs de
Hoerdt et de Strasbourg (dont le jardinier Ulrich Rül)
une rente sur une maison du Finckwiller dite « zu dem
Kestner » (KS189, fo147). 1609 Sébastien
Weinling est Schultheiss de Pfettisheim. Nous avons
consulté l’acte de 1577 qui en effet cite
« Sebastien le jeune » mais le texte ne nous
donne aucun indice supplémentaire. Par contre nous
n’avons pu retrouvé la mention de 1609 (ils existe
plusieurs gros registres KS pour cette année-là). Lors de notre
analyse initiale, nous pensions que la mention de
Sébastien le jeune dans une transaction financière dès
1576 tendait à suggérer une date de naissance vers 1545,
voire 1540, donc trop ancienne pour qu’il soit le fils
de Sébastien III. Or un document que m’a communiqué Mr.
Stephane Fousse, généalogiste averti, relance cette
question. En effet Mr. Fousse cite un document de 1613
issu de l’inventaire analytique du fonds de la chambre
impériale de Wetzlar : « 3B312 1611
- Nicolas GEIER, commandeur de l'ordre de Saint-Jean, à
Strasbourg, contre Jacob et Diebold BUSENAUER, à Hoerdt,
et Jacob BAUMER, à Schnersheim ,comme tuteurs des
enfants de Bastian WEINLIN, à Pfettisheim: prétention à
la possession de plusieurs prés et prairies d'une valeur
de 1000 risdales (Tribunal aulique de Hanau à
Bouxwiller) » [W 490,14p.] Une mention en
particulier nous apprend que Jacob Baumer était le
tuteur des enfants mineurs de l’ancien Schultheiss de
Pfettisheim Sebastien Weinling : « Jacob Baumer Als Vogt Sebastien Wendling gewesenen Schultheissen zur Pfetzheim fur verlaßener kinder” Un autre passage
nous donne des informations sur les enfants de Sebastien
Weinling : « Martin
Busenauer,Diebolt Busenauer und Hans Beÿhl Bürger zu
Hördt, So dan Hans Mechli undt Mathisen Abraham
daselbsten als verodnete vögt und vormünder, Weÿlandt
Diebolt Busenauer zu Hördt hinderlassene Kinder, Hansen,
Martin, Endresen, Christina und Brigiden, Jacob Baumer
zu Schnersheim als vogt Sebastian Weinling zu Pfetzheim
Kinder Diebolten, Hansen und Anna, alle als Erben
Weÿland Diebolt Busenauer zu Hördt..." On en déduit que
Sébastien Weinling et mari de Christine Busnauer, encore
Schultheiss de Pfettisheim en 1609 était décédé en 1613
et qu’il avait alors trois enfants mineurs :
Diebold, Hans et Anna. Pour que ses trois enfants soit
mineur en 1613, ils ont du naitre vers 1600. Christina
leur mère était donc née vers 1555 au plus tôt et son
mari alors probablement vers 1550/1555. De fait,
Sebastien IV peut être le fils de Sebastien III. Il
serait alors l’héritier de la ferme Heimburger. Mais ses
fils Hans et Diebold n’apparaissent plus au village
pendant la guerre de trente ans. Ce serait alors son
neveu Sebastien de s’Ruehle, fils d’André qui aurait
hérité de la ferme Heimburger où il aurait installé son
fils André le jeune. Après le décès d’André le jeune la
ferme serait passée à sa famille Barbara Weinling et à
son mari Hans Heimburger. Conclusion Nos recherches
ont prouvé que la famille Weinling de Pfettisheim était
très puissante dans le Kochersberg et à Strasbourg au
XVe et XVIe siècle. De ce fait, nous avons pu esquisser
quelques jalons de sa généalogie. Les hypothèses
exposées dans cet article jettent quelques pistes qui
appellent à être confirmées ou infirmées en continuant
l’analyse commencée par Mr. Humm des registres très
nombreux et volumineux de la chambre des contrats. Je
remercie la famille de Mr. Kuhn et Mr. Fousse pour
l’aide précieuse qu’ils m’ont apporté dans mes
recherches. ___________________
A. Humm
« Les Winlin de Pfettisheim au XVIe siècle »
Bulletin du cercle généalogique d’Alsace no39.
Bertrand Jost
« Histoire des grandes fermes de
Pfettisheim » bertrandjost.com Bertrand Jost « Renouvellement d’un bien à Pfettisheim en 1531 » bertrandjost.com |
![]() ![]() Ban de Pfettisheim ![]() Le dauphin Louis menant son armée en Suisse 1444 ![]() Berner Chronik, tome III, Diebold Schilling l’Ancien, 1483 : représentation de l’armée strasbourgeoise partant assiéger Schuttern en 1473 (source: les guerriers d'Avalon) ![]() Registre de la chambre des contrats Volume KS189 - annee 1577 |